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Fiche De Lecture Le Service Social à L'épreuve De La GRH

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Par   •  1 Février 2012  •  2 045 Mots (9 Pages)  •  1 659 Vues

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1. INTRODUCTION

Forte d’une expérience d’une vingtaine d’année en tant qu’assistante de service social du travail, Dominique Paturel s’investit, aujourd’hui, également dans la recherche, au sein d’une équipe en sciences sociales.

Paru en 2010, aux éditions L’Harmattan, Le service social du travail à l’épreuve de la GRH est un livre écrit par Dominique Paturel, en lien avec son travail de recherche.

A travers cet ouvrage, l’auteure questionne la place du service social du travail, dans les entreprises d’aujourd’hui, et les pratiques de la gestion des ressources humaines. Elle propose également la création d’une nouvelle fonction : celle de Tiers social.

2. SYNTHESE DU LIVRE

● Première partie : De la pratique à la pensée

Dans cette première partie, l’auteure fait d’abord état des transformations profondes qui ont touché la société, dans les 30 dernières années. Ces changements ont une incidence forte sur l’organisation du travail, la nature de l’activité, le rapport des salariés au travail et génèrent de nouvelles tensions pour les salariés. En effet, la transformation du marché et de l’entreprise et l’apparition des logiques gestionnaires et managériales ont eu comme corolaire une individualisation des rapports entre le salarié et l’entreprise. De nouvelles performances individuelles (aussi bien intellectuelles que liées à des savoirs-être personnels) sont désormais exigées des salariés. Toutefois, l’évaluation de ces nouvelles exigences est difficilement objectivable et donc fortement anxiogène.

Selon l’auteure, les modalités actuelles de gestion des personnels ne permettent pas d’accompagner les salariés dans la gestion de leur carrière, notamment face aux changements du monde du travail. Les techniques managériales actuelles ne semblent pas prendre la mesure des nouvelles souffrances liées à ces transformations, ni apporter de réponses efficaces à ces souffrances.

Assistante sociale du travail au sein d’un EPST (Etablissements Publics à caractère Scientifique et Technologique), l’auteure constate que, face aux évolutions de l’organisation de la recherche publique, la fonction sociale doit également évoluer au sein des EPST. La question posée en ce début d’ouvrage est celle de la capacité du service social du travail à accompagner ces changements.

Cette première partie est également l’occasion pour l’auteure d’expliquer sa démarche de recherche. S’appuyant sur son expérience de terrain pour réaliser ce travail de recherche et sur une nécessaire distanciation afin d’être objective, l’auteure se définit comme une praticienne-chercheuse et/ ou chercheuse-praticienne.

● Deuxième partie : la fonction sociale en entreprise

Dans la seconde partie, l’auteure dépeint la création du service social du travail. Ce détour par l’Histoire permet de comprendre l’évolution du service social du travail et l’origine du métier d’assistante de service social, ainsi que les liens entre la fonction Personnel et la fonction sociale.

Cette seconde partie rappelle que les premières travailleuses sociales du travail ont été les surintendantes d’usine. Les premières surintendantes ont travaillé dans les usines durant la première guerre mondiale. La création de l’Ecole des surintendantes, en 1917, en France, montre l’importance accordée à la question sociale dans les usines. En effet, à la fin du XIX et au début du XXème siècle, les problématiques affectant la classe ouvrière provoquent les 1ères luttes sociales. La « nécessité de gérer et contrôler cette main d’œuvre » va provoquer l’émergence de différentes lois sociales et d’un service social se démarquant du pouvoir religieux.

Selon l’auteure, les surintendantes d’usines ont été des pionnières de la gestion des risques professionnels et de la gestion du personnel. A côté de préoccupations d’ordre moral et hygiéniste, elles ont, en effet, pu observer les conditions de travail et développer une démarche de prévention vis-à-vis de la question des risques d’accidents au travail et des risques de surmenage.

Le rôle des Ecoles de service social et de l’Association des Travailleuses Sociales (créée en 1922) dans la reconnaissance de la profession de surintendante et l’élaboration d’un diplôme d’Etat est souligné. Cette reconnaissance va permettre à la Fonction Personnel de se structurer par la suite et à la profession d’assistante de service social d’asseoir les bases de son identité professionnelle.

Cependant, les surintendantes seront par la suite concurrencées par la création de deux nouveaux métiers : la conseillère du travail et l’assistante de service social du travail. Seule cette dernière profession continuera d’exister.

Pendant la période des Trente Glorieuses, le service social du travail aura tendance à être rattaché et subordonné au service médical du travail, s’écartant ainsi de sa fonction sociale.

L’organisation scientifique du travail inspiré du Taylorisme va inciter les différents secteurs de travail à se rationnaliser et à uniformiser les pratiques.

De nouvelles spécialisations apparaissent et définissent des fonctions cloisonnées (recrutement, formation, service social) souvent concentrées au siège des entreprises. La fonction Personnel se structure ainsi autour de nouvelles professions. De plus, ces réorganisations éloignent le service social du travail de la réalité des conditions de travail. De nombreux services sociaux du travail sont notamment regroupés en services interentreprises. Par conséquent, les missions du service social du travail se resserrent autour de l’aide individualisée en s’inspirant de la méthode du casework, importée des Etats-Unis.

A partir des années 1975, le modèle de production se modifie et entraîne une transformation de la gestion de la main d’œuvre. Performance, réactivité, réduction des coûts et innovation deviennent peu à peu les nouvelles exigences. La logique de qualification est évincée par la logique de compétence individuelle.

La gestion des services publics est également impactée par ces transformations. La flexibilité et l’efficacité prônées par les nouvelles méthodes managériales soulèvent la nécessité de moderniser la gestion du personnel, dans le secteur public. La rigidité de la fonction publique, notamment liée à la définition des statuts, est remise en cause. La modernisation de la gestion des ressources humaines, dans les organisations publiques, vise

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