Le contexte biographique et culturel de Musset
Cours : Le contexte biographique et culturel de Musset. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar benjamin.che • 13 Juin 2026 • Cours • 7 642 Mots (31 Pages) • 20 Vues
Doc Berody - MUSSET
LE CONTEXTE BIOGRAPHIQUE ET CULTUREL
1. Dans quel mouvement littéraire Musset s’inscrit-il ? Quelles en sont les principales
caractéristiques ?
Musset s’inscrit dans le mouvement littéraire du romantisme. Ce mouvement artistique inclut tous les arts : peinture (Friedrich en Allemagne, Delacroix en France…), musique (Schubert, Chopin…), danse (invention du ballet blanc en tutus)… Ce mouvement né en Allemagne rayonne en Europe. Le
romantisme littéraire français naît avec les Méditations poétiques de Lamartine (1820) et finit avec
les Burgraves (1847), drame de Hugo (qui continue avec d’autres d’écrire des œuvres romantiques).
On découpe ainsi traditionnellement le XIXe siècle en deux moitiés, une première romantique et une
seconde réaliste : ce serait l’échec du rêve et le retour à la réalité.
Une caractéristique principale du romantisme est le refus du classicisme : les romantiques allemands
créent le drame pour s’opposer au modèle de la tragédie française. Les romantiques rejettent aussi les Lumières qui, selon eux, ont désenchanté le monde : ils idéalisent le Moyen Âge pour réhabiliter
l’irrationalité, les forces invisibles qui agiraient à notre insu. Il s’agit de retrouver le lien avec la nature
donnant à l’être humain le sentiment d’appartenir à un monde plus grand que lui. Les romantiques
cherchent le sentiment de l’infini, de l’absolu. L’exaltation du moi, les effusions lyriques, les
confessions autobiographiques expriment une difficulté à vivre dans un monde où l’on se sent
inadapté, étranger, en exil.
2. Quels événements historiques peuvent expliquer la naissance de la sensibilité
romantique, que Musset nomme le « mal du siècle » ?
La révolution française de 1789 a créé une déchirure dans les consciences : on sait qu’il y a un « avant » qu’on ne retrouvera plus. Certains romantiques en conçoivent une forte nostalgie. Chateaubriand
pleure ainsi la disparition de l’aristocratie telle qu’il l’a connue.
Surtout, la Restauration (1814-1815, puis 1815-1830) et la monarchie de Juillet (1830-1848), en
détruisant l’espoir révolutionnaire et en mettant le pouvoir aux mains de la bourgeoisie, désespèrent
la jeunesse romantique. Elle se sent condamnée à vivre dans une société matérialiste qui ne pense
qu’à l’argent, et d’où tout héroïsme a disparu. Cela explique, chez certains romantiques, l’idéalisation
de la figure de Napoléon, perçu comme le dernier héros épique. Le romantique est pris entre deux
mondes, l’un disparu définitivement avec la Révolution (1789) et la Terreur (1793) puis la fin de
l’Empire (1814) et la défaite de Waterloo (1815), l’autre qui n’est pas encore apparu. Musset résume
ce « mal du siècle » (→ post-it, p. 9) : « Toute la maladie du siècle présent vient de deux causes ; le
peuple qui a passé par 1793 et par 1814 porte au cœur deux blessures. Tout ce qui était n’est plus ;
tout ce qui sera n’est pas encore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de nos maux » (La Confession d’un enfant du siècle, 1836).
3. Pourquoi le théâtre de Musset n’est-il pas destiné à être lu ? A-t-il néanmoins fallu
attendre longtemps avant de voir On ne badine pas avec l’amour joué au théâtre ?
Après l’échec avec sa pièce La Nuit vénitienne (1830), Musset décide que ses pièces seront désormais
lues et non jouées. Il titre son premier recueil de pièces Un spectacle dans un fauteuil. Le premier
volume (1832), en vers, contient un drame (La Coupe et les Lèvres), une comédie (À quoi rêvent les
jeunes filles) et un conte oriental (Namouna). Le second volume (1834) ne contient que des textes en
prose, dont les célèbres Lorenzaccio et Les Caprices de Marianne, les moins connus André del Sarto et Fantasio, et On ne badine pas avec l’amour et La Nuit vénitienne.
On ne badine pas avec l’amour est jouée pour la première fois en 1861 – alors que Musset est mort
en 1857 –, près de trente ans après sa publication. Cette version donnée à la Comédie-Française est
censurée, certains passages étant perçus comme des attaques contre la religion. En 1923, la version
originale est jouée à la Comédie-Française, près de quatre-vingt-dix ans après sa publication. Son
succès ne s’est jamais démenti, et la dernière réplique de Perdican acte II, scène 5 est l’une des plus
célèbres du théâtre français.
LA COMPOSITION DE LA PIECE
4. Combien la pièce possède-t-elle d’actes ? Que se passe-t-il dans chacun d’entre eux ?
La pièce comporte trois actes.
L’acte I raconte l’échec d’un projet de mariage entre deux cousins et amis d’enfance. Camille,
escortée de sa gouvernante dame Pluche, revient après dix ans de couvent, et Perdican, flanqué de
son gouverneur maître Blazius, rentre au pays avec un quadruple doctorat. Le baron, père de Perdican, souhaite les marier, mais Camille se montre froide. Perdican retrouve, parmi les paysans du village, la jeune Rosette, sœur de lait de Camille.
L’acte II présente les hésitations de Camille et le dépit de Perdican. Camille annonce à Perdican qu’elle ne se mariera pas et qu’elle repart pour devenir religieuse. Mais elle confie à dame Pluche un billet donnant rendez-vous à son cousin. Perdican courtise Rosette, l’embrasse en pleurant. Au rendez-vous près de la fontaine, Camille et Perdican exposent leur vision de l’amour : Camille croit à l’amour divin, le seul fiable, Perdican défend l’amour humain.
L’acte III est celui des mensonges menant à l’aveu de l’amour entre Camille et Perdican et à la mort
de Rosette. Perdican intercepte une lettre de Camille à son amie Louise, où elle écrit avoir désespéré
Perdican en l’éconduisant. Pour se venger, Perdican lui donne rendez-vous et courtise Rosette devant elle (cachée). Pour se venger à son tour, Camille séduit Perdican devant la paysanne cachée (qui s’évanouit). Mis devant ses contradictions, Perdican s’entête et annonce son mariage avec Rosette. Camille, éperdue, s’enfuit dans l’oratoire, suivie par Perdican. Tous deux s’avouent leur amour mais sont interrompus par le cri de Rosette qui meurt. Camille dit adieu à Perdican.
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