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Dissertation Sur La Citation De Barrès Envers Baudelaire: De quelle manière Maurice Barrès oriente-t-il notre lecture des Fleurs du mal ?

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Par   •  12 Janvier 2014  •  2 606 Mots (11 Pages)  •  846 Vues

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De tout temps, Baudelaire a divisé l’opinion publique. Son œuvre principale, Les fleurs du mal, recueil de poèmes, traduit bien ce déchainement de passion en l’emmenant jusqu’au tribunal dès l’année de sa parution pour les griefs suivant : « Atteinte à la morale publique et religieuse ». Finalement seuls 12 de ses poèmes seront censurés pour atteinte à la morale publique. Cela s’explique par la liberté que prend l’auteur dans ses écrits transgressant les codes de la bienséance avec ses textes sombres, morbides et érotiques. Baudelaire laisse entrevoir le futur courant symboliste dans son style si particulier qui déjà nous éloigne peu à peu du romantisme.

Maurice Barrès, politique nationaliste français de la fin du XIXe siècle, en écrivant, je cite : « En vain lisions nous indéfiniment ces pages chargées de péchés et de prières, pleines de contradiction, livrées avec fureur à tous les excès jusqu’à en tomber dans la lassitude et parfois révélant une expression morte, désespérée, nous menant jusqu’au seuil des églises ; il restait en elles quelque chose de secret et d’insaisissables ». Nous permets de nous interroger sur cet ouvrage à la fois blasphématoire et pourtant si pieux, en alliant folie et raison et si l’on ne devait retenir qu’un seul mot des propos de Barrès ce serait « contradiction ». Ces propos restent tout de fois discutables puisqu’ils reposent sur un jugement de valeur.

De quelle manière Maurice Barrès oriente-t-il notre lecture des Fleurs du mal ?

Pour être en mesure de répondre à cette problématique, nous étudierons tout d’abord le fatalisme et l’omniprésence de la mort dans les poèmes de Baudelaire, puis les contradictions de Baudelaire que ce soit entre les différentes parties du recueil et même entre les poèmes d’une même partie et enfin comment Maurice Barrès nous amène-t-il vers une lecture religieuse dans ce poème qui pourtant porte atteinte à la morale religieuse

Pour commencer nous pouvons voir que Le fatalisme et l’omniprésence de la mort dans les poèmes de Baudelaire amène à étudier la présence de la mort puis à discerner les liens qu’entretiens Baudelaire avec cette dernière et enfin comment Barrès nous oriente subtilement vers la pensée de l’au-delà et du royaume de dieu.

Ensuite nous nous pencherons sur les contradictions de Baudelaire, en étudiant l’importance des différences entre les parties du recueil puis en enchainant avec les différences dans les tons des poèmes.

Pour finir, nous verrons comment Maurice Barrès nous amène vers une lecture religieuse de ce recueil, en mettant en avant l’utilisation dans de nombreux poèmes d’une entité supérieure, puis la vision de l’église et de la religion dans le recueil qui évolue au fil des poèmes et des dates de parutions.

I-Le Fatalisme et l’omniprésence de la mort dans les poèmes de Baudelaire

Nombreux sont les écrits de Baudelaire, nous faisant une référence plus ou moins abstraite de la mort. Cette importance se ressent au fil de notre lecture en nous plongeant tout doucement, nous lecteur, dans une lente et longue dépression. Elle fait son apparition très tôt dans le recueil, ne nous laissant, que peu de répit. Sa présence oppresse le lecteur, elle le suit tout au long de son long parcours. Elle sera notre compagne d’un soir, telle une femme fatale, et si nous sommes amenés à une telle personnalisation de la Mort, c’est dû au long labeur effectué par Baudelaire qui commença dès sa partie, « Spleen et idéale ». On la retrouve d’ailleurs dans des poèmes tels que « L’Horloge, Le chant d’automne ou Le gout du néant ». Trois poèmes célèbres qui aujourd’hui encore font la fierté de la littérature française mais comment peut-on glorifier la Mort et son échéance inévitable. Dans ces écrits nous avons une exaltation palpable de l’auteur vis-à-vis de la grande faucheuse. Exaltation qui se ressent à la lecture des titres, L’Horloge fait référence au temps qui passe, qui nous rapproche tout doucement sans que nous n’ayons le temps de nous en apercevoir, de la mort. Le chant d’automne qui n’est autre qu’un éloge de l’Hiver, saison symbolisant la famine, la maladie, le froid qui finalement nous mènent tous trois vers les champs lexicaux de la mort. Le gout du néant est on ne peut plus explicite avec pour chute « Avalanche, veux-tu m'emporter dans ta chute? ». Cette fin nous amène à penser à des envies suicidaires de l’auteur. Absente des deux courtes parties que sont « Tableaux parisiens » et « Le vin » on la retrouve dans la partie éponyme du recueil. Dans la partie les Fleurs du mal la mort est plus subtile, elle est assimilée à la Femme et au danger qu’elle représente, en effet sa perception change, elle peut être calme et douce comme une mère, sensuelle comme une amante ou maléfique. Cette vision est due au vécu de l’auteur qui change pendant l’écriture des poèmes.

Baudelaire clos son recueil avec la partie de la Mort, il y a tout d’abord une signification symbolique avec la Mort du recueil puisque le long parcours effectué jusqu’à maintenant se termine. On y retrouve, aussi, une certaine continuité dans l’œuvre et finalement la Mort aurait un aspect reposant puisque inéluctable. On peut se permettre d’affirmer que la Mort est sûrement la seule expérience de la vie que tout Homme connaitra. C’est d’ailleurs pour cela que Maurice Barrès nous parle d’un désespoir et d’une fureur lasse puisque ce recueil représente la Vie, durant l’avancement de la lecture s’écoule cette vie et malgré les combats, ce macabre destin nous attend, tôt ou tard, elle viendra nous prendre, la Mort.

Baudelaire se lie à la mort dès l’entame de notre lecture, il la décrit tour à tour comme une ennemie puis une amie et pour finir sa plus fidèle amante. Les rapports qu’entretient l’auteur avec sa créature, on assimile ici la Mort à une créature Baudelaire la fait vivre à travers les mots et la domestique au fil du recueil. Il en a le plus souvent peur et aime oppresser son lecteur en lui rappelant à la moindre opportunité la portée maléfique et horrifique de la mort en exposant son symbole le plus atroce et le plus monstrueux à travers le crâne humain. Cependant cet acharnement vient peut-être du vécu trouble de l’auteur, la Mort le frappa dès son plus jeune âge en emportant son père, qui était son modèle. Elle l’accompagna sans ne plus jamais frapper mais en ne se faisant pas oublier pour autant. Le poète était doté d’un caractère fort et provocateur et même si on peut assimiler la forte présence de la

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