LaDissertation.com - Dissertations, fiches de lectures, exemples du BAC
Recherche

Sans faire de bruit

Commentaire d'oeuvre : Sans faire de bruit. Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  21 Mars 2026  •  Commentaire d'oeuvre  •  1 551 Mots (7 Pages)  •  10 Vues

Page 1 sur 7

                ANALYSE DE SPECTACLE                                  

        Sans faire de bruit  est un seul en scène créé et joué par Louve REINICHE-LARROCHE et mis en scène par Tal REUVENY. Dans cette pièce contemporaine, Louve  REINICHE-LARROCHE raconte, à travers les témoignages des membres de sa famille, la surdité soudaine de sa mère.

        Nous nous demanderons alors comment ce spectacle sur la surdité est traversé de plusieurs voix et voies.

        Pour répondre à cette question, nous verrons dans un premier temps que ce spectacle est un spectacle hybride traversé par trois genres. Puis, nous étudierons un corps traversé par d’autres voix que celle de la comédienne. Et enfin, nous observerons que ces différentes figures sont traversées par des monstres.

        Sans faire de bruit est un spectacle hybride, traversé par plusieurs genres. On voit dans un premier temps que c’est un spectacle de théâtre documentaire. En effet, c’est une fenêtre directe sur la vie de la famille et de la mère de  Louve REINICHE-LARROCHE. Le public fait face à un sujet réel et la mise en scène retranscrit cette idée. Sur scène, on retrouve les éléments d’un salon familial (un fauteuil, une table basse et un luminaire). Le fauteuil roulant est aussi un élément qui aide à un ancrage à la réalité. [pic 1]

Cette scénographie naturaliste, que l’on peut voir sur la gauche, nous conforte dans cette idée de théâtre documentaire. À cela, s’ajoutent les témoignages de la famille. Chaque témoignage est enregistré avec pour but d’apporter des informations et de permettre au public de comprendre petit à petit la situation.

        Cette collecte de son est interprétée par la comédienne. Le spectacle est alors traversé par le genre autobiographique. Sans faire de bruit est un spectacle racontant directement l’histoire de sa mère. Quand bien même il n’y a pas de témoignage direct de la comédienne, la pièce narre un sujet vécu par elle et ses proches. De plus, Louve REINICHE-LARROCHE interprète elle-même les membres de sa famille. Sans faire de bruit devient alors  une autobiographie théâtrale performée par un seul et même corps au service de sa famille.

        On voit alors l’apparition d’un troisième genre, la fiction. En effet, bien que le cadre soit réaliste, l’interprétation de Louve REINICHE-LARROCHE nous sort du réel. L’utilisation du seul en scène nous fait perdre en naturalisme. La comédienne devient alors le vecteur des différentes voix. De toute évidence, la jeune femme garde son corps de jeune femme mais elle est traversée par les voix d’une enfant, d’hommes, ou de personnes âgées. En plus de cette interprétation, la scénographie et les accessoires se transforment dans la deuxième partie du spectacle. Les humains deviennent alors des créatures de l’imaginaire. On représente alors une grand-mère avec un abat-jour classique. C’est une association d’images de l’imaginaire. On retrouve cette idée dans la note d’intention du spectacle : « Notre désir est de donner une interprétation artistique et imagée de ces témoignages ». Sans faire de bruit est alors un spectacle à la fois documentaire et autobiographique qui s’ouvre vers la fiction grâce à une multiplicité de personnages qui prennent parole via une comédienne, un corps.

        Le corps de Louve REINICHE-LARROCHE est donc traversé par d’autres voix. Il devient le vecteur, le porte-parole des différents personnages et les permet de prendre vie. Ce corps est tout d’abord traversé par le son. Les témoignages ne sont que diffusés par des enceintes mais prennent vie grâce à un travail labial précis. Les diffusions audio sont comme des partitions. Les intentions de voix, le souffle, les rires correspondent à des émotions et donnent une rythmique. La comédienne est alors dépossédée de son corps, qui devient un outil de chair pour le son qui la traverse.

        Le corps est alors traversé par toute une famille qui gravite autour du personnage principal (qui n’est jamais joué par la comédienne), la mère. On fait alors face à différents points de vue. L’histoire est d’abord enfantine et innocente dans la bouche de la nièce de  Louve REINICHE-LARROCHE. Puis elle devient plus sensible et touchante avec les yeux de sa belle-sœur. Elle reprend en rationalité et devient plus factuelle avec les grands-parents et le frère. Bref, on est témoin d’un corps qui multiplie les points du vue et les personnages qu’’il incarne.

...

Télécharger au format  txt (8.9 Kb)   pdf (62.5 Kb)   docx (85.4 Kb)  
Voir 6 pages de plus »
Uniquement disponible sur LaDissertation.com