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Commentaire sur l'accord de vassalité entre Bernard

Commentaire de texte : Commentaire sur l'accord de vassalité entre Bernard. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  22 Octobre 2013  •  Commentaire de texte  •  1 117 Mots (5 Pages)  •  428 Vues

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commentaire charte d'yh

En 1110, le souverain Louis VI n’a pas la réalité du pouvoir sur ses terres, et le futur Languedoc est partagé entre l’influence des grandes familles comtales, comme celles de Toulouse et de Barcelone, et l’influence des monastères, très riches et puissants, qui revendiquent le droit à la terre et développent d’importantes seigneuries. Cependant, la rivalité entre les familles de grands seigneurs tend les puissants à s’allier avec le clergé, et le lien vassalique change d’apparence : n’étant plus uniquement établi entre un plus faible et un seigneur protecteur, il se tisse alors de plus en plus fréquemment entre des hommes de même rang et rivalisant en puissance. C’est ce qui se passe ici.

Bernard Aton est issu de la puissante famille des Trencavel. Né en 1066, il hérite de son père, Raimond Bernard, des vicomtés d’Albi et de Nîmes. Il acquiert Béziers et Agde, et, parce que sa mère est Ermengarde de Carcassonne, il prétend à des droits sur le Carcassonnais. Lorsque la ville, possession du comte de Barcelone, est confiée aux Trencavel, Bernard Aton n’hésite pas à s’en proclamer vicomte. Cela se passe en 1082. L’abbé Léon, quant à lui, est à la tête d’un monastère qui, du IX au XI siècle, occupa la première place dans la région, et dont les possessions s’étendent de l’albigeois, à la Saragosse dans la péninsule ibérique (la région de Saragosse est chrétienne à l’époque, consécutivement à la Reconquista)

[...] On pourrait même se poser la question de savoir si les domaines concédés n’ont pas été imposés par Bernard Aton lui-même. Car, à cette époque, les seigneurs ont peu à peu tendance à perdre la réalité du pouvoir sur les terres de leurs vassaux. Le pouvoir affirmé de ceux-ci les rend dangereux pour leurs seigneurs, et ils peuvent aisément revendiquer une propriété totale sur les fiefs qui leur ont été offerts. De plus, les seigneurs ont plutôt intérêt à stabiliser leur entourage vassalique, afin d’avoir des hommes prêts à les défendre et à assurer la garde des châteaux. [...]

[...] Cependant nous notons que celui-ci promets, mais ne jure pas. Par là, aucun reproche de parjure n’est possible à son égard s’il ne tient pas sa parole. Les devoirs du seigneur sont la fidélité et la protection, mais le vassal, bien souvent, attend plus en échange de ses services. C’est ainsi que le don du fief se confirme, ainsi que ce qu’on appelle les bienfaits : aide financière, alimentaire Les nombreux échanges établis de la sorte concourent à créer de réelles alliances, fondées sur des cérémonies officielles, et, de plus, mises à l’écrit, donc rendues incontestables. [...]

[...] L’acte de foi et d’hommage de Bernard Aton a vraisemblablement été rédigé afin de retranscrire un échange de paroles et de gestes entre le seigneur et son vassal, qui constituent la cérémonie féodale, et qui définissent les devoirs réciproques du vicomte de Carcassonne et de l’abbé de Sainte-Marie de la Grasse. Nous avons vu que ce qui constitue l’échange réel dans la vassalité, c’est à dire le don du fief, l’échange de services et le serment de fidélité, avaient pour objectif concret, non seulement de tisser des liens d’amitié et de soutien entre deux hommes, mais de consolider l’assise du pouvoir, du côté du vicomte de Carcassonne comme de celui de l’abbé Léon de Sainte-Marie-de-la-Grasse. [...]

[...] Bernard Aton lui-même accorde de trop grandes libéralités à certains de ses vassaux, ce qui conduira à l’affaiblissement du pouvoir des Trencavel. Répondre aux demandes se révèle plus sage, et c’est par là que s’achemine progressivement le développement d’un patrimoine vassalique, et la transmission des fiefs par hérédité. Nous avons plusieurs fois affaire à cet aspect des choses dans le texte : (et de même mes héritiers, vicomtes de Carcassonne et leurs successeurs) (ligne vingt-deux), ou encore je te promets à toi et à tes héritiers et à tes successeurs à Carcassonne (lignes trente-et un et trente-deux) L’évocation des héritiers du vicomte est preuve d’une transmission héréditaire aux enfants du vassal, agréée par l’abbé Léon, alors qu’au XII ce droit est encore très critiqué, notamment par les monastères qui se montrent hostiles au phénomène. [...]

[...] Le don de terres est d’ailleurs souvent déjà un don de châteaux, villages, fortifications, qui permettent aux hommes de multiplier leurs lieux de défense. Ainsi Bernard Aton nous dit avoir pris possession de nombreux châteaux, qui lui ont été accordés

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