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Mai 68 et ses classifications

Commentaire de texte : Mai 68 et ses classifications. Recherche parmi 303 000+ dissertations

Par   •  20 Février 2026  •  Commentaire de texte  •  1 767 Mots (8 Pages)  •  10 Vues

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Les grèves de mai-juin 1968 ont réuni plus de 7 millions de grévistes en France, faisant de cette période le plus grand mouvement social et politique de l'histoire française. L'*Encyclopédie Larousse* a regroupé et détaillé les nombreuses étapes de la période dans un dossier : "*Evénements de mai 1968*".

D'une part, le mouvement s'avère au départ étudiant. Influencé par les manifestations du campus de Berkeley aux Etats-Unis ( depuis 1964, de violents regroupements ont lieu contre la guerre au Vietnam), le 22 mars 1968, Daniel Cohn Bendit et des camarades d'autres syndicats politiques comme l'UNEF se mobilisent contre les conditions plus que instables dans lesquelles les étudiants sont forcés de vivre ( système et instruction fragile, augmentation de la sélectivité...). L'auteur de ce passage de l'Encyclopédie Larousse précise : "Isolé au milieu d'un immense bidonville, ce campus (Nanterre) s'avère propice à la fermentation politique et au développement de mouvements d'extrême gauche, qui prônent la révolte contre l'institution universitaire". L'université de Nanterre est obligé de fermer le 2 mai. Dès le lendemain, les manifestations se déplacent dans le centre de Paris, le mouvement devient donc d'ampleur nationale et les attaques de la police deviennent de plus en plus fréquentes et violentes ( le 3 mai, plus de 500 étudiants de la sorbonne sont arrêtés, l'usage de cocktail molotov et de pavés devient principal dans les confrontation. Dans la nuit du 10 au 11 mai, les CRS chargent et font plusieurs centaines de blessés). Même si les revendications et le mouvement en règle général intéresse nombreuses sphères en tout genre, le mouvement reste purement étudiant jusqu'au 14 mai.

Dans un second temps, la crise de 68 s'étend au monde ouvrier jusqu'à devenir une grève générale. Les revendications qui sont au centre de leur mouvement se concentrent autour du changement des liens sociaux qu'ils entretiennent avec leurs patrons ainsi qu'une augmentation des salaires. A partir de la seconde moitié du mois de mai, à Nantes, un groupe de grévistes prennent par la force leur usine, encourageant d'autres ouvriers à faire de même. Du 15 au 22 mai, on compte plus de 7M de grévistes. Une telle participation réussit à la création des accords de Grenelles du 25 au 26 mai ( augmentation du salaire minimum de 35% et augmentation des salaires de 10%). Même si on peut penser à une victoire et une écoute de leurs revendications, les manifestants voyaient plus large, les étudiants comme les ouvriers avaient espoir de réformer les institutions et les rapports entretenus.

Finalement, mai 68 devient une réelle crise politique qui concerne le pays tout entier. Concernant la politique du pays, le mouvement a crée une instabilité énorme et une reconsidération de celle mise en place. Le 30 mai, Degaulle dissout la chambre, après des regroupements importants ( notamment dans le stade de Charlety, ou plus de 30 000 grévistes se sont rejoins). Cependant, par manque d'organisation et par divergence d'opinions, la gauche de mai 68 est en incapacité de paraître attrayante à tout types d'électeurs. Lors des élections re-organisés, la droite gagne, laissant derrière elle, un climat de défaite pour tous les participants au mouvement de mai 1968.

2 - La mémoire persistante concernant le type de militants lors des manifestations de mai 1968 est remplie de préjugés et est plutôt faussé de la réalité. Selon un entretien de *Olivier Filleule* nommé *Portraits de famille de "piétons de mai"* publié en avril 2018, le "militant type" de mai 68 n'est pas un étudiant de la Sorbonne ayant seulement manifesté dans le quartier latin car le "militant type" n'existe pas. Selon ses recherches, Olivier Filleule définit les trois types principaux de manifestants ayant participé au mouvement social de 1968 :

Dans un premier temps, les ouvriers ( parfois employés plus tard) nés dans les années 30. De tradition de gauche catholique, correspondent à une catégorie de personnes qui pendant les gréves voulaient défendre leurs intérêts et ceux des ouvriers en règle général. Ils continuent de s'engager dans des syndicats pour d'autres causes de gauches dans les décennies qui poursuivent.

La seconde catégorie représente les jeunes employés ( qui plus tard travaillent dans les institutions ou comme cadres moyens), à l'époque d'extrême gauche, très alertés sur les conditions et questions politiques de gauche ( et qui continuent de l'être même si plus modéré). Ce groupe est l'un des pionniers de la révolution sexuelle car majoritairement composé de femmes. Cependant, ces jeunes employés sont souvent "déclassé" après mai 68 car malgré le fait que la plupart possèdent des diplômes plus ou moins prestigieux, ils mettent leur engagement politique sur le devant de la scène, souvent avant leurs professions.

Finalement, il considère également que les lycéens et étudiants ont une place primordiale dans les gréves de mai-juin 1968. Très souvent d'extrême gauche ( communistes trokistes et maoïste pour la plupart), ils sont restés avec autant de conviction dans les années qui succèdent le mouvement ( en incluant les questions sociales et syndicales à leurs métiers ( de la fonction publique ou "avocat civilistes" pour reprendre les exemples de l'entretien)).

Selon ses recherches, Olivier Filleule définit les trois grands types de militants de mai 1968 en fonction de caractéristiques fréquemment retrouvé chez les participants : on y retrouve donc des ouvriers, des employés, des étudiants et lycéens.

3 - Selon plusieurs historiens, la "révolution de la parole" a une place centrale dans les

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