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La Représentation De La Mort Au Théâtre

Dissertation : La Représentation De La Mort Au Théâtre. Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  7 Avril 2013  •  2 704 Mots (11 Pages)  •  1 262 Vues

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Séquence N°3 :

La représentation de la mort au théâtre

Dom Juan (1665), Molière :

Dom Juan est une œuvre faisant partie d’un triptyque développant une même thématique : L’hypocrisie. Ce triptyque est constitué de Tartuffe (1664), Dom Juan (1665) et Le Misanthrope (1666).

Dans Tartuffe, le personnage est un « faux-dévot », c’est à dire un homme hypocrite qui prend le masque de la religion pour satisfaire ses besoins personnels. Le faux-dévot est un opportuniste religieux.

Les dévots, eux, s’insurgent contre la pièce et Molière pour la censurer. Ils s’accompagnent d’Anne d’Autriche (la mère du Roi Louis XIV).

Selon Labruyères : « Avec un Roi athée, le faux-dévot serait athée »

Malgré la censure, la pièce pouvait tout de même être lue. Enfin, en 1669, la pièce pouvait être à nouveau jouée.

Avec la censure de Tartuffe, Molière doit très vite composer une nouvelle pièce pour faire vivre sa troupe : « L’Illustre Théâtre ».

La naissance de Dom Juan :

Dom Juan, ou plutôt son mythe est récent, il a été écrit par Tirso de Molina au début du XVIIème siècle (1625) et se nommait « El bufador de Sevilla » ou « L’abuseur de Séville ». Ce moine voulait dissuader les jeunes hommes de mener une vie dissolue.

Dans le mythe de Dom Juan, on retrouve trois composantes :

- L’amour

- La révolte

- La mort → Dom Juan meurt de sa démesure.

Molière s’est emparé d’un sujet à la mode, « Dom Juan », pour nous montrer sa forme la plus aboutie. Il fait du personnage un libre penseur, Dom Juan est un libertin.

- Libertinage des mœurs : Relations amoureuses libres, il fait fie du mariage.

- Libertinage de pensées

- Libertinage érudit : Ce libertinage repose sur la philosophie épicurienne qui consiste à satisfaire ses désirs.

La philosophie épicurienne repose sur la recherche de l’ataraxie, c’est à dire l’absence de souffrance par la satisfaction des besoins naturels nécessaires.

Lecture Analytique N°1 :

Le dénouement de Dom Juan

Les scènes 4 à 6 constituent le dénouement de la pièce. Dom Juan reçoit son ultime avertissement. Après un dialogue d’une extrême civilité avec la statue du commandeur, figure médiatrice entre le ciel et les hommes, Dom Juan est précipité en enfer. La morale semble sauve.

Mais en quoi la mort du héros offerte dans la pure tradition des pièces à machines laisse-t-elle perplexe ?

Pour répondre à cette problématique, nous montrerons d’abord que le dénouement parle aux yeux et en impose l’imagination, puis nous montrerons son caractère équivoque.

Plan :

I) Un dénouement spectaculaire

II) Un dénouement équivoque

I) Un dénouement spectaculaire :

A) Une pièce à machines :

La mode de la pièce à machines a été lancée par une représentation de Corneille en 1650, dans « Andromède », pièce inspirée des métamorphoses d’Ovide.

Les spectateurs de l’époque pouvaient voir voler le char du Soleil et Jupiter descendre du ciel par un système très élaboré de poulies.

En s’emparant d’un sujet à la mode tel que Dom Juan, Molière savait qu’il aurait recours à la machinerie pour le représenter comme en atteste un devis reçu 2 mois et demi avant la première de la pièce. Il espérait ainsi comporter immédiatement l’adhésion de ses spectateurs et ainsi assurer une recette confortable à sa troupe après la censure de Tartuffe. Les nombreuses didascalies rappellent la dimension spectaculaire du dénouement et s’attache aux manifestations de l’au-delà (« le spectre s’envole » ; « la terre s’ouvre »).

B) Les différentes manifestations du surnaturel :

- Le Spectre est une figue obligée du monde cauchemardesque, il se métamorphose en allégorie du temps. Le spectre en femme voilée représente le remord et la culpabilité, il peut prendre le visage d’Elvire. Archétype de toutes les femmes que Dom Juan a séduites.

- L’allégorie du temps rappelle à Dom Juan le principe de réalité. En perpétuel mouvement, Dom Juan refuse ce principe de réalité.

- La statue du commandeur incarne le jugement divin. Dom Juan a invité le monde des morts à dîner et il a reçu sa réponse.

- L’image du gouffre avec les flammes, le bruit du tonnerre.

C) Un Deus Ex-Machina :

Le Deus Ex-Machina présente en soi un écart par rapport aux dénouements classiques. Le mécanisme est inversé par rapport à son déroulement. La terre s’ouvre au lieu que le Dieu descende sur terre mais aussi par rapport à son objectif. Au lieu d’une intervention divine et céleste qui vient sauver in extremis un héros injustement menacé, Dom Juan est englouti dans les feux de l’enfer. Si Molière s’écarte du modèle classique, il s’inscrit pourtant dans la tradition du mythe.

La statue de pierre qui s’anime pour conduire le pêcheur en enfer est l’un des constituant essentiel de la fable. La statue doit néanmoins en imposer et inspirer de la terreur.

II) Un dénouement équivoque :

A) Un dénouement heureux :

Tout le monde est content proclame Sganarelle après avoir énuméré les victimes de Dom Juan.

Lorsque Sganarelle évoque « le ciel offensé » et les « lois violées », il se réfère au moment où le libertin bafoue les lois religieuses et sociales.

- Dans la scène 1 de l’acte III, Dom Juan blasphème et semble nier l’existence de Dieu.

- Dans

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