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Peut-on parler de refuser de travailler aujourd'hui en France ?

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Par   •  6 Septembre 2014  •  Analyse sectorielle  •  1 863 Mots (8 Pages)  •  587 Vues

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Peut-on parler de rejet du travail aujourd’hui en France ?

I. Le travail a perdu de son importance dans notre société…

A. L'avènement de la société de consommation a remis en cause le rôle du travail et a certes, amené une perte de valeur.

À partir de la révolution industrielle, le travail a été considéré comme le pourvoyeur de tous les biens et services utiles à l'homme. À une époque où le niveau de vie était très bas, se procurer le minimum pour vivre devenait une nécessité absolue que, pour beaucoup, seul le travail pouvait garantir. D'où son rôle fondamental et une valeur très élevée qui lui étaient accordés. Mais avec la hausse du niveau de vie et l'avènement de la société de consommation, le strict nécessaire semble assuré à la plupart avec une quantité de travail bien moindre. Il est alors possible de diminuer la durée du travail qui, en France et du début à la fin du XXe siècle, a été divisée environ par deux en nombre d'heures annuelles, et bien davantage si l'on compte le nombre d'heures de travail effectuées au cours d'une vie. Le travail se situe ainsi moins au centre de l'existence des individus et l'on assiste à l'avènement d'une société de loisirs. Les individus peuvent même choisir d'arbitrer entre travail et temps libre, ce qui ne pouvait être envisagé du XIXe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle.

À mesure donc que la volonté de disposer de plus en plus de temps libre augmente dans la société, le travail régresse dans la hiérarchie des valeurs. Le débat sur les 35 heures illustre bien ce phénomène. Au départ, l'idée avancée était celle du partage du travail, valeur fondamentale dont chacun devait pouvoir profiter. Mais devant l'efficacité discutée et même contestée de cette mesure pour réduire le chômage, le mérite essentiel des 35 heures semble être d'améliorer la qualité de la vie en réduisant le temps de travail, pour s'occuper davantage de soi et de sa famille, pour vivre mieux. Ce débat souligne ainsi l'affrontement entre des valeurs plutôt axées sur l'individu et la famille d'une part et des valeurs fondées sur le travail. Maslow a montré dans les années 1960 que les individus cherchent d'abord à satisfaire leurs besoins vitaux, le travail leur apparaissant alors comme une nécessité absolue ; puis, avec la hausse du niveau de vie, des aspirations plus qualitatives prennent le dessus, que le travail n'est plus en mesure de satisfaire et qu'il peut même contrarier. La recherche d'une meilleure qualité de vie qui accompagne donc le développement économique est de nature à remettre en cause la place du travail dans la hiérarchie des valeurs, et ce d'autant plus que l'on a assisté depuis une trentaine d'années à une dégradation du travail.

B. La montée du chômage, de la précarité, les nouvelles formes d'emploi remettent en cause la place du travail

Depuis le début des années 1970, le chômage est devenu une des préoccupations essentielles de la population dans tous les pays développés. Si cela souligne l'importance du travail, cela aboutit aussi, lorsqu'une partie importante de la population est exclue de l'emploi et parfois pour une longue durée, à faire régresser la place du travail dans la société, avec la volonté de trouver de nouvelles fondations pour bâtir le lien social. Ce chômage s'accompagne d'une détérioration des conditions de travail. La précarité est en constante augmentation. Les contrats à durée indéterminée, s'ils demeurent la norme et s'ils concernent toujours la très grande majorité de la population active, sont de moins en moins nombreux, surtout pour les nouvelles embauches. La multiplication des contrats à durée déterminée, postes d'Intérim, emplois aidés, emplois à temps partiel subis, entraînent une insécurité devant l'emploi, qui ne peut que remettre en cause la valeur travail. Si l'on ajoute à cela la montée du nombre de travailleurs pauvres, ne trouvant parfois pas à se loger, il y a là une intégration par le travail qui apparaît dévalorisante, le travail apporte de moins en moins la reconnaissance sociale.

C. Travail et reconnaissance sociale

Le travail a longtemps été synonyme de libération car il permettait de s'affranchir de la nature. Le travail apportait la reconnaissance sociale et si le mode de production ne pouvait pas toujours amener une certaine justice, c'est de la lutte au travail que l'on pouvait espérer voir l'avènement d'un monde meilleur. Or avec les évolutions récentes, il semble désormais impossible de faire rimer travail et bonheur, et toute forme d'équité et d'espérance en l'avenir semble exclue du monde professionnel.

De même, on remarque que les mouvements sociaux et les mobilisations collectives liés au monde du travail semblent perdre de la vigueur, comme en témoignent les diminutions de journées de travail perdues pour faits de grève et la crise des syndicats dans la plupart des pays occidentaux, notamment en France. La reconnaissance sociale ne passe donc plus par le travail, la lutte pour améliorer ses conditions de travail et de vie ne semble plus prioritaire, ce qui peut traduire un déclin du travail en tant que valeur fondamentale. Cette perte de sens concerne avant tout les catégories sociales les moins favorisées, qui ne trouvent plus dans le travail un moyen d'ascension et de reconnaissance sociales. Par ailleurs, la tertiarisation de la société devenue une société de services, et notamment de petits services peu qualifiés et peu valorisés, a aussi pu détruire la solidarité ouvrière . Le travail semble donc avoir perdu une partie de son rôle central dans la société, à un point tel que certains ont pu parler de « fin du travail », signifiant par-là que la société devrait s'organiser différemment, en ne mettant plus le travail en son cœur puisque des individus en sont privés et que d'autres ne s'y

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