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Platon, dialogue entre Socrate et Théodore

Cours : Platon, dialogue entre Socrate et Théodore. Recherche parmi 283 000+ dissertations

Par   •  2 Septembre 2013  •  Cours  •  1 707 Mots (7 Pages)  •  1 626 Vues

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I. Idée principale de ce texte et comment elle est établie

Ce texte est un dialogue entre Socrate et Théodore, élève de Protagoras et précepteurs de Théétète et de Platon. Il se distingue nettement de ce qui le précédait par être un entretien entre adultes, donc "sérieux". Ce dialogue contient les critiques les plus importantes contre la théorie attribuée à Protagoras, ami de Théodore, d'où l'intérêt qu'un adulte, qui est de surcroît un ami de Protagoras, garantisse en quelque sorte la solidité de ces critiques

La trace d'un combat contre les sophistes

Dans toute l'œuvre, on retrouve plusieurs attaques contre les sophistes. Socrate compare le sage et le rhéteur : le premier sera ridicule dans un tribunal, il ne saura même pas s'y rendre. En revanche, le second y brillera. Mais si le sage ne sait rien des réalités terrestres, c'est qu'il a passé son temps à méditer.

Une cité peut parfaitement décider à son gré de ce qu’elle considère comme légal, ou pieux, ou juste, et ce sera alors bien tel pour elle, mais qu’elle décide que cela lui est avantageux, voilà qui n’est pas en son pouvoir : ce sont les faits qui en décideront (172a-b). Ainsi, la condamnation de Socrate sera juste au regard de la loi d’Athènes, et c’est pour cela qu’il s’y soumettra, mais qu’elle soit bénéfique pour la cité, c’est très précisément ce qu’il contestera dans son plaidoyer.

II. Explication des passages

a/ 1er passage

Par la raison que les uns ont toujours ce que tu viens de dire, du loisir, et conversent ensemble en paix tout à leur aise ; et de même que nous changeons maintenant de discours pour la troisième fois, ils en font autant lorsque le propos qui survient leur plaît davantage, ainsi qu'à nous; et il leur est indifférent que leur discours soit long ou court, pourvu qu'ils parviennent à la vérité.

Philosophe et rhéteur s’opposent comme liberté et servitude : à l’un le loisir (skholê, d’où vient l’école), à l’autre l’affairement. L’un est maître de son temps (en quoi consiste, selon Platon, la liberté, et non dans la richesse), l’autre est esclave du temps (la clepsydre, qui mesure à l’assemblée du peuple comme au tribunal le temps de parole des orateurs). Parole servile qui flatte l’auditoire (“...savants aux paroles qui flattent le maître, aux manières de faire qui l’enjôlent, leur font des âmes rabougries et tordues”, 173a et les “spectateurs”, qui “se tiennent en maître” en face des poètes, 173c), parole libre qui n’obéit qu’aux raisons du libre examen.

Le but de philosophes est d’atteindre la réalité. Dans la République X de Platon, Platon explique qu’il existe 3 types de lits :

-le lit « idéel » : celui qui existe en idée, en concept

-le lit réel : copie du lit idéel, le lit que le menuisier construit

-le lit que le peint le peintre : copie du « réel » qui est copie de « l’idéel »

La seul réalité pour Platon est le lit idéel

Un simulacre désigne un certain degré de la réalité mais ce n’est pas la réalité, c’est la copie de copie.

L’idée n’existe pas dans le le réel, c’est une construction théorique.

b/ 2ème passage

(il y va toujours de quelque intérêt personnel, souvent même [173a] de la vie ; tout cela les rend âpres et ardents, habiles à gagner leur maître par des paroles flatteuses, et à lui complaire dans leurs actions) : mais ils n'ont ni droiture, ni grandeur d'âme ; car la servitude où ils s'engagent dès leur jeunesse les empêche de se développer, leur ôte toute élévation et toute noblesse, en les contraignant d'agir par des voies obliques; et comme elle expose leur âme encore tendre à de grands dangers et à de grandes craintes, qu'ils n'ont pas assez de force pour affronter au nom de la justice et de la vérité, ils ont recours de bonne heure au mensonge et à l'art de se nuire les uns aux autres;

III. Problème abordé par le texte

Dans ces conditions, pouvons-nous encore parler de « digression », lorsque, après avoir

montrer que même Protagoras doit admettre que les cités ont besoin de conseillers pour les

aider à déterminer, sinon ce qui est juste pour elles, du moins ce qui leur est utile (172a-b),

Socrate nous présente le portrait de deux de ces soi-disant conseillers, l’un qui se targue de

Rhétorique, l’autre de philosophie, pour nous remettre en mémoire les développements du Phèdre sur la rhétorique, de la République sur le philosophe-roi, et du Phédon sur l’assimilation au divin, et nous mettre en garde une fois encore contre les travers que peuvent engendrer ces prétentions mal dirigées, et d’autant plus pernicieuses qu’elles se parent de plus nobles habits(celui du philosophe en l’occurrence, auquel tout le monde s’est laissé prendre) ?...

N’est-ce pas son procès que Socrate rejoue devant nous, dans la sphère de la pensée et sans l’écoulement fatidique de l’eau de la clepsydre, devant des auditeurs qui ont pris le temps cette fois de méditer ses enseignements au fil des cinq tétralogies

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