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L'absolutisme des rois et des ministres

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Par   •  13 Mars 2017  •  Cours  •  5 525 Mots (23 Pages)  •  1 087 Vues

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                L’absolutisme des rois et des ministres

Le XVIIème siècle est parfois qualifié en France de "siècle de Louis XIV" avec beaucoup d'erreur : le règne de Louis XIV ne couvre que la deuxième partie de ce siècle C'est certes un siècle de grandeur et de puissance pour la France. Les rois – Henri IV, Louis XIII, Louis XIV – et leurs ministres – Sully, Richelieu, Mazarin, Colbert - travaillent d'abord à écarter les menaces qui pèsent sur l’État, puis à établir la suprématie du royaume en Europe. La première partie du siècle est marquée par le règne de Louis XIII, qui s'appuie sur son principal ministre, Richelieu.

Richelieu et Louis XIV ne sont pas des théoriciens de l'absolutisme, mais des hommes d'action. L'originalité de leur pensée ne réside pas dans les idées d'origine divine du pouvoir, de pouvoir absolu des monarques, des devoirs des princes, pères de leurs sujets, idées anciennes ; mais dans l'exploitation d'un thème récent, "la raison d’État" qui, à la fois, couvre la politique de rationalité et justifie un exercice autoritaire du pouvoir : des considérations d'intérêt public légitimeraient, en politique, des actes immoraux ou même illégaux. Une autre facette de l'absolutisme est offerte par les pensées, mémoires et discours des monarques et des ministres ; ce sont les leçons de la pratique politique, l'absolutisme en action. Voyons successivement la pensée et les maximes de gouvernement de Richelieu, Louis XIV et Louis XV.

  1. Richelieu ( 1585-1614)

Richelieu commença jeune une carrière ecclésiastique : à 27 ans, il fût évêque de Luçon. Bien qu'homme d'église, Richelieu raisonne en homme d’État : "Le roi doit faire taire les scrupules de sa conscience, la puissance passe avant la volonté et la vertu". La poursuite de la puissance est guidée par la raison : "Il faut avoir une vertu mâle et faire toute chose par raison, sans se laisser aller à la pente de ses inclinations, qui portent souvent les Princes en des grands précipices". Par ailleurs, l'autorité trouve dans la raison son moyen le plus fort de persuasion des sujets. Le devoir du souverain réside dans l'intérêt public qu'il faut poursuivre "religieusement". L'intérêt public exige d'agir préventivement contre les adversaires et sans respect des formes juridiques. Richelieu insiste sur la rigueur que doit déployer le roi à l'égard des particuliers qui font gloire de mépriser les lois et les ordres de l’État. Il connaît la force qu'exerce la crainte. S'il manie la rigueur qui inspire la crainte, Richelieu développe une pratique gouvernementale plutôt empirique, guidée à la fois par l'intuition et par une raison supérieure, inaccessible à la raison commune, non seulement dans le champs des relations d’État à État, dans la diplomatie, mais aussi dans la politique intérieure. Ainsi le cardinal ne s'embarrasse même plus des scrupules de la conscience, de la morale prêchée par Bossuet. Louis XIV et Louis XV partage les mêmes idées

  1. Louis XIV et Louis XV

D’abord LOUIS XIV (1638-1715) : Louis XIV, comme Bossuet, écrit pour instruire le Dauphin, des "Mémoires", un "Journal", des "Réflexions sur le métier de Roi". Louis XIV insiste sur le thème de la dignité et de la puissance royales. Louis XIV veut régner par lui-même. Pas de premier ministre, pas de ministre trop brillant. Pas, non plus, de réunion des États généraux. Les États, réunis pour la dernière fois en 1614, ne sont plus convoqués par Louis XIV, par Louis XV, et la réunion provoquée par Louis XVI provoquera effectivement la fin de la monarchie absolue. Louis XIV veille avec intelligence à vider de toute substance les mécanismes par lesquels les parlements auraient pu s'opposer à la volonté royale. Et notamment, il réussit à rendre sans portée le droit de remontrance des parlements. Les édits et ordonnances doivent dorénavant être enregistrés préalablement à ce que les parlements émettent des critiques quant à leur contenu. Les parlements ne peuvent donc plus refuser de les appliquer. Le gouvernement appartient entièrement au roi, dont la fonction propre est le service de l’État, la recherche du bien public. Le bien public est un autre thème classique de l'absolutisme. On a beaucoup dit que Louis XIV aurait prononcé la formule "l’État c'est moi". Cela est douteux. Car Louis XIV avait un sens élevé de l’État et la conviction de sa pérennité.

Puis voyons LOUIS XV (1710-1774) : De la pensée politique de Louis XV, on retiendra la réaffirmation des droits du roi face à l'opposition des parlements. Rétablis dans les prérogatives dont les avait privé Louis XIV, notamment le droit de remontrance, ils ont pratiqué une opposition virulente et bloqué les réformes essentielles voulues par le roi. Dans les années 1770, le roi poursuit une réaction autoritaire. Son chancelier, Maupeou, jugule l'opposition parlementaire en renvoyant les parlements et en les remplaçant par des conseils souverains dont les magistrats sont révocables. Cette réforme, accompagnée d'autres dans l'esprit du despotisme éclairé, fût sans lendemain. Car son successeur, Louis XVI, avec faiblesse, rappela les parlements, qui reprirent leur politique hostile aux réformes. Ils avaient réussi à se faire passer pour les protecteurs des libertés publiques contre le despotisme du roi et des ministres. Ils étaient soutenus par une bonne partie du mouvement des philosophes, les intellectuels contributeurs de l'Encyclopédie. Ils défendaient en réalité des privilèges. Leur conservatisme et leur obstruction obligèrent Louis XVI à convoquer les États généraux et provoquèrent la chute de l'Ancien régime, la chute du régime de la monarchie absolue, et enfin la leur également. Louis XV qui, en fin de compte, laissa à Louis XVI une monarchie affaiblie, avait exprimé, en 1766, avec une grande netteté, lors de "la séance de la flagellation", dans le contexte de la deuxième moitié du XVIIIème siècle, le plus bel exposé doctrinal de l'absolutisme monarchique.

                        Le despotisme éclairé : Frédéric II, Joseph II et                                                         Catherine II.

Le despotisme éclairé devient l'idéologie de la majorité des monarques en Europe continentale, de la Suède à Naples, en passant par la Prusse, et de Saint-Pétersbourg à Lisbonne. Les monarques et leurs ministres se piquent de philosophie, ils se targuent de réformer la société par amour de l'homme et par amour de la raison. Ils affirment vouloir libérer les peuples du fanatisme et de la superstition, vouloir supprimer les privilèges et les injustices, vouloir assurer l'instruction et le bien être, vouloir établir la liberté de penser, de parler et d'écrire. La loi est le moyen annoncé de l'établissement de ce programme magnifique. Joseph II déclare : "J'ai fait de la philosophie la législatrice de mon empire". Frère de l'infortunée Marie-Antoinette, Joseph II est le type du despote éclairé pris de la "fureur de gouverner". Il a pour modèle Frédéric II, roi de Prusse. Ce sont, avec Catherine II, les figures les plus connues de despotes éclairés.

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