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Fiche sur le dénouement de Pour Un ou Pour un Non

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Par   •  31 Mai 2026  •  Fiche  •  1 880 Mots (8 Pages)  •  9 Vues

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EL3

Quand Nathalie Sarraute publie Pour un oui ou pour un non en 1981, elle écrit déjà depuis de nombreuses années. Depuis ses premiers textes, elle s’intéresse aux tropismes, c’est-à-dire des sentiments fugaces, brefs, intense mais inexpliqué

Dans cette pièce, elle met le langage au centre : les mots, les silences et les intonations ne sont pas neutres. Ici, la dispute entre deux amis naît de la simple intonation de la phrase, « c’est biiien…ça »

L’action repose donc uniquement sur la parole : ce sont les mots eux-mêmes qui provoquent et alimentent le conflit.

Cet extrait, qui correspond au dénouement, montre que les deux personnages sont arrivés à un point de non-retour. Ils prennent conscience qu’ils appartiennent à deux « camps » opposés : l’un défend un monde figé et normé, l’autre une vision plus libre et moins catégorisante.

La rupture est désormais assumée. Quand H1 dit « Oui. Je vois. », il reconnaît lucidement leur désaccord. Paradoxalement, c’est cette acceptation du conflit qui crée une forme de consensus : la dispute mène à une clarification et à une vérité partagée.

Problématique : En quoi le dénouement met il en lumière une entente commune où chacun réaffirme ses valeurs

*l.1 à 7- L’apaisement

*l.8-23 – Un sort commun face au jugement de la société

*l.24-26 -  Une fin déroutante

Certes, le dénouement montre que H1 et H2 ne tombent pas dans un accord complet : H1 accepte certaines normes sociales tandis que H2 affirme son refus des conventions. Cependant, la dispute et le dialogue qui la compose ont permis de mettre en lumière une entente commune : chacun reconnaît l’importance de la rupture et partage la conscience des freins imposés par la société. Les échanges montrent aussi que, malgré leurs positions opposées, ils réaffirment leurs valeurs respectives — H1 la prudence et l’attachement aux règles, H2 l’indépendance et le refus du conformisme — tout en préservant leur complicité et leur compréhension mutuelle. La scène finale, avec l’ouverture comique et paradoxale du « oui » et du « non », traduit cette coexistence d’accord et de différend, révélant que le conflit a servi à clarifier leurs positions et à établir une entente lucide entre eux.

On peut voir ce dénouement comme une comédie amère, à la manière du Misanthrope de Molière : on rit des disputes et des jeux de mots, mais H1 et H2 souffrent vraiment et semblent pris dans un mécanisme de conflit inévitable. Le tragique vient ici de petites rivalités et de piques d’amour-propre, rendant la scène à la fois drôle et touchante.


*l.1 à 7- L’apaisement

On perçoit d’emblée un apaisement dans les premiers échanges, où les personnages amorcent la fin de leur dispute.

  • « […] À quoi bon s’acharner ? » Question rhétorique →signifie la fin de la lutte

+ « A quoi bon » expression familière → rejette la notion d’utilité.

H1 met fin à la dispute + le vb « s’acharner » (hyperbole) suggère la violence destructrice atteinte par les deux hommes dans ce face à face.Les deux personnages souffrent cruellement de la situation.

  • L2 à 4 « plus sain », « plus salutaire » comparatifs de supériorité gradation avec superlatif « meilleure solution »

Aucun des deux ne prononce le mot, comme s’ils hésitaient à dire quelque chose d’aussi définitif, mais la périphrase employée par H2 désigne clairement la rupture. l’un et l’autre admettent l’intérêt de la rupture

  • « Mais tu sais bien comment nous sommes. » Conjonction d’opposition « Mais »Pronom « nous »
    Le « Mais » introduit un obstacle un frein qui bloque la décision
    Le « nous » montre qu’ils se mettent du même côté : ils partagent le même défaut.Ce défaut, c’est la peur d’officialiser la rupture
  • « Même toi, tu n’as pas osé le prendre sur toi. » Adverbe « Même » (insistance). Verbe « oser ». Pronom « le » (qui remplace le mot « rupture »)
    « Même » montre que c’est surprenant (H2 est normalement celui qui ose défier les règles).
    « Oser » montre que rompre est vu comme un risque.
    Le pronom « le » évite de dire « la rupture » : ils ont encore du mal à la nommer clairement.
  • « Non. J’ai besoin qu’on m’autorise… »:Négation « Non ». Pronom indéfini « on » (qui désigne la société, les autres)

H2 reconnaît qu’il n’a pas osé. Il admet qu’il a besoin de l’autorisation des autres (de la société) pour agir. Cela montre que le regard social est un frein (ils ont peur du jugement des autres).

  • « Et moi donc, tu me connais… »Rappel de la proximité (« tu me connais »). Expression d’accord (« Et moi donc »)
    H1 reconnaît lui aussi sa faiblesse. En disant « tu me connais », il rappelle leur complicité (leur longue amitié). Il insiste sur le fait qu’ils se comprennent parfaitement, même dans leurs défauts.

Étonnamment, alors que H1 et H2 ont convenu la nécessité de la rupture, ils paraissent se réconcilier autour de celle-ci…

Ainsi, ce passage traduit un véritable apaisement, où le conflit s’efface au profit d’un accord lucide.

  1. ll.8-23 – Un sort commun face au jugement de la société  

  2. H1 et H2 se trouvent désormais dans un sort commun, confrontés ensemble au regard et au jugement de la société.

  • « Un silence. » didascalie. Elle marque un temps de réflexion. H1 pense à la possibilité d’une demande commune : il envisage une action collective.
  • « Qu’est-ce que tu crois… si on introduisait une demande… à nous deux, cette fois… » Phrase interrogative + hypothèse (« si ») + pronom « nous » + aposiopèse
    H1 imagine une situation irréelle : celle d’un procès. Le « nous » montre qu’ils seraient dans le même camp. Les points de suspension traduisent son hésitation.
  • « on pourrait peut-être mieux expliquer… on aurait peut-être plus de chances… » Conditionnel + répétition de « peut-être » + comparatifs + parallélisme.
    Les comparatifs (« mieux », « plus de chances ») montrent qu’il espère une amélioration s’ils parlent ensemble. Mais le conditionnel et « peut-être » traduisent une forte incertitude : H1 imagine une solution sans en être convaincu. On sent déjà l’échec possible.
  •  « Non… à quoi bon ? » Négation catégorique + reprise de l’expression « à quoi bon ».
    H2 refuse immédiatement. La reprise de « à quoi bon » fait écho au renoncement du début : il considère la tentative inutile.
  • « Eh bien, de quoi s’agit-il encore ? De quoi ? Qu’est-ce qu’ils racontent ? »Prosopopée (il fait parler le jury) + accumulation de questions + registre familier.
    H2 met en scène le jugement social. Les questions traduisent l’incompréhension et le mépris. Cela montre l’incommunicabilité entre eux et les « gens de bon sens ».
  • « Quelles taupes ? Quelles pelouses ? Quels sables mouvants ? Quels camps ennemis ? »
    Énumération + interrogations non verbales.
    Les métaphores de H2 sont ridiculisées. Le jury rejette leurs arguments comme absurdes.
  • « Rien… rien d’autre nulle part que les signes d’une amitié parfaite… » Répétition de « rien » + négation partielle + hyperbole
    La répétition insiste sur l’absence totale de faute visible. L’expression « amitié parfaite » montre que, pour la société, leur rupture serait incompréhensible. Le jugement repose sur les apparences et les normes traditionnelles de l’amitié.
  • « qu’ils y prennent garde… qu’ils fassent très attention. » Subjonctif + juxtaposition.
    Cela ressemble à un avertissement solennel. La rupture est présentée comme une faute grave.
  • « quelle peine encourent », « signalés », « coupables » Lexique juridique et du danger.
    Ils seraient traités comme des fautifs.Rompre devient une transgression condamnable.
  • « on ne s’en approchera qu’avec prudence, avec la plus extrême méfiance » Négation restrictive + gradation.
    La restriction (« ne… que ») limite les relations possibles avec eux.La gradation (« prudence » → « plus extrême méfiance ») accentue leur exclusion : ils deviendraient des parias, mis à distance par la société.
  • « capables » / « coupables » Paronomase
    Le rapprochement des sons met en valeur l’idée de faute. Leur capacité à rompre est transformée en culpabilité.
  • « ils peuvent rompre pour un oui ou pour un non » Formule explicative + reprise du titre.
    Le tribunal jugerait leur dispute dérisoire.Le passage révèle le sens de la pièce : une rupture considérée comme insignifiante par la société.

H1 et H2 partagent un sort commun face au jugement de la société, qui refuse leur rupture et transforme leur conflit en une faute dérisoire aux yeux des autres.

*l.24-26 -  Une fin déroutante

La scène se termine sur une fin déroutante, où la dispute reste ouverte malgré l’avancée de leur entente.

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