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Se construire et contruire (franc-maçonnerie)

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Par   •  27 Avril 2019  •  Discours  •  1 515 Mots (7 Pages)  •  134 Vues

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Se construire et construire

V∴ M∴ et vous tous mes F∴ F∴, en vos degrés et qualités,

J’en appelle maintenant à votre imagination. Et si la démarche maçonnique toute entière était condensée en un court intitulé ? Et si sa quintessence, sa substantifique moelle pouvait être résumée en à peine quelques mots ? Cela pourrait-il être le thème de cette planche, « Se construire et construire » ?

Dans ce cas, tout serait alors dit. Aurais-je alors du flair ou – disons – du nez en m’imaginant entendre de votre part :

« Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… Oh ! Dieu ! Bien des choses en somme… ».

Alors pour vous donner matière, j’espère à réflexion, j’appréhende à questions, plongeons-nous dans ces constructions.

Le terme de maçon renvoie sans ambiguïté à la construction. Les maçons opératifs, auxquels nous nous référons pour baser notre symbolisme aux premiers degrés, sont apparus dès lors que l’Homme primitif est sorti de sa caverne pour ériger son groupe d’appartenance en villages, puis en cités. L’Homme a construit. Des habitations pour se protéger de son environnement, des granges pour protéger ses récoltes et son bétail, et puis en dehors de toute considération purement pratique et matérielle, des temples pour honorer et se rapprocher des dieux. Dans ce cas, les maçons opératifs montraient toute l’étendue de leur savoir-faire. Les temples aux dieux devaient rendre visible la pleine maîtrise de leurs arts, quel qu’en soit l’époque, et tendre vers la perfection.

La constitution de la Grande Loge de France, en son premier chapitre, déclare que la F∴M∴ a pour but le perfectionnement de l’Humanité, que les francs-maçons travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel.

Il s’agit donc, dans un cas comme dans l’autre, de construire. Construire au sens propre dans le premier, au sens figuré dans le second. Encore que… est-ce à prendre au sens figuré ? Après tout, si nous nous appelons maçons, que construisons-nous ?

En premier lieu, le F∴ M∴ se construit lui-même, car par humilité autant que par praticité, construire une grande œuvre ne saurait s’accomplir sans maîtriser la construction des éléments qui la composeront. Il est tout à la fois le matériau et l’ouvrier de l’œuvre maçonnique qu’il commence, depuis son initiation, du latin initium qui signifie commencement, sur le parcours.

Le F∴ M∴ se construit depuis qu’il a frappé à la porte du Temple, en quête de lumière, la lumière de l’initiation, porte de la connaissance des lois de l’univers et des vérités essentielles. Il est la pierre brute qu’il dégrossit en même temps qu’il est le tailleur qui manie les outils symboliques de l’apprenti : le ciseau du discernement et le maillet de la volonté, la règle à 24 divisions de la temporalité, des 24 heures de la journée à employer à bon escient, en suivant l’axe vertical, introspectif, de la perpendiculaire qui l’invite, comme le mentionnait le fronton du temple de Delphes ou le sens de VITRIOL, à se connaître lui-même pour, en rectifiant, en ôtant les aspérités de sa pierre brute, devenir ensuite une pierre taillée et peut-être un jour, connaître l’univers et les dieux.

Le F∴ M∴ se construit à travers le maniement des outils précités, certes. Mais il se construit aussi à travers la pratique du REAA, qui donne une structure à la construction maçonnique et, c’est à mon sens ce qui fait la beauté de la démarche et la raison première de nos tenues, il se construit à travers les autres. Lire, comprendre, donner du sens et s’approprier le symbolisme du carnet d’instruction de l’apprenti donne une base au travail. Confronter ce travail à la lumière de ses F∴ F∴ bienveillants et prompts à transmettre leur propre appréhension des symboles est tout aussi essentiel. Travail sur le symbolisme maçonnique, pratique régulière du rite et échanges et transmissions avec les F∴ F∴, trois piliers pour se construire, trois comme le nombre de l’apprenti.

Le travail d’apprenti, consistant à établir les premiers travaux de sa construction, est fondamental car pour toute construction, c’est le soin apporté aux fondations qui la rend à l’épreuve du temps. Quitte à les détruire pour en édifier de plus solides, plus profondes ou sur un terrain plus propice. D’ailleurs, ne disons-nous pas que nous sommes d’éternels apprentis ?

Ce faisant, en se construisant lui-même, en faisant mourir le vieil homme dans l’espoir de faire naître l’homme nouveau, le F∴ M∴ construit son temple intérieur, la substantifique moelle de son moi en ce qu’il a de plus noble, débarrassé de tout métaux, ignorance, ambition démesurée

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