LaDissertation.com - Dissertations, fiches de lectures, exemples du BAC
Recherche

Droit administratif - la fonction de juger, son monopole et l'arbitrage

Cours : Droit administratif - la fonction de juger, son monopole et l'arbitrage. Recherche parmi 303 000+ dissertations

Par   •  31 Janvier 2026  •  Cours  •  21 196 Mots (85 Pages)  •  14 Vues

Page 1 sur 85

DROIT ADMINISTRATIF – LA FONCTION DE JUGER, SON MONOPOLE ET L’ARBITRAGE

0) Idée centrale de départ

  • Nul ne peut se faire justice soi-même.

Cela veut dire : je n’ai pas le droit de trancher mon propre litige par la force.

  • Il faut donc une autorité indépendante qui tranche. Cette autorité, c’est la justice.

Conséquence : on parle du monopole de l’État pour rendre la justice (avec quelques dérogations encadrées, par exemple l’arbitrage, que l’on verra).

1) L’indépendance de la justice : trois exigences

But : que la décision soit impartiale et fiable.

1.1 Indépendance par rapport aux justiciables (les parties au procès)

  • Le magistrat doit être à l’abri de toute pression.
  • Conflits d’intérêts interdits : le juge se déporte si le litige implique un proche (famille jusqu’au 3ᵉ degré ou personne avec laquelle il a une relation personnelle).
  • Idée : le justiciable ne doit jamais pouvoir penser que le juge a « un lien » avec la partie en face.

1.2 Indépendance par rapport au pouvoir normatif (la loi, le législateur)

  • Le juge applique la loi votée par le Parlement.
  • Mais il interprète la loi avec des méthodes juridiques :
  • Exégèse : analyser précisément les mots du texte.
  • Libre recherche scientifique : chercher l’intention du législateur (travaux préparatoires, débats, contexte).
  • L’idée : le juge ne reçoit pas d’instruction politique pour « tordre » le sens de la règle.

1.3 Indépendance par rapport au gouvernement (l’Exécutif)

  • Les magistrats sont des fonctionnaires mais leur carrière ne dépend pas du gouvernement.
  • Elle est gérée par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), organe indépendant.
  • Objectif : protéger les juges de pressions hiérarchiques ou politiques.

 QCM typique (idée à retenir) : les magistrats du siège sont des fonctionnaires dont la carrière est gérée par le CSM, pas par le gouvernement.

2) Les juridictions : panorama utile

2.1 En France : deux grands 

ordres de juridiction

  • Ordre judiciaire : pénal + civil/commercial (conflits entre personnes privées).
  • Ordre administratif : litiges impliquant l’administration (État, collectivités, établissements publics).
  • Sommet : Conseil d’État (ordre administratif) / Cour de cassation (ordre judiciaire).

2.2 Quelques juridictions « autour » (utile à connaître)

  • Cour internationale de Justice (CIJ)
  • Organe judiciaire de l’ONU (depuis 1946), siège à La Haye.
  • Compétente pour les litiges entre États (droit international public).
  • Cour européenne des droits de l’homme (CEDH)
  • Contrôle le respect de la Convention EDH par les 46 États du Conseil de l’Europe.
  • Toute personne peut la saisir après avoir épuisé les recours internes.
  • Elle condamne l’État, pas l’individu.
  • Cour pénale internationale (CPI)
  • Depuis le 1er janvier 2003, à La Haye.
  • Juge des crimes les plus graves : génocidecrimes de guerrecrimes contre l’humanité (quel que soit le lieu).
  • 18 juges, mandat unique de 9 ans.
  • Les 124 États parties au Statut de Rome doivent, en principe, coopérer (ex. mandats d’arrêt).
  • (Dans tes notes figurent des exemples récents de mandats d’arrêt ; on les garde comme illustrations de cours.)
  • Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)
  • Siège à Luxembourg.
  • Un juge par État membre (donc 27 aujourd’hui).
  • Donne une interprétation unique du droit de l’UE (règlements, directives), pour que la règle s’applique pareil partout.

3) Le 

monopole de l’État

 pour rendre la justice

3.1 Rappel historique

  • Moyen Âge : pas de monopole. Il existait :
  • des juridictions seigneuriales (au nom du seigneur),
  • des juridictions ecclésiastiques (au nom de l’Église),
  • des juridictions municipales (au nom de la ville).
  • Révolution française : la justice devient une mission régalienne de l’État (comme la sécurité).
  • Aujourd’hui : monopole étatique (avec quelques dérogations prévues par la loi, ex. arbitrage).

Chiffres dans tes notes (ordre d’idée) : budget Justice ~12 Md€ en 2025 (contre 7,8 Md€ en 2015).

...

Télécharger au format  txt (91.7 Kb)   pdf (827.8 Kb)   docx (1.4 Mb)  
Voir 84 pages de plus »
Uniquement disponible sur LaDissertation.com