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Henri Lefebvre - Le droit à la ville

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Par   •  1 Septembre 2018  •  Commentaire d'oeuvre  •  1 842 Mots (8 Pages)  •  158 Vues

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Le droit à la ville – Henri LEFEBVRE

Présentation de l'auteur et du contexte d'écriture

Philosophe, sociologue, géographe. Fait une carrière de professeur et de 65 à 68 professeur de sociologie à Nanterre (est partie prenante de la révolution de mai 68, et va être un acteur intellectuel de cette pensée qui cherche à dépoussiérer les rapports sociaux). Au milieu des années 60 il réfléchit sur la ville.

Contexte

1947 : Paris et le désert français de J.F Gravier : dénonce la macrocéphalie parisienne, la trop grande polarisation des activités. Cet ouvrage va faire évoluer notre manière de voir la ville, la France. Il enclenche une politique de décentralisation (changement d'organisation, de modèle, de paradigme) : on cherche à rééquilibrer avec la mise en valeur de métropoles de province. On cherche à décongestionner Paris en créant des villes nouvelles qui se situent à quelque dizaine de kilomètres au Nord qui doivent polariser, attirer les populations, les entreprises et ainsi soulager Paris (activités , populations).

L'abbé Pierre a joué un rôle important avec son « coup de gueule » le 1 Février 1954 où il dénonce les conditions de vie de très nombreuses populations en France et fonde Emmaüs qui tentent de soulager le mal vivre de ces populations.

En France, dans les périphéries des villes Françaises on retrouve énormément de bidonvilles à cause :

  • des plaies de la seconde Guerre Mondiale
  •  période d’exode rural important
  • période du baby-boom (croissance démographique en ville qui augmente énormément) et pose des problèmes de logements
  • l'arrivée en France de populations étrangères (besoins de main d'œuvre peu coûteuse et servile) de l’Europe du Sud, Maroc, Algérie, Tunisie, en ville

On cherche à solutionner le manque de logement avec la mise en place d'un programme rapide de construction d'immeubles. Pour les populations qui viennent de la campagne ou des bidonvilles, ces grands immeubles relèvent d'un grand progrès social avec du confort (eau chaude, salle de bain, sanitaires …). Cela va donner naissance à l'expulsion des bidonvilles pour les remplacer par les grandes barres d'immeubles. A cette époque, pas de racisme, pas de criminalité.

L'exemple type est Sarcelles où la population s'entasse. Cette construction de la ville suit une idéologie : il y a un modèle de penser la ville qui date de 1933. En 33, les grands architectes de renom se réunissent et fixent un certain nombre de règles pour la ville : la charte d'Athènes. Un architecte fait parler de lui : Le Corbusier. Il faut construire la ville selon un modèle fonctionnaliste, qu'il faut dupliquer partout dans le monde. On pensera la ville en fonction de 4 besoins : travail, logement, loisirs, circulation. La ville s'organise en différents quartiers spécialisés qui ne se mélangent pas. Pour circuler entre les quartiers on construit de grands axes de circulation. Tout cela rends les flux indispensables.

H.L, lui, s'oppose à cette vision fonctionnaliste de la ville. Qui plus est, HL mène une analyse marxiste, c'est une pensée qui s'oppose à la pensée dominante. Il résonne en termes de classe sociale (lutte des classes). Il souligne particulièrement le rôle de l'histoire dans la construction de ce rapport de force entre les classes sociales, et les cille n'est que le résultat de cette histoire.

En 2017, cette approche Marxiste paraît dépassée, cat la société est plus diverse que deux classes. Il ne faut pas oublier les classes moyennes, entre prolétaires et bourgeois. Cette analyse est donc un peu faible dans son argumentaire.

L’argumentaire de HL à une démarche originale qui s'inspire du marxisme. Dans cette analyse, la première tape est de partir d'enquêtes (travail de terrain), puis on essaye de voir à quel moment dans cette évolution il y a eu rupture (reconstruction de l'histoire avec les ruptures), et finalement on définit les règles, les modèles d'évolution.

L'auteur nous dit que la grande rupture de ce continuum historique est à placer au XVIII car c'est le moment où la classe bourgeoise construit une nouvelle ville de manière à assoir sa supériorité et à exploiter les classes les plus pauvres. Il y a donc un exode rural qui conduit les populations en ville.

Il en va de même pour les révolutions industrielles où la bourgeoisie dirige la majorité de la population dans un mode de vie pauvre. A partir de cette inflexion de la ville, l'urbanité va totalement changer. En latin, urbanitas définit le caractère social de l'individu. Urbain et campagne s'opposent. Urbain = social/ campagne=rustre, seul. La ville change car il y a des rapports de force qui sont importants, on perd donc cette convivialité. HL définit la bourgeoisie comme l'inducteur, qui en place une ville à son profit. La ville ségrégue et, de ce fait, des quartiers marquent la ségrégation. Cette lecture sociale de la société se lit dans la morphologie urbaine.

La ville influence la position sociale : aller/retour entre quartier et société.

Pour HL, cela remonte au 18e siècle.

Ville marquée par la discontinuité :

  • spatiale
  • social


Les deux vont de pair. Ces discontinuités formatent les modes de vie. Lieu de travail et maison différents. « métro, boulot, dodo » = vie aliénante, aliéné. Impossibilité de vivre autrement. Lors de la création des grands ensembles tels que Sarcelles, ce mode de vie va s'accentuer ; ville fracturé, formaté (= mm organisation d'une ville à une autre « ville a la photocopieuse »)

La ville, comme dans les années 60, est lié à ce processus historique.

HL poursuit son argumentaire : On est entré dans la société de consommation, société de loisir. Pour lui, ce modèle économique n'est qu'un « dérivatif imposé par la classe bourgeoise. » : Pendant que nous consommons, tout type de produit ou de loisir, dans cette frénésie de consommation, on n'a plus le temps de réfléchir ou d'être critique, on ne porte plus de l'intérêt qu'à la consommation. Quête, soif incessante de la consommation. Et pour HL, c'est la bourgeoisie qui a mis en place cela, et en attendant c'est eux qui domine et pilote le reste. Le peuple est heureux par ces futilités (accès à la tv, au dernier iPhone...). Notre esprit critique devient secondaire, embrumé par cette volonté de satisfaction.

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