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Lecture Analytique " La Laitière Et Le Pot Au Lait "

Dissertation : Lecture Analytique " La Laitière Et Le Pot Au Lait ". Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  22 Novembre 2012  •  2 537 Mots (11 Pages)  •  3 419 Vues

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Lecture analytique « La Laitière et le pot au lait », VII, 10

Pour présenter le texte

Cette fable se distingue des autres fables car LF n'a pas trouvé son sujet dans la littérature antique,

c'est-à-dire ni chez Esope ni chez Phèdre, mais dans un recueil de nouvelles du 16e siècle de

Bonaventure des Périers. Elle met en scène un personnage humain, socialement identifiable, une

jeune fermière qui va vendre son lait sur le marché. Alors qu'elle imagine tout le profit dont elle

pourra tirer de son lait et se perd dans cette pensée, elle fait tomber son lait et s'apprête à se faire

battre par son mari. Le texte fait apparaître deux parties bien distinctes: un récit qui occupe les 2/3

de la fable et une moralité extrêment développée puisqu'elle s'étend sur 13 vers.

I Une fable plaisante

LF cherche à persuader son lecteur, en le séduisant à plusieurs titres. Il va tout d’abord travailler

1°) la composition de la fable

Celle-ci se présente sous forme de deux parties aisément distinctes, le récit du vers 1 à 27 et la

moralité du v. 30 à 43. Deux vers isolables (v. 28-29) semblent articuler ces deux parties.

a) La dynamique du récit

Le récit développe amplement la situation initiale, qui consiste à rendre compte de tous

les efforts de Perrette pour transporter son pot de lait (du vers 1 à 7) ainsi que de la

progression de l'imagination de la laitière lors de son déplacement (v8 à 21). L'utilisation

de verbes à l'imparfait, l'emploi du discours direct pour rapporter les pensées du

personnages prolongeant ainsi la narration, semblent donner de la durée à cette situation,

une forme de retardement, qui met du coup en valeur la chute soudaine du personnage:

l'irruption de verbes au présent de narration en rupture avec ce contexte au passé rend

sensible la brutalité du retour soudain à la réalité. Le dernier vers du récit (« En grand

danger d'être battue »), tourné vers le futur immédiat de la laitière, permet d'envisager les

conséquences douloureuses de cet événement.

b)La moralité

Ce qui fait l'originalité de cette fable, c'est que LF a particulièrement développé sa moralité. Cette

moralité présente elle-même une dynamique: on généralise le propos en ne le restreignant pas au

cas particulier de Perrette, en recourant à des interrogatives portant sur un sujet indéterminé (« quel

esprit ...? », « qui ne fait...?), à des accumulations qui multiplient les exemples (« Picrochole,

Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,/ Autant les sages que les fous ? » ), avant de se focaliser sur un

« je » à partir du vers 38, qui peut être aussi bien le « je » du fabuliste, que le « je » du lecteur .

Cette progression de la moralité empêche que celle-ci soit figée, excessivement fermée et

moralisatrice.

c)la mise en abyme

Deux vers assurent la transition entre les deux parties: « Le récit en farce en fut fait ; /

On l'appela le Pot au lait. ». Il y a d'abord un effet de mise à distance par rapport au récit, puisqu'on

regarde le récit de façon rétrospective (« le récit en fut fait »), préparant ainsi la généralisation

opérée par la moralité qui suit. Mais surtout, on a un effet de mise en abyme, c'est-à-dire que la

fable parle de la fable. Cette mise en abyme est d'ailleurs redoublée dans la fable qui suit

immédiatement « Le Curé et le Mort », au dernier vers: « Proprement toute notre vie/ Est le curé

Chouart, qui sur son mort comptait

1

/ Et la fable du Pot au lait ». Dans certaines éditions, les deux

fables sont accolées et forment un même ensemble. De plus, on pourrait se demander si

l'expression proverbiale qui conclut la fable (« Je suis gros Jean comme devant

2

. ») n'est pas une

manière pour La Fontaine de signer la fable de son prénom et ajouter un jeu de miroirs, un effet de

1 En gros, « Le Curé et le Mort » reprend le même scénario et le même propos que « La Laitière et le Pot au lait »:

un curé imagine lors de l'enterrement d'un de ses fidèle, tout ,ce qu'il pourra faire pour sa paroisse grâce à l'argent

que celui-ci lui a légué. Mais il tombe brusquement du carrosse funéraire et meurt de sa chute.

2 Devant= auparavant

mise en abyme supplémentaire.

2°) Le sens du détail expressif

Mais ce qui fait toute la saveur de cette fable, c'est aussi le sens du détail expressif de LF.

a) le physique

La Fontaine ne décrit pas vraiment son personnage, mais en un minimum de mots, il nous le

rend très concret, très proche et très facilement imaginable. On est dans le croquis, la

silhouette, qui présente de façon très physique et très concrète Perrette,

...

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