La République, un livre politique
Dissertation : La République, un livre politique. Recherche parmi 303 000+ dissertationsPar Icklys Osu • 22 Décembre 2025 • Dissertation • 1 203 Mots (5 Pages) • 6 Vues
Peut-on dire de La République ou de son vrai nom Πολιτεία (La Cité, La Constitution) que c’est un livre politique ? Pour donner d’emblée un semblant de réponse, autant partir d’un grand commentateur dénommé Proclus. Celui-ci estime que le texte de Platon possède deux grandes lectures qui s’affrontent. La première porte sur la justice, car le dialogue s’ouvre sur cette question[1]. De l’autre côté, nous pouvons penser que la République traite du régime politique, car il crée une cité idéale en parole. En analysant ces deux conceptions, Proclus en conclut que nous devons réunir les deux lectures et propose que le but primaire de Platon serait la recherche de la justice dont les manifestations sont multiples. Autant sur le plan Politique, comme avec la question de l’éducation[2], la division du travail, la question homme-femme… et Ethique comme avec l’harmonie, l’éveille du citoyen ou le mythe de la caverne, les trois parties de l’âme… Il existe maintes interprétations de La République, toutes plus originales les unes que les autres[3]. Cependant, j’estime que l’interrogation que soumet Proclus reste plus viable et moins austère pour répondre à la question même si toutes les propositions restent intéressantes en soi.
L’homme en société
Le citoyen est déterminé par deux facteurs essentiels ; d’une part, la nature qui est une sorte de caractère visant à sélectionner les enfants plus ou moins habiles, et plus ou moins doués pour les mettre dans des rôles qui leurs conviennent. Par exemple, tel citoyen est bon pour faire des vêtements, un autre pour cultiver la terre et les bêtes et un autre qui possède la compétence de bâtir[4]. Cette question de l’inné ne vise pas que le physique de l’individu mais aussi son tempérament intellectuel. Platon n’est pas tendre et pense que nous ne pouvons pas aller au-delà de qui nous sommes, qu’il existe des naturels moins bons, pour reprendre ses mots : « petite nature / naturel médiocre »[5] . Le rôle de l’éducation n’est pas de changer la nature des citoyens, mais de rendre la vertu accessible à tous. Il y a donc des gens plus ou moins médiocres, dont le but de la société serait de trouver la bonne place pour tout en chacun. Dans le livre III en 415a à c, Platon propose une comparaison sur les trois natures des citoyens symbolisées par des métaux. L’homme de bronze ne saurait jamais être d’un rang aussi élevé qu’un homme d’argent ou d’or. Le naturel d’or s’occuperait bien mieux de la cité et serait appelé Gardien Parfait. L’homme d’argent ou Gardien serait entrainé pour protéger la cité, ce serait l’équivalent du militaire d’aujourd’hui. L’homme de bronze aurait pour mission de produire des richesses et d’assurer les besoins matériels du peuple. Je nuance ici Platon, car il soutient la thèse que la société a besoin de tous les types d’individus parce qu’ils possèdent des vertus différentes. Le(s) gouverneur(s) possède(nt) la vertu du noûs, les défendeurs de la cité le tumôs et les artisans l’épitoumia. Pour reprendre un autre mythe de Platon, dans le Phèdre, la notion du Typhon est utilisée pour expliciter le chaos de l’âme qui vit sans harmonie[6]. La société, grâce à ses citoyens répondant à son principe, serait comme une sorte de musique qui s’accorderait chacun exerçant le but qui lui est propre. Dans quel but précisément ? Platon nous le confirme en 434 c,d. : « chaque classe de l’Etat accomplissant la tâche qui est la sienne […] ce qui existerait ne serait-ce pas la justice et n’en résulterait-il pas pour l’Etat qu’il n’est juste ? […] je ne pense pas qu’il en soit autrement que comme cela ! » Ce but de la Justice est le cœur du projet éthico-politique de Platon.
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