LaDissertation.com - Dissertations, fiches de lectures, exemples du BAC
Recherche

Patterns of culture

Commentaire d'oeuvre : Patterns of culture. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  12 Décembre 2018  •  Commentaire d'oeuvre  •  2 294 Mots (10 Pages)  •  181 Vues

Page 1 sur 10

JEGOUX Laure[pic 1]

Dossier écrit – TD Etude de Textes – Chargée de TD : Mme. Pedezert

Ruth BENEDICT

Patterns of Culture


[pic 2]

Ruth Benedict

Ce document a pour objectif d’expliquer et de

Nous commencerons par une biographie de l’auteur, puis par une contextualisation de l’œuvre, s’en suivra son explication, apports et critiques. Nous allons dans ce document discourir à propos d’un ouvrage de Ruth Benedict : Patterns Of Culture (1934) :

Ruth Benedict est l’une des anthropologues américaines les plus connues du XXème siècle. Elle naît à New York en 1887 et obtient en 1909 un premier diplôme de littérature anglaise. A l’époque elle fait publier des poèmes qu’elle écrit sous le pseudonyme d’Anne Singleton. Elle devient enseignante mais s’ennuie rapidement et reprend ses études après un épisode dépressif, études d’Anthropologie à la New School for Social Research sous la tutelle d’Elsie Parsons (la première femme à avoir jamais dirigé l’American Anthropological Association). Elle devient plus tard l’assistante de Franz Boas à l’Université Columbia, où elle apprend l’Anthropologie physique, culturelle, l’archéologie et la linguistique ; le tout avec l’approche culturaliste caractéristique de Boas, mais aussi avec humanisme, son début de parcours étant surtout littéraire.

Elle participe aux côtés notamment de Margaret Mead (à considérer comme complémentaire à Benedict) et Edward Sapir (qui deviendra linguiste diffusionniste) à la Culture and Personality School of American Anthropology. Celle-ci descend directement de Boas et a pour particularité d’enseigner le relativisme culturel en même temps que des théories du domaine de la Psychologie : c’est le début de la Psychological Anthropology. Les sujets d’étude de cette école concernent la façon dont les cultures développent leur propre modèle d’identité humaine, ainsi que les liens entre environnement culturel et personnalité individuelle ; il donnera naissance au mouvement configurationiste de l’Anthropologie américaine.

Benedict, de son côté s’intéresse aux attitudes fondamentales universelles de l’individu, plutôt qu’aux relations fonctionnelles de chaque objet culturel avec le « modèle de culture» (ce dernier concept sera développé en seconde partie). Afin de produire ses propres données et malgré la quasi-surdité qui lui rendit toujours très difficile ce genre de recherche, elle s’intéressa pendant onze ans de terrain à de nombreuses civilisations natives américaines de la côte Ouest des Etats-Unis, parmi lesquelles Pueblo, Apache, Pima et Serrano pour baser son premier livre Tales of the Cochiti Indians (1931), et son œuvre en deux volumes Zuñi Mythology (1935).

Elle devient en 1947, six ans après sa tutrice Elsie Parsons, présidente de l’American Anthropological Association, et meurt un an plus tard à New York, en 1948 de retour de voyage en Europe. Elle est remémorée aujourd’hui comme spécialisée dans les cultures européennes et asiatiques, comme une anthropologue humaniste et une fervente protectrice du camp de la culture, dans le débat inné/acquis (nature/culture) qui lui était contemporain.

Patterns of culture

En 1934, Ruth Benedict publie le premier des deux livres les plus importants de sa carrière : Echantillons de Civilisations (originellement intitulé Patterns of Culture). Le second, dont nous ne parlerons pas dans ce document, sera nommé Le Chrysanthème et le Sabre (1946). Quoi qu’il en soit, Echantillons de Civilisations fit couler beaucoup d’encre et connut un grand succès à sa sortie, fut traduit en 14 langues et reste encore aujourd’hui un ouvrage majeur de l’Anthropologie américaine. Sa publication s’inscrit dans une époque où l’évolutionnisme commençait à se faire oublier sous la pression des diffusionnistes (notamment Boas et Kroeber au début de leur carrière) puis des culturalistes (ces mêmes personnes quelques années plus tard). Tous deux étaient principalement américanistes, travaillant sur des peuples amérindiens : du Canada pour Boas, et de Californie pour Kroeber. L’idée principale du diffusionnisme veut que la culture se propage, se diffuse en même temps que les peuples : si des fragments de culture (outils, rituels,…) se retrouvent à deux emplacements différents, dans deux civilisations séparées mais géographiquement proches, alors on pourrait formuler que ces deux civilisations ont eu à un moment donné une histoire commune (e.g : commerce, migrations ou guerres). Le culturalisme quant à lui, considère que les individus forgent leur personnalité propre à partir de la culture qui les englobe : le phénomène de socialisation modèlerait à l’aide d’un conditionnement, les comportements, pensées et normes pour une meilleure adaptation et efficience dans le milieu socio-culturel. Ce conditionnement, comme dans la théorie de Skinner (1953), indiquent qu’un comportement sera plus ou moins souvent reproduit en fonction de s’il est plus ou moins valorisé, encouragé au moment de son expression. Benedict est culturaliste, plus précisément configurationiste : elle et Boas définissent une configuration comme un phénomène de connaissance des attitudes valorisées qui contrôle les comportements individuels et de groupe. Dans son ouvrage, elle cherche à décrire le fonctionnement de la culture comme similaire à celui de la personnalité, puis prend un moment pour souligner quelques  aspects méthodologiques importants : l’utilité des études comparatives et la notion de relativisme culturel (qui était assez nouvelle à son époque).

Pour développer sa première théorie, elle s’appuie sur les données de trois peuples : les Zuñis des Pueblos amérindiens, qu’elle a eu l’occasion d’étudier de près durant l’une de ses périodes de terrain, entre 1924 et 1926 ; la civilisation Dobu, étudiée par Mead et Fortunes en Nouvelle Guinée ; et enfin les Kwakiutls du Nord-Ouest Pacifique, observés principalement par Boas.

Finalement, de son livre ressortent trois grands axes :

  1. La  culture est à voir comme « Personality-writ large »

Alors qu’elle étudiait diverses civilisations amérindiennes, Benedict s’est aperçue d’une grande différence de comportement culturel entre deux groupes, les indiens Pima et les indiens Pueblo. Les Pima, comme la plupart des autres sociétés amérindiennes, écrit-elle, prônaient l’excès et l’exaltation alors que les Pueblo semblaient plus axés sur l'harmonie et la modération. Dès lors, elle proposa que la culture ne soit pas à voir comme « une matrice au sein de laquelle les personnalités particulières s'organisent, mais comme ayant elle-même une personnalité propre sur une échelle plus vaste » (-Universalis). Elle emprunte alors à Nietzsche ses catégories Dyonisiaque et Apollonien pour décrire respectivement les cultures Pima et Pueblo, puis forme ses propres cases de personnalité culturelle lorsqu’elle qualifie de paranoïde la culture Dobu, et de mégalomane celle des Kwakiutls.

...

Télécharger au format  txt (16 Kb)   pdf (416.6 Kb)   docx (255.7 Kb)  
Voir 9 pages de plus »
Uniquement disponible sur LaDissertation.com