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Lecture analytique de la pièce de théâtre Le barbier de Séville de Beaumarchais: Acte I, scène 2

Rapports de Stage : Lecture analytique de la pièce de théâtre Le barbier de Séville de Beaumarchais: Acte I, scène 2. Recherche parmi 272 000+ dissertations

Par   •  30 Décembre 2011  •  1 695 Mots (7 Pages)  •  4 494 Vues

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Beaumarchais, le Barbier de Séville, Acte I, scène 2 ( 1775) – Lecture analytique.

INTRODUCTION

Représentée en 1775, la comédie Le Barbier de Séville ou La précaution inutile de Beaumarchais connut, dans sa seconde version, un vif succès auprès du public. L’intrigue de cette comédie en quatre actes est traditionnelle. Selon un schéma condensé par le dramaturge lui-même, le sujet est le suivant : Bartholo ,un vieillard amoureux prétend épouser une orpheline dont il est le tuteur, Rosine ; un jeune amant, le comte Almaviva, plus adroit le devance, et le jour-même en fait sa femme, « à la barbe et dans la maison du tuteur. ». Le jeune Comte Almaviva se laisse guider par son ancien valet Figaro et c’est ce personnage qui donne à la comédie toute sa vivacité.

Le texte proposé est un extrait de l’acte I, scène 2 : Figaro rencontre son ancien maître dans une rue de Séville devant la maison du Docteur Bartholo ( le vieillard) qui tient enfermée Rosine. Dans cette scène d’ exposition ( la scène 1 est un court monologue du Comte), c’est en fait Figaro qui expose la situation et se présente. Il apparaît d’emblée comme un personnage beaucoup plus complexe que le valet confident de la tradition comique.

Dans une lecture analytique, nous nous attacherons à montrer que Figaro est un valet haut en couleur qui se distingue des valets traditionnels. Lucide et audacieux, il se fait aussi particulièrement critique , ce qui le place sur le devant de la scène .

I. Figaro, un valet haut en couleur.

Figaro est un personnage qui présente de multiples facettes et qui étonne par sa personnalité, autant que par son parcours.

1)Figaro apparaît comme un personnage aventureux, entreprenant, toujours en mouvement : « dans les haras d’Andalousie »,« De retour à Madrid », « J’ai quitté Madrid »,« les deux Castille, la Manche, l’Estramadure…»,« vous me voyez enfin établi à Séville ». Le rythme précipité de sa longue tirade,

l’énumération des différents lieux l. 90 à 92, donnent l’impression d’une véritable course à couper le souffle. Au cours de ses pérégrinations, Figaro multiplie les expériences. On remarque d’ailleurs les nombreuses activités du personnage tour à tour « garçon apothicaire », homme de lettres , barbier et valet prêt à servir à nouveau le Comte. Figaro est l’héritier du « picaro » espagnol, jeune homme aventurier vivant d’expédients (« trucs » pour se sortir d’affaire), voleur, tricheur, gai, homme de tous les métiers qui essaye de trouver sa place. D’ailleurs on remarque le cousinage phonétique entre Figaro et picaro. C’est un personnage qui sait rebondir, surmonter l’échec : « je voulus essayer de nouveau mes talents littéraires (l.58 ;59), « à la fin convaincu que que le revenu du rasoir est préférable aux vains honneurs de la plume »(l.88.89).

2)Figaro est aussi un valet qui ne manque pas de lucidité . Il fait preuve d’esprit critique et est capable de distanciation. Il parle en effet de choses sérieuses sur un ton léger : « mon bagage en sautoir »(l.90),

« parcourant philosophiquement les deux Castille »(l.91), « riant de ma misère »(l.95).Il fait preuve de sagesse lorsqu’il affirme que « l’utile revenu du rasoir est préférable aux vains honneurs de la plume ».

3)Pourtant, face à l’adversité, Figaro affiche une gaieté permanente . On remarque dans sa longue tirade l’énumération de ses déboires : « accueilli dans une ville, emprisonné dans l’autre…..loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là….. ». Malgré l’accumulation des difficultés, toutes les situations sont énumérées avec fantaisie et humour. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Comte lui dira « Qui t’a donné une philosophie aussi gaie ? »

4)Enfin, Figaro est un homme d’esprit, un personnage intelligent et spirituel. Son langage en est la preuve. Il sait être éloquent, dans sa dernière tirade par exemple il est très oratoire. On note en effet les reprises anaphoriques des formes au participe présent : « Voyant à Madrid », « aidant eu bon temps », « supportant le mauvais », me moquant des sots », bravant les méchants », qui mettent en relief les activités du personnage et miment son parcours. Il sait aussi user d’antithèses frappantes « loué », « blâmé » ou « rire », pleurer ». Il a recours à un style hyperbolique et imagé pour souligner la cruauté des milieux littéraires : « de déchiqueter et sucer le peu de substance qui leur restait ». Il s’amuse de ses propres misères : « abîme de dettes et léger d’argent », « riant de mes misères ».

5)Son esprit est aussi une arme subversive : Figaro est audacieux, capable d’ironie, d’ailleurs appréciée du Comte. Il sait trouver les mots justes et rétorque au Comte avec impertinence : « Voilà des bontés familières dont vous m’avez toujours honoré », et il feint de l’interroger de manière tout aussi impertinente: « Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ? » La relation de Figaro avec le comte est d’ailleurs complexe : on retrouve

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