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Extrait de "Un coeur simple", Gustave Flaubert

Commentaire de texte : Extrait de "Un coeur simple", Gustave Flaubert. Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  18 Avril 2016  •  Commentaire de texte  •  1 309 Mots (6 Pages)  •  3 177 Vues

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DEVOIR DE FRANÇAIS

Un cœur simple, Gustave Flaubert, 1877.

Gustave Flaubert, écrivain du XIXème siècle, est considéré comme le père du réalisme : on lui reproche d'avoir voulu montrer "la nature dans toute sa nudité" avec Madame Bovary. Célèbre pour l'Éducation sentimentale, et à son controversé Madame Bovary, Flaubert se distingue par son manque de proximité avec la personnalité de ses personnages : "les réponses qui [...] convenaient [à ses livres] ne lui convenaient pas". Il publie Les Trois Contes en 1877, recueil dans lequel se trouve entre autres Un coeur simple. Ce recueil se distingue du reste de l'œuvre de l'auteur par le thème de la sainteté, qui contraste avec la "débauche" des autres romans de Flaubert. Ce texte se présente comme un texte en mémoire, et un portrait, de Loulou. Mais on pourrait se demander si ce portrait de l'animal est bien juste un portrait d'un perroquet ? Dans une première partie, on étudiera la représentation qui est donnée de Loulou, et son évolution à travers le texte, puis dans une deuxième partie ce que ce portrait révèle en fait de Félicité, et enfin comment tout l'art de Flaubert se manifeste à travers ce portrait d'un "cœur simple".

Jusqu'à la ligne 37 du texte, Loulou est considéré comme un "splendide" (l.3) objet. Il vient, à l'instar de la madeleine de Proust, raviver les joyeux souvenirs des "jours disparus" (l.36) de Félicité, qui vit alors dans un monde silencieux, du fait de sa vieillesse et de sa surdité, qu'elle traverse comme une "somnambule" (l.39). Cependant, cette joie retrouver est à nuancer : le perroquet est empaillé. Loulou, par son empaillement, qui vise en rendre une impression de vivacité, est prit, et entraîne un mouvement de vie, mais Loulou est figé dans la mort, et donc statique. On peut noter que l'arrivée imminente du perroquet empaillé semble apporter un sursaut de vie à l'existence morne de la vieille bonne : elle s'exprime alors à la voix active et par le biais d'une exclamation: elle se demande si l'empailleur ne lui "aur[ait pas] volé !". Cette exclamation semble suggérer une relation affective existant entre la femme et l'animal. Félicité considérait, de son vivant, Loulou comme un animal de compagnie, puis comme une relique des "jours disparus". De plus, les "insignifiantes actions" (l.36) qu'elle se remémore à la vue de Loulou semblent démontrer que ce dernier et Félicité formaient un tout, qu'ils partageaient une vie quotidienne. Loulou est considéré par Félicité comme une relique "splendide" du passé. Cependant, ce terme de relique, et cet adjectif "splendide" peut renvoyer à l'autre dimension à laquelle Félicité renvoi l'animal.

Ainsi, à la fin de l'extrait, Loulou acquiert une dimension spirituelle. En effet, on assiste à une sorte magnification de l'oiseau, que sa propriétaire compare au St Esprit : elle trouve une certaine "ressemblance" entre cette entité et le perroquet (l.43). On pourrait tout d'abord trouver cette comparaison absurde et même blasphématoire, mais la religion chrétienne représente le St Esprit sous la forme d'une colombe, qui est de toute évidence un oiseau. Cette alliance entre les deux choses passions de la vieille femme est pourtant préparée en amont dans le texte. En effet, on note que la chambre de Félicité contenait une multitude "d'objets religieux" (l.8) ce qui nous montre dès le début de l'extrait l'attachement du "cœur simple" à la religion. De même, ce sont les "processions de la Fête-Dieu" (l.39) qui semblent, à l'instar de l'arrivée de Loulou, tirer la vieille femme de sa "torpeur de somnambule" (l.39) On note ainsi que la religion occupe une place essentielle de la vie de Félicité. De plus, l'oiseau est qualifié de "splendide" une fois empaillé. Il resplendit, au sens où il est mit en valeur par l'empailleur, mais aussi au sens de la lumière divine qui rendrait le Christ splendide. Seulement, on peut remarquer que ce portrait, qui était censé être celui du perroquet, et surtout la description de la chambre semblent finalement dresser la figure de Félicité.

C'est donc à travers la description de la chambre et le portrait

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