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Commentaire Composé du poème L'Echange De Paul Claudel

Mémoire : Commentaire Composé du poème L'Echange De Paul Claudel. Recherche parmi 279 000+ dissertations

Par   •  29 Janvier 2015  •  1 338 Mots (6 Pages)  •  4 962 Vues

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Poète et dramaturge français, Paul Claudel habita aux quatre coins du monde en raison de son statut de diplomate. C'est en 1894, lors de son premier séjour aux États-Unis, que vit le jour L'Échange, une pièce en trois actes où interagissent quatre personnages illustrant chacun l’un des aspects des sentiments, du caractère et des tentations de Claudel. En 1951 fut publiée une deuxième version dont est tiré l'extrait étudié. Dans celui-ci, l'actrice Lechy Elbernon donne sa notion du théâtre. Nous nous demanderons ainsi comment le dramaturge, à travers le personnage de l'actrice, offre-t-il une réflexion sur le théâtre. Pour cela, il conviendra dans un premier temps de nous intéresser au personnage de Lechy Elbernon. Nous verrons ensuite sur quels aspects du théâtre la réflexion se porte.

L'actrice Lechy Elbernon prend la parole pour parler de son métier, le théâtre s'invitant ainsi dans le théâtre.

Lechy Elbernon est tout d'abord un personnage qui se distingue des autres. Elle possède de nombreuses répliques dont des tirades, tandis que ses compagnons n'ont que de courtes phrases. Elle est également la seule à avoir des didascalies, elle détient ainsi toute l'action : « elle prend position et en avant la musique ! », « montrant Marthe ». Elle possède également une grande connaissance du théâtre, un art encore peu maîtrisé voire totalement inconnu pour les trois autres personnages. En effet, ceux-ci ont souvent des phrases interrogatives ou négatives en réplique : « Quoi ? Qu'est-ce qu'ils regardent puisque tout est fermé ? » (l.10), « Un autre rideau ? » (l.17) « Je ne sais pas. » (l.5). A l'inverse, Lechy ne parle qu'en phrases affirmatives ou exclamatives. Elle va ainsi éclairer ses compagnons dans un registre didactique, caractérisé par le champ lexical de la connaissance « je connais » (l.1), « savez » (l.4), « ce que nous appelons » (l.18). Lechy se met très en avant, par un emploi récurrent du pronom personnel « je ». Son haute estime d'elle-même se ressent dès les premières répliques, comme dans l'hyperbole « j'ai été partout » (l.1). Son dédain pour Marthe est perceptible lorsqu'elle parle de cette dernière sans s'adresser à elle : « Voulez-vous que je joue son rôle ? » (l.56-57). Elle affirme même : « Je le jouerai mieux qu'elle ! » (l.58). Cette déclaration, sous-entendant que Marthe joue un rôle, rappelle que derrière ce personnage se dissimule une comédienne. Le théâtre dans le théâtre est ici pleinement perçu. Lechy se distingue également du public par l'emploi du pronom personnel « nous » désignant les acteurs qui s'oppose au « vous » rendu méprisant par la redondance de « votre vie à vous » (l.20). Ainsi, Lechy se distingue volontairement des autres personnages.

Lechy Elbernon est également un personnage entièrement dévoué à son métier : le théâtre. Caractérisé par les nombreuses phrases exclamatives de l'actrice, son omniprésence – l'emploi répété du pronom personnel « je » et la répétition de la phrase« c'est moi, c'est moi ! » (l.30) – ainsi que les allitérations en « v » « dans votre vie à vous, rien n'arrive » (l.20), le registre lyrique révèle sa passion pour le théâtre, lui permettant de l'exprimer et de la partager aux trois autres personnages. Son engouement est physiquement visible : « comme ses yeux brillent ! » (l.69-70), « ces yeux dévorants » (l.71), où le verbe et l'adjectif qualificatif révèlent son plaisir presque fiévreux. Plus que son regard, c'est son corps entier qui devient la fenêtre de son âme. Elle est entièrement dévouée au théâtre, voire possédée, comme l'insinuent l'emploi du pronom « me » dans la phrase « le moindre mot qui me sort » (l.35) ainsi que l'allusion à la pythie, oracle à travers lequel s'exprime Appolon, qui devient ainsi son double. L'allégorie du théâtre, « cette espèce de sacrée mâchoire ouverte pour vous engloutir », rend cette idée encore plus marquante. La répétition du complément circonstanciel de manière « avec art avec furie » et de l'adjectif qualificatif « terrible », ainsi que l'emploi du verbe « arracher » (l.46) renforcent la violence de sa passion, une violence qui effraye : « J'ai peur ! Le personnage lui sort par tous les pores ! » s'exclame Louis Laine(l.47), loin d'être

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