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Commentaire "Le Rire" de Bergson

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Par   •  15 Octobre 2017  •  Commentaire de texte  •  2 140 Mots (9 Pages)  •  2 156 Vues

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Commentaire: Le Rire de Bergson

Est-ce que le langage nous écarte encore plus de la réalité en créant une fausse perception de cette réalité? Cet extrait du Rire de Bergson est focalisé aux problèmes du langage qui, à cause des noms communs, fait une version du monde banale et sans intérêt. Bergson constate que le langage ne crée pas de problèmes, mais accentue ceux qui étaient déjà présents; cette remarque aidera Bergson à vérifier sa thèse. Pour réussir ses propos, Bergson dans une première partie nous montrera comment les noms communs, partie souvent qualifiée d’essentielle pour le langage, nous éloigne du monde tel qu’il est, il développera cette idée à partir de “Nous ne voyons” jusqu’à “entre elle et nous”. Cet extrait pourrait être même qualifié d’introduction vers la thèse principale en nous expliquant comment les noms communs loin de nous aider à voir le monde réel, nous écarte encore plus de cette réalité et l’affadissent. Puis pour la deuxième partie de l’extrait Bergson adapte le problème des noms communs à nos propres émotions et sentiments de “et ce ne sont pas seulement” à “pour tous les hommes”. Et pour terminer, Bergson montre d’une certaine façon “l’illusion”, “l’enchantement” qui nous fait croire que nous sommes satisfait avec une vie banale, dixit “ Ainsi jusque dans notre propre individu[...]extérieurement aussi à nous mêmes.

Dès les premiers mots Bergson utilise déjà un ton de critique: “Nous ne voyons pas les choses mêmes”. Bergson est ici déjà en train de nous envoyer un message: On ne reconnaît pas la variété d’émotions et sensations que peuvent nous offrir les objets extérieurs à nous, puisqu’on les a déjà classer. Cette idée est renforcée par le constat suivant: “nous nous bornons[...], à lire des étiquettes collées sur elles”. Bergson nous dit ici que ce n’est pas tant une distorsion de la réalité mais une simplification et une banalisation par le fait même de “mettre des étiquettes” dans les objets, on enlève d’eux la qualité de la surprise et nous mêmes perdons l’émotion de la découverte puisque le langage a déjà classé ces objets. Ceci est affirmé par Bergson à la phrase suivante: “Cette tendance, issue du besoin, s’est encore accentué sous l’influence du langage”. Le langage classe les choses et les banalise nous dit Bergson, l’influence qu’a sur nous le langage mais surtout les noms communs affadis notre perception du monde extérieur. C’est par ici qu’attaque Bergson: “Car les mots (à l’exception des noms propres) désignent des genres”. Bergson se focalise sur l’usage des noms communs qui provoquent en nous une tendance à la dégradation de ce qu’on perçoit à l’extérieur de nous et donc nous donne une fausse image de la réalité du monde: “Le mot, qui ne note de la chose que sa fonction la plus commune et son aspect banal, s’insinue entre elle et nous”. Bergson réaffirme l’idée ou les noms communs, le langage ne font que ressortir l’aspect banal des choses, leur côté le plus communs, ce qui se reflète dans notre perception de la réalité, une perception tordue vers la simplification. Ce texte nous fait aussi comprendre que ce n’est pas tellement la faute de l’individu d’utiliser le langage pour fausser ce qu’on voit mais plutôt il attaque les sociétés où naît l’individu: “nous nous bornons” puisque chaque société dépend de sa propre langue qui est très différente à celle de la société voisine, par exemple l’usage du masculin et du féminin marque les limites du langage d’un nombre énorme de sociétés, pendant que plusieurs communautés ont appris à utiliser le “neutre”, qui ne fait référence ni au genre masculin ni au féminin, c’est d’ailleurs pour cela que Bergson nous dit: “Car les mots[...] désignent des genres”, il fait référence à l’usage dans certaines sociétés des genres( masculin, féminin et neutre), qui pour lui accentue aussi la limitation de notre perception du monde extérieur et renforce l’idée de l’étiquetage des choses.. C’est donc nous mêmes et notre société, dans laquelle on est né qui par la langue apprise depuis l’enfance créer les limites de notre perception. Nietzsche affirmait que dans un contexte de lutte notre instinct de survie nous fait négliger les nuances entre les choses, par exemple reconnaître la différence entre un tel arbre et un tel autre. Ce rapport utilitaire à la survie influence nos actions, le langage même est un outil de survie puisque l’Homme a besoin de vivre en société pour pouvoir lutter contre la nature. C’est dans cette vie en société où l’Homme développe le langage et invente la langue pour exercer sa parole et se communiquer avec autrui. On pourrait même arriver à dire que l’Homme a pris l’habitude de généraliser au lieu de particulariser, de reconnaître au lieu d’observer, on regarde les objets à travers un filtre, le prisme de leur utilité pour “moi”, notre conscience. Marx disait: “Comme la conscience, le langage naît du seul besoin”.

Mais dans sa deuxième partie Bergson clarifie un aspect de sa thèse qui avait été déjà nommé très brièvement dans sa première partie: “Cette tendance, issue du besoin, s’est encore accentuée sous l’influence du langage”. Ce n’est pas que le langage qui influence et limite notre perception mais ne fait que l’amplifier ce qui en réalité est le produit de notre conscience et ceci affecte les objets extérieurs mais aussi nos propres états d’âmes, nos sentiments et nos émotions.

Dans la deuxième partie du texte et donc de sa thèse, Bergson laisse de côté les objets extérieurs à nous: “Et ce ne sont pas seulement les objets extérieurs”, et focalise son attention et celle du lecteur sur comment on évalue et traite nos sentiments, ce que réside à l’intérieur de nous, qui nous appartient exclusivement à nous: “ ce sont aussi nos propres états d’âme qui se dérobent à nous” et analyse quel est le rôle de la conscience et du langage sur ce qu’on ressent. Bergson affirme que ce qu’on voit et ce qu’on perçoit et filtré par notre subjectivité, qui affecte les objets mais aussi nos “états d’âme”. Il remarque que même nous, les porteurs de nos sensations, ne les comprenons pas, on ne les voit pas sous sa forme réelle, personnelle et pleinement notre: “se dérobent à nous dans ce qu’ils ont d’intime, de personnel, d’originalement vécu”. La conscience aidée par le langage traite nos sentiments comme elle traite les objets, elle nous incite à les percevoir dans sa forme banale et insipide. “Quand nous éprouvons de l’amour[...] quelque chose

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