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L'armée a-t-elle le monopole du patriotisme ?

Dissertation : L'armée a-t-elle le monopole du patriotisme ?. Recherche parmi 233 000+ dissertations

Par   •  19 Octobre 2019  •  Dissertation  •  3 173 Mots (13 Pages)  •  62 Vues

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L’armée a-t-elle le monopole du patriotisme ?

« Nous devons retrouver toute la force mobilisatrice et le sens profondément moderne du mot patriotisme: aimer son pays, en être fier, agir pour lui ». C’est ce qu’a déclaré Jacques Chirac lors de son discours du 31 décembre 2005 au moment de faire le bilan de l’année passée et d’annoncer les projets de l’année suivante.

Le patriotisme a toujours été une valeur prônée et valorisée par les États mais cependant cela reste une notion vaste. Dans nos sociétés modernes où l’individualisme monte en puissance, le sentiment d’appartenance à son pays peut permettre d’unifier toute une patrie, mais encore faut-il en connaître les différentes formes et celles qui tendent à s’effacer pour laisser la place à de nouvelles plus en accord avec l’évolution de nos sociétés.

Le patriotisme s’entend comme un sentiment d’appartenance, d’attachement  son pays. Sa persistance est généralement attribuée à sa fonction de maintien de la cohésion du groupe national au service de l’État, dans la mesure où il favorise le respect des obligations civiques dans la société.

Du grec, monos, seul et polein vendre, le monopole désigne est une situation, notamment économique, dans laquelle la concurrence n’existe pas. Plus généralement, cela désigne la possession exclusive de quelque chose.

L’armée, quant à elle, est une organisation structurée d’individus armés visant à conquérir ou à défendre un territoire, détruire ou protéger d’autres unités militaires ou des unités civiles. En France elle constitue la puissance militaire de la République Française et se décomposent en 4 branches : l’Armée de Terre, la Marine Nationale, l’Armée de l’Air et la Gendarmerie Nationale.

L’attachement et le dévouement envers sa patrie a toujours fait partie intégrante de la construction française et l’armée a souvent été associé à cette idée mais cependant, aujourd’hui dans un monde aux multiples enjeux, et plus simplement militaires, la question de la place de la défense du territoire semble être contestée par l’évolution de la société qui tend vers l’individualisme.

L’armée a historiquement toujours tenu ce rôle d’acteur principal du patriotisme de par les valeurs qu’elle tend à défendre, mais cependant, avec les changements sociétaux le patriotisme militaire ne semble plus occuper la même place ni avoir la même importance que d’antan, il semblerait même que de nouvelles formes de patriotismes soient apparues et répondent plus aux enjeux actuels. Mais face à ce déclin du patriotisme militaire, de nouvelles mesures veulent renouer avec cette tradition historique.

Il s’agira pour répondre à cette problématique d’étudier la forme la plus ancienne de patriotisme (I), qui est maintenant concurrencée par d’autres formes répondant aux nouvelles problématiques de la société (II) avant de s’intéresser aux moyens pour renforcer le sentiment même de patriotisme (III).

La défense du territoire serait-elle la seule forme de patriotisme ? Existerait-il une autre manière d’exprimer l’attachement dans son pays plus en accord avec l’évolution de nos sociétés ?

  1. L’armée représente la forme la plus ancienne de patriotisme
  1. La notion du héros militaire : symbole du patriotisme

Le patriotisme est lié à la dimension militaire d’une Nation. C’est un paradigme valable absolument partout dans le monde et aussi bien à travers l’histoire des nations les plus anciennes que des plus récentes.

Au 19ème et 20ème siècle, le patriotisme s’est nourri de l’injonction de défendre le territoire national dans les conflits militaires, tout en étant placé dans des processus de construction nationale. Le patriotisme passait par l’armée et les symboles militaires et amenait l’idée du sacrifice de soi.

La naissance de l’amour de sa patrie est difficile à dater mais semble être intervenu vers le Haut Moyen Âge comme peut en témoigner du Bellay dans le Pléiade qui regrettait sa « province » mais considérait que la patrie c’était le service du prince.

Rousseau a essayé de définir cette notion dès 1751 mais a très vite déviée sur des considérations relatives à la guerre, l’héroïsme et la gloire. Pendant des centaines d’années, les sociétés ont été animées par les conquêtes de territoire et donc a fortiori la défense de leur territoire. Le passage à la guerre était une fierté pour la famille et pour le pays. Le culte du héros s’est développé envers ses personnes qui ont réalisé des actes héroïques et ont ainsi marqué les mémoires.

C’est à ce titre que chaque deuxième dimanche de mai on célèbre pour la journée du patriotisme Jeanne d’Arc, aussi appelée la Pucelle d’Orléans après la publication de l’ouvrage « Le Fort inexpugnable de l'honneur du sexe féminin » de François de Billon en 1555.

Mais cette image du héros a duré jusqu’aux dernières grandes batailles du 20ème siècle. En effet la Première Guerre Mondiale a été l’une des vraies guerres comme il était possible d’en trouver d’antan. Les armées ont combattu pendant des mois au péril de leur vie et certains en sont ressortis comme des héros comme notamment le Général Charles De Gaulle.

Lieutenant en 1914 puis capitaine en 1915, il rejoint le 33ème régiment d’infanterie où il fut plusieurs fois blessé lors de batailles et certaines fois grièvement. Il a été cité à l’ordre de l’armée et est décoré en 1919 après 2 ans et demi de captivité. Il a surtout marqué les français lors de la seconde guerre mondiale avec son fameux appel du 18 juin 1940.

Face à la défaite de la France, il décide de de lancer son appel à ne pas capituler et à le rejoindre en Angleterre pour continuer la guerre. Il prononcera alors que « Quoi qu'il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ». Charles de Gaulle incarne parfaitement l’image du héros militaire, du patriote qui se bat pour son pays et pour sa liberté.

  1. Situation d’après-guerre

Dès l’après Première Guerre Mondiale, le pacifisme a été nourri d’antimilitarisme et a gagné dans les consciences. Avec la fin de la seconde guerre mondiale, il y a eu une volonté internationale d’instaurer une paix mondiale et donc de limiter l’armement. La Guerre Froide et les traités sur la limitation de la course à l’armement signés par les États-Unis et l’URSS ont permis le frein de la militarisation dans beaucoup de pays dont la France.

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