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Phèdre, Racine (1677) – Le tragique de la parole

Cours : Phèdre, Racine (1677) – Le tragique de la parole. Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  18 Mai 2026  •  Cours  •  985 Mots (4 Pages)  •  4 Vues

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Phèdre, Racine (1677) – LE TRAGIQUE DE LA PAROLE

ARISTOTE, Poétique : structure de la tragédie

Livre IV : cf. fiche sur Horace. Ch XI : éléments de l’action complexe :

  • Péripétie : chgt dans les faits, selon vsb / nécessité.
  • Reconnaissance : ignorance -> connaissance, ou haine/amitié entre persos.
  • Evénement pathétique : action destructive ou douloureuse.

Ch XIII : pour être belle, une tragédie doit être complexe et susciter terreur et pitié. Il faut situation intermédiaire : homme qui n’a rien de supérieur et doit son malheur non pas à sa perversité mais à une certaine erreur qu’il commet en pleine gloire (Œdipe, Thyeste)

Ch XIV : effets de terreur et pitié proviennent du jeu scénique ou des faits même (mieux). Il faut constituer la fable pour que « l’auditeur soit saisi de terreur ou de pitié par la suite des evt ».

ABBE D’AUBIGNAC, La pratique du théâtre (IV, 2) (1669) : tragédie française et respect vsb

La tragédie semble plus attachée aux actions qu’au discours : « les discours ne sont au théâtre que les accessoires de l’action ». mais le poète suppose les actions hors scène, « les actions ne sont que dans l’imagination du spectateur ». Le discours donne toute la connaissance de la pièce.

  •  Corneille : pièces élevées car discours, manière d’exprimer violentes passions. « elles ont tant de lumière dans les discours qu’elle éblouissent et plaisent si fort, qu’elles nous ôtent la liberté de juger du reste »

RACINE, Préface de Bérénice (1670)

« Ce n'est point une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que l'action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie. »

Simplicité d’action. « il n’y a que le vraisemblable qui touche dans la tragédie ». « Toute l’invention consiste à faire qqch de rien ». < Violence passions, beauté sentiments, élégance expression. « la principale règle est de plaire et de toucher ».

BARTHES, Sur Racine (1963)

« Dire ou ne pas dire ? Telle est la question ». Phèdre : l’enjeu tragique est moins l’amour que l’aveu. « la nomination du Mal l’épuise tout entier, (…) Phèdre est une tragédie nominaliste »

  • « Quand tu sauras mon crime, et le sort qui m’accable, Je n’en mourrai pas moins, j’en mourrai plus coupable » (I, 3) « - Hippolyte ? Grands Dieux ! – C’est toi qui l’as nommé »
  • Phèdre se sait coupable, le pb est son silence : « Phèdre, atteinte d’un mal qu’elle s’obstine à taire… » (I, 1). Le dénoue 3 fois, et approche d’un état plus pur de la parole :
  1. Devant Oenone (I, 3) : aveu narcissique, épique, P se dénoue à elle-même
  2. Devant Hippolyte (II, 5) : aveu dramatique, P représente son amour à H
  3. Devant Thésée (V, 7) : aveu littéral, purifié de tout théâtre, parole est coïncidence totale avec le fait, elle est correction : P peut mourir, la tragédie est épuisée.

C’est un silence torturé par l’idée de sa destruction. P veut mourir mais mort suspendue par le silence : « une femme mourante et qui cherche à mourir » (I, 1). Seule la parole dénoue cette mort : « Et la mort, à mes yeux dérobant la clarté, rend au jour, qu’ils souillaient, toute sa pureté » (V, 7)

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