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Quelle est la fonction principale de l'utopie : faire rêver, ou faire réfléchir ?

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Par   •  15 Janvier 2013  •  Dissertation  •  1 299 Mots (6 Pages)  •  2 372 Vues

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Dissertation

Quelle est, selon vous, la fonction principale de l’utopie : faire rêver ou faire réfléchir ?

L’apologue présente la particularité d’être un récit, généralement court, à visée argumentative. Ainsi la fable appartient à ce genre littéraire. Mais c’est aussi le cas de l’utopie. On peut alors se demander quelle est la fonction principale de l’utopie. S’agit-il de faire rêver ou de faire réfléchir ? Il est légitime de connaître le rôle premier que peut remplir ce genre particulier, défini pour regrouper des textes représentant une possible réalité sans défaut. C’est pour cela que nous verrons d’abord pourquoi le lecteur est prêt à s’évader avec l’utopie. Cependant, ce genre fait appel à la raison de ce même lecteur, invité à réfléchir. Il en découle que ces deux éléments caractérisent l’utopie, et sont par conséquent liés.

D’abord, l’utopie procure au lecteur une évasion vers d’autres horizons. Une de ses caractéristiques est son recours à un récit, qui plus est fictionnel. Or qui dit récit, dit narration de faits. Non seulement sont-ils fictifs. D’autre part, le rêve suppose l’aspiration à ce que l’on ne connaît pas mais essentiellement à ce que l’on souhaite. Ainsi la fiction proposée par le genre utopique répond parfaitement aux attentes du lecteur. On retrouve le côté fictif dans Les Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift. Ce texte met en scène des chevaux extraordinaires, appelés Houyhnhnms qui se nourrissent de Yahoos, créatures sauvages et répugnantes. Rien qu’avec les personnages, on remarque bien le caractère imaginaire de cette utopie. De même, la ville narrée dans La Cité du Soleil de Campanella comporte sept zones circulaires et fortifiées. La fiction est donc le moteur de l’utopie : elle rythme le récit. Ce qui n’empêche pas que le lecteur a l’impression que l’histoire est réelle, il faut qu’elle reste néanmoins possible et crédible.

Les textes utopiques présentent un monde idéal, souvent coupé du monde réel, de telle sorte que l’évasion du lecteur est d’autant plus grande. D’ailleurs il n’est pas inutile de se référer à l’étymologie du mot « utopie ». Celui-ci vient de la racine grecque ou topos, signifiant « lieu qui n’existe pas ». On pourrait en fait comparer l’utopie à une échappatoire à la réalité. Un des exemples les plus probants est Utopie de Thomas More. En effet, l’histoire se déroule sur une île, dont la symbolique est à noter : elle représente un endroit paradisiaque et surtout inaccessible. De ce fait l’île est protégée de toutes les forces extérieures potentiellement nuisibles. La même idée est reprise dans Candide de Voltaire, le passage de l’Eldorado, pays merveilleux que le personnage éponyme atteint après maintes péripéties. Le merveilleux est en outre une notion qui suscite l’admiration et par suite le rêve. L’utopie est alors un récit faisant état d’un monde irréel déconnecté de toute réalité et dans lequel le lecteur se retrouve embarqué.

Pourtant, il est indéniable que les utopistes ont voulu dénoncer les tares de la société contemporaine à chacun. En effet, écrire une utopie reste l’occasion de développer certaines critiques. Ainsi elle est sujette à réflexion. Je m’explique : les œuvres utopiques exposent des mondes, des sociétés aux cultures, aux mœurs et aux valeurs différentes. Il est alors possible d’établir des comparaisons avec notre propre société. L’île d’Utopie est remarquable du point de vue de sa totale opposition à l’Angleterre (une île aussi!) de l’époque. De la même manière, dans Gargantua, Rabelais interpelle le lecteur lorsqu’il évoque la clause qui régit l’abbaye de Thélème (« Fais ce que voudras ») : cette règle est réellement chimérique. Lorsque le lecteur lit avec attention une œuvre utopique, il comprend bien l’enjeu et ce qu’a voulu avancer l’auteur. L’implicite est de mise, afin de délivrer une critique, portant généralement sur la société.

D’autre part, un utopiste peut chercher à essayer de nouvelles idées, tel un chercheur dans son laboratoire. Son but est de proposer des solutions

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