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Processus fabrication enfant différentes ethnies

TD : Processus fabrication enfant différentes ethnies. Recherche parmi 245 000+ dissertations

Par   •  11 Novembre 2015  •  TD  •  6 274 Mots (26 Pages)  •  284 Vues

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Il y a tout un processus avant de faire naitre un enfant. Avant de naitre, un humain dois voir été conçu. Le texte de Maurice Godelier présente les différents processus de création d’un être humain dans différentes sociétés ; qu’elle soit matrilinéaire, patrilinéaire, ou indifférente. C’est précisément les représentions que se font les sociétés du processus de fabrication d’un enfant qui nous intéresse, ainsi que leurs fonctionnements notamment. Maurice Godelier à effectuer une comparaison de ces différents lignages et il en à constater que dans aucune de ces société on pense qu’un homme et une femme suffisent à fabriquer un enfant.

La première société, il s’agit des Inuits. Au siècle dernier les Inuits étaient encore une société de chasseurs-collecteurs et leur système de parenté était comme le nôtre indifférencié. Il n'y avait pas de prévalence du côté maternel ou du côté paternel.

Pour les Inuit pour faire un enfant il faut qu'un homme et une femme s’unissent sexuellement. L'homme fabrique avec son sperme les os, la charpente du corps de l’enfant. La femme avec son sang en fabrique la chair et la peau. Dans le ventre de la femme, le fœtus prend forme, et cette forme le fera ressembler à son père ou à sa mère selon la force de l’énergie vitale de chacun. Son corps se nourrit de la viande du gibier tué par son père et ingéré par sa mère. A ce stade intra-utérin l’enfant est un fœtus qui n’a pas d’âme et qui n’est pas encore un être humain. Il le devient le jour de sa naissance lorsque Sila, le maître de l’univers introduit dans son corps une bulle d’air qui va devenir son souffle, Dans cette bulle d’air se trouve une âme, également don de Sila, qui grandira avec son corps et sera son double, un double qui le quittera à la mort pour rejoindre le monde des défunts. Cette âme est douée d’intelligence et participe de Sila qui est l’intelligence du monde. Un enfant humain est né. Mais cela ne suffit pas, le nouveau-né n’existe pas encore comme être social, comme un Inuit. Il le devient lorsqu’il reçoit de ses parents un ou plusieurs noms lors d’une cérémonie à laquelle assiste toute sa parentèle, ainsi que les voisins et amis de ses parents. Pour les Inuit les noms ne sont pas des étiquettes. Ils ont une âme, ils sont des âmes et Ils contiennent en eux l’identité et l’expérience de la vie de ceux qui les ont portés. A la différence de l’âme intérieure qui anime le corps et grandit avec lui, l’âme-nom donnée à un enfant vient l’envelopper tout entier et fait passer en lui les identités de tous ceux qui ont porté ce nom avant lui. Mais qui sont ces âmes-noms et qui les choisit ? Ce sont les noms d'amis ou de proches parents du père ou de la mère de l’enfant qui sont décédés pendant la grossesse de la mère ou même avant, et que ses parents désirent faire revivre auprès d’eux en les attachant au corps de leur enfant  un coup annuel

Quels sont leurs croyances et leurs rites ?

C’est à partir de ces représentations du processus de conception d’un enfant et des composantes de son identité intime que s’englobe la pratique des Inuits d’élever un garçon comme une fille ou une fille comme un garçon selon le sexe de la personne dont on a donné le nom à l'enfant à sa naissance. Mais ces pratiques cessent à la puberté. Le fils redevient un garçon, la fille cesse de l’être et ceci au moment où chacun va devoir participer au processus de reproduction de la vie et de la société en y prenant la place que son sexe d'origine semblait lui destiner.

Les Inuits ont des croyance en la nature et la magie : Le chamane est chargé des relations entre les hommes, les bêtes et les éléments naturels. Il soigne les malades et protège des mauvais sorts. Pour devenir chamane, il faut avoir surmonté des épreuves d'initiation très dures : jeûner plusieurs jours, vivre isolé dans un igloo pendant un mois.
"C'est dans la solitude et la souffrance que le chamane doit chercher la sagesse" dit l'un d'eux. C'est là qu'il fait connaissance avec les esprits, et ensuite les anciens chamanes enseignent au nouveau les paroles et gestes magiques et lui transmettent les secrets de la nature.

Pour les Inuit, l’union sexuelle d’un homme et d’une femme est donc nécessaire pour fabriquer un fœtus mais ne suffit pas à faire un enfant. Le père et la mère en tant que géniteur et génitrice de l’enfant contribuent par des apports distincts et complémentaires à produire le corps du fœtus et à lui donner forme. L’un et l’autre se retrouvent dans leur enfant en lui donnant matière et forme. Par là l'enfant est bien « leur » enfant et il appartiendra de ce fait « à leur parentèle ». Mais l'homme et la femme ne lui ont pas donné la vie.

La vie commence quand Sila, une puissance surnaturelle, introduit dans le corps de l’enfant une parcelle de son souffle qui connecte alors l’enfant à la trame et au mouvement de l’univers où il vient de naître et va se développer. Mais ce souffle contient aussi une âme qui lui donne la capacité d’apprendre par sa propre expérience. Il lui manque encore d’avoir un nom et d’être rattaché par ce nom à toute la chaîne des êtres humains qui, depuis des temps immémoriaux, l’ont porté.

       En recevant, après sa naissance, publiquement, un ou plusieurs noms, l’enfant fait revivre en lui des membres de sa parentèle et plus largement des membres de sa communauté, disparus avant lui. En les recevant en lui, il leur donne, ainsi qu’à sa communauté un nouvel avenir. Or ces âmes-noms ce ne sont pas ses parents qui les ont conçues, elles existaient avant eux et survivront à travers lui. Elles constituent donc des composantes spirituelles de l’identité d’un enfant et font que l’individu chez les Inuit n’est jamais un point de départ absolu, qu’il n’affronte pas la vie avec sa seule expérience mais avec celle de tous ses homonymes qui l’ont précédé dans l’existence. Enfin notons que les noms qui ont une existence par eux-mêmes et ne sont pas attachés exclusivement à un seul côté, paternel ou maternel, ni même à la parentèle des parents de l’enfant, correspondent au caractère même du système de parenté inuit, qui est un système indifférencié, cognatique, où n’existent ni lignages ni clans.

Le second exemple est celui des Baruya, une société patrilinéaire de Nouvelle-Guinée.

La famille patrilinéaire est un système de filiation dans lequel chacun relève du lignage de son père. Cela signifie que la transmission, par héritage, de la propriété, des noms de famille et titres passe par le lignage masculin. En anthropologie culturelle, un clan patrilinéaire est un groupe de personnes qui se reconnaissent un ancêtre commun en remontant à travers une lignée d'ancêtres masculin[.

Pour les Baruyas, pour fabriquer un enfant il faut qu'un homme et une femme s'unissent sexuellement. Le sperme de l'homme produit les os, la chair et le sang de l'embryon, puis du fœtus qui se développe dans le ventre de la femme, celui-ci n'étant qu'un contenant qui n'apporte rien à l'enfant. Dès que la femme se sent enceinte, le couple multiplie les rapports sexuels parce que le sperme de l'homme est censé nourrir le fœtus. Le père est donc à la fois le géniteur et le nourricier de l'enfant à naître. Cependant l'homme et la femme ne suffisent pas pour faire du fœtus un enfant. Car l'embryon qui se développe n'a pas de nez, n'a pas de bouche, ni de doigts aux pieds et aux mains. C'est le Soleil, père des Baruyas, qui complètera le corps du fœtus dans le ventre des femmes et lui donnera son souffle.  Contrairement aux Inuits, L'enfant à sa naissance respire, il a un corps humain. Mais pas encore d'âme. Une âme-esprit pénètre plus tard dans le corps de l'enfant au moment où son père lui donne un nom. Ce nom est celui d'un ou d'une ancêtre qui appartient au patrilignage de l'enfant.

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