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Manon Lescaut : l'immoralité de Manon

Dissertation : Manon Lescaut : l'immoralité de Manon. Recherche parmi 303 000+ dissertations

Par   •  6 Mars 2026  •  Dissertation  •  1 354 Mots (6 Pages)  •  5 Vues

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Le XVIIIème siècle est le siècle des Lumières ainsi que d’autres courants subalternes comme le libertinage. C’est dans ce courant que s’inscrit L’histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, aussi appelée Manon Lescaut. Cette œuvre écrite par l’Abbé Prevost en 1731 est un récit enchâssé inclus dans le récit cadre des Mémoires d’un homme de qualité. Véritable fresque de la société de l’époque, le récit raconte les aventures remplies de rebondissements de deux amants fictifs, Manon et Des Grieux, pour le plus grand plaisir du lecteur. C’est en ce sens que ce roman s’inscrit dans le parcours personnages en marge, plaisir du romanesque.
Manon et Des Grieux sont tous deux, des personnages marginaux moralement, un terme péjoratif pour désigner les individus à l’écart de la norme qui domine. Le plaisir est assimilé à un divertissement, et le personnage de Manon semble véhiculer ce plaisir à travers sa marginalité. Mais est-elle l’unique facteur de ce divertissement ? Plus encore, l’immoralité des personnages a-t-elle pour seul vocation divertissante ? Ainsi il s’agit de se demander si le plaisir de la lecture du roman tient-il uniquement de l’immoralité de Manon. Assurément, la lecture du récit est plaisante grâce à la marginalité morale de l’héroïne. Toutefois, elle n’est pas l’unique aspect rendant le récit passionnant. En réalité, au-delà de rendre la lecture intéressante, l’immoralité des personnages possède une fonction didactique.

Il semblerait que le plaisir de la lecture provient de l’immoralité de Manon puisqu’ en transgressant les normes sociales, cette dernière choque mais intrigue également les lecteurs. De plus, le comportement de Manon est une source de rebondissement rendant la lecture captivante

Tout d’abord, il est indéniable que la transgression des conventions sociales captive le lecteur en le choquant. En effet, dès le début de l’histoire, à la scène de rencontre, le portrait physique et morale de Manon est ébauché de manière surprenante. Très peu décrit physiquement, elle est presque assimilée à une prostitué : « on l’envoyait au couvant, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir ». A travers cette brève présentation, le lecteur est immédiatement scandalisé de l’attitude de cette fille mais également intrigué par ce qu’il suit. Tout au long du récit, Manon transgresse les normes sociales : elle est infidèle à trois reprises à Des Grieux, elle use de son corps pour recevoir des présents de vieux riches : M de B et M de G…M. Néanmoins, c’est précisément ce scandale qui procure du plaisir romanesque. Le lecteur, attiré par ce qui transgresse l’ordre établi, est poussé à poursuivre sa lecture pour découvrir jusqu’où ira cette chute morale.

De plus, c’est le comportement immoral de Manon qui est source de rebondissements, qui alimente les péripéties et captive le lecteur en haleine. En effet, alors que leur bonheur semblait être établis à Chaillot et à Paris, l’arrestation de Des Grieux par son frère, causé par la relation secrète entre Manon et M de B, captive le lecteur en cassant l’instant idyllique de leur relation. De nouveau, après un moment idyllique, Manon fait preuve d’une immoralité en planifiant un stratagème avec Lescaut et Des Grieux pour voler M de G…M. Mais, leur plan sera marqué par un échec et l’aristocrate sera emprisonné à Saint Sulpice et Manon à l’Hopital. Pour sauver Manon, le jeune homme ira jusqu’à tuer un garde de prison ce qui brise les codes de bienséance instaurés durant le XVIIème siècle. Ainsi, Prévost tient constamment le lecteur en haleine par un rythme rapide d’évènement de plus en plus choquant.

Certes, il apparait que le lecteur est captivé et intrigué par l’immoralité de Manon, ce qui rend la lecture du roman plaisante. Toutefois, le plaisir romanesque est également véhiculé par d’autres aspects du livre tel que : la dimension réaliste et romantique du récit.

En outre, Manon Lescaut se présente comme un roman mémoire d’un récit enchâssé. Le narrateur, Renoncour affirme dans l’avis au lecteur : « Rien n’est plus exact et plus fidèle que cette narration », il certifie ainsi l’authenticité du témoignage permettant au lecteur de s’identifiant à travers l’œuvre. En effet, il esquisse un cadre spatio-temporel réaliste avec la référence aux villes de Chaillot, Paris et Louisiane ainsi qu’en garantissant l’anonymat des personnages secondaires avec leurs initiale comme s’il s’agissant de personnages réels. Cette illusion du vrai permet au lecteur de s’identifier à travers cette société mais surtout à travers Des Grieux grâce au point de vue interne du récit. Cela garantit aux lecteurs de vivre les aventures pleines de rebondissement tout en comprenant la psychologie interne du jeune. Ainsi, Prévost en esquissant un décor réaliste participe au plaisir romanesque de la lecture.

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