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Commentaire de texte de Jacques Ellul

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Par   •  10 Mars 2016  •  Commentaire de texte  •  1 790 Mots (8 Pages)  •  2 954 Vues

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Commentaire de texte de Jacques Ellul

Dans une première partie, qui forme l’introduction de son propos, Jacques Ellul définit la technique ainsi que la vision de cette dernière, point de départ de sa réflexion.  La technique est pour lui un système à part entière qu’il faut voir dans son ensemble pour ne pas commettre d’impaire. En effet chaque élément est au service de l’ensemble tout comme l’ensemble est au service de l’élément en particulier si bien que tout changement de l’un impact l’autre. Cependant cette technique ne possède pas toutes les caractéristiques d’un  système organisé : il lui manque la capacité de rétroaction. Sur ce point je rejoins totalement l’auteur et j’espère que cela sera toujours le cas sans quoi l’Homme deviendrait alors inutile et ne pourrait plus se permettre de faire des erreurs. Ce point soulevé par Ellul pourrait faire l’objet d’un débat éthique à part entière au même plan que les débats sur l’intelligence artificielle ou le « Trans humanisme » qui en y réfléchissant bien ne sont que des exemples d’un système technique capable de rétroaction. Néanmoins l’auteur nous propose ici d’essayer de construire une « nouvelle éthique «  qui serait en accord avec notre société actuelle, ce système technique qui ne cesse d’évolue. Même si je partage totalement son idée de devoir repenser l’éthique du système dans lequel nous vivons au vue des nombreux bouleversements qui le secouent, je ne suis pas d’accord avec le fait de dire qu’il est inutile « d’apprendre à utiliser bien ou selon le bien » un élément du système. En effet, travailler sur un élément en particulier peut parfois mettre en avant des dysfonctionnements ou encore des conséquences qui vont bien au-delà de ce simple élément. C’est par exemple le cas pour certains matériaux comme l’amiante et le plomb. Leurs conséquences néfastes sur l’organisme ont amenés les scientifiques à faire plus de recherches et d’expériences sur les matériaux utilisés dans les lieux de vie et manipuler par les métiers de la construction.  

Maintenant que le système technique a été défini l’auteur met en avant certaines idées reçues dont il faut se défaire pour pouvoir réfléchir sur une réelle éthique technicienne. La plus importante des méprises est celle qui consiste à considérer la technique comme « un simple outil neutre ». En effet, cela laisserait supposer que l’Homme est capable de maîtriser la technique or il faut bien se rendre à l’évidence que de nos jours nous ne contrôlons pas grand-chose. Comme le dit très bien Ellul, nous avons aussi encore l’illusion de croire que c’est nous qui fixons le but des sciences ou de la technique et que ces derniers ne sont que des moyens pour y parvenir. Mais en réalité les évolutions de la technique  poursuivent certes des buts parfois bons pour l’humanité mais jamais elles n’auront la finalité de répondre à l’éthique. C’est pourquoi l’auteur nous dit que « les experts de l’éthique » n’ont pas de voix à la table des spécialistes de la technique. C’est d’autant plus vrai que l’homme se pose rarement les bonnes questions. Néanmoins je pense qu’il est possible d’éveiller la conscience de chacun, je ne peux citer un autre exemple que le nôtre, élève ingénieur. En effet, nous faisons partie de ce système technique et nous l’intégrerons d’autant plus quand nous serons diplômés et dans le monde actif. Nous serons par conséquent des spécialistes de la technique mais nous aurons aussi des « compétences », un « savoir-faire » éthique car dans notre cursus nous avons appris à nous questionner à prendre conscience de nos valeurs, qu’il existe plusieurs système de valeurs et surtout qu’il existe une éthique. Ainsi en tant qu’ingénieur et donc manager d’équipe il est de notre devoir de transmettre cette compétence à nos collègues, nos associés pour qu’ils soient pleinement aptes à définir leur propre système de valeur et se conduire selon leur éthique. Nous pourrions alors éviter d’être soit des techniciens soit des moralisateurs mais choisir d’être un technicien éthique.  

Mais il faut aussi prendre conscience du fait que le système technique dans lequel nous évoluons, nous affecte et nous a déjà changés. En effet, nous sommes conditionnés pour vivre et s’adapter aux changements de la technique, si bien que ceux qui échouent se retrouvent exclus de la société. Ce fut, par exemple, le cas pour les personnes âgées avec les nouvelles techniques de télécommunications. Cependant pour que l’Homme puisse s’adapter pleinement à ce système technique il faudrait qu’il oublie tout ce qui fait de lui un homme, c’est-à-dire, ses sentiments, ses croyances, ses valeurs et de par cette constatation je ne peux être d’accord. Pour ma part, il est inconcevable de renier tout ce que je suis pour pouvoir à long terme qu’une machine soit plus évoluée et en vienne à me dicter la façon dont je dois me conduire.

Force est de constater que nous dérivons pourtant vers une éthique technicienne qui incite l’homme à se servir du système technique. Cette morale trouverait son fondement dans des règles de techniques précises et non dans des principes moraux. Cette éthique demanderait donc aux hommes de passer outre les problématiques « habituelles » c’est-à-dire celle du bien et du mal par exemple. Le deuxième principe que l’on peut citer est celui que seul l’homme est capable du mal et non la technique, ce qui à priori parait plausible, et que donc se sacrifier pour la technique est un acte tout à fait louable. D’autant plus que la technique nous assure un futur de bonheur. De ces deux « préceptes » découlent tout un système de valeur qui est opposé à celui que l’on peut connaître de nos jours. Dans ce système tous les traits de personnalité des individus sont gommés mettant en avant des capacités ou des savoirs faire plutôt qu’un savoir être ou des sentiments. C’est pourquoi cette nouvelle morale tend plus à être un impératif de comportement, pour reprendre l’expression de l’autre que je trouve très juste.

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