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Le temple du soleil et l'enlèvement de Zilia

Dissertation : Le temple du soleil et l'enlèvement de Zilia. Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  12 Avril 2026  •  Dissertation  •  1 482 Mots (6 Pages)  •  9 Vues

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1. La description du massacre : « Mais quel horrible spectacle… » à « …m’ôtèrent jusqu’au sentiment de mon malheur »

Dès le début, Zilia nous plonge dans l’horreur du massacre du Temple du Soleil. Le Soleil, les vierges, et les Mamas sont littéralement foulés par les soldats espagnols, ce qui montre que le massacre s’attaque directement au sacré des Incas. Les conquistadors apparaissent ici comme de véritables barbares, détruisant la culture et le culte des victimes.

Graffigny utilise un champ lexical de la violence – « ensanglantés, massacraient, coups, brûlaient, feu, fureur » – pour qualifier à la fois les actions brutales des soldats et les conséquences de leur massacre. À l’inverse, le champ lexical de la peur – « épouvante, horreur, effroi, gémissements » – traduit les réactions des Incas et de Zilia, terrifiés face à cette violence.

L’auteure combine le sens de la vue et celui de l’ouïe pour amplifier l’effet dramatique : les images sanglantes se mêlent aux « gémissements » des victimes et aux « cris de la fureur » des soldats. Cette juxtaposition crée une véritable cacophonie, qui intensifie l’impression d’horreur et de chaos. Le lecteur ressent presque physiquement la panique et la terreur qui règnent dans le temple.

Zilia, elle-même, est submergée par cette violence au point de perdre le sentiment de sa propre situation : « [les cris…] m’ôtèrent jusqu’au sentiment de mon malheur ». On voit ici à quel point l’horreur est totale : les soldats européens sont les barbares, tandis que les Incas, victimes innocentes et pieuses, sont réduits à l’impuissance.

2. Une barbarie coloniale guidée par l’avidité : « Revenue à moi-même… » à « …je jugeai que le larcin étoit le motif de leur barbarie »

Après la sidération du massacre, Zilia « revient à elle-même » et tente instinctivement de survivre. Ses premiers mouvements sont presque involontaires : la peur la pousse à réagir de manière purement réflexe. Elle se cache alors derrière l’autel du Soleil, ce qui est très symbolique : le sacré devient ici un refuge, comme si la divinité inca était la seule protection possible face à la barbarie des soldats.

La terreur est renforcée par l’hyperbole : « je craignais qu’elle ne me coûtât la vie », en parlant de sa respiration. Le simple fait de respirer devient un danger mortel, ce qui montre à quel point la peur est extrême. Zilia est réduite à l’immobilité totale, presque à l’état d’objet, pour échapper à la mort.

Cachée, elle observe alors les soldats et remarque un changement significatif dans leur comportement : dès qu’ils aperçoivent les ornements précieux et l’or du temple, ils ralentissent les effets de leur cruauté pour s’en emparer. Ils arrachent même les lames d’or des murs. Zilia en tire une conclusion lucide et accusatrice : « je jugeai que le larcin étoit le motif de leur barbarie ». Cette phrase est essentielle, car elle dénonce clairement l’hypocrisie de la colonisation. Derrière les discours religieux ou civilisateurs se cache en réalité une soif d’or et de puissance. Les soldats abandonnent momentanément la violence non par humanité, mais par cupidité.

Face à cette situation, Zilia se raccroche de nouveau au sacré et à ce qu’elle connaît : elle projette de quitter le temple pour rejoindre le Capa Inca, symbole de l’autorité et de l’ordre inca, seul capable selon elle de lui offrir protection et secours. Elle pense aussi à Aza, ce qui montre qu’elle s’accroche encore à ses repères, à son monde d’avant, et surtout à l’amour qui la maintient en vie.

Cependant, son espoir est brutalement interrompu. Elle évoque sa capture avec une apostrophe émotive : « ô, mon cher Aza, j’en frémis encore ! ». L’exclamation et le verbe « frémis » montrent que le traumatisme est toujours présent au moment où elle écrit. Enfin, l’expression « ces impies osèrent porter leurs mains sacrilèges sur la fille du Soleil » souligne la gravité de l’acte : « osèrent » marque l’audace criminelle des soldats, et « la fille du Soleil » donne à Zilia une dimension sacrée. La toucher revient à profaner la divinité elle-même. Cette scène renforce encore l’image des conquistadors comme des barbares impies et violents.

3. La plainte pathétique finale : « la porte céleste… » à la fin

Dans cette dernière partie, Zilia décrit son enlèvement en utilisant un champ lexical de la violence et de l’humiliation : elle est « arrachée » de la « demeure sacrée » et « traînée ignominieusement hors du Temple ». Ces termes soulignent la brutalité avec laquelle elle est emmenée, mais aussi la honte et l’abaissement qu’elle subit. Le rappel du sacré – « demeure sacrée », « hors du Temple » – montre qu’elle est non seulement capturée physiquement, mais aussi symboliquement arrachée à sa culture, à sa religion et à son identité inca.

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