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« Tout Ce Qu'il Y A De dévouement Dans L'épouse, De Tendresse Dans La mère, Racine En A Doué Andromaque. Mais Il A Voulu En même Temps Qu'elle N'ignorât Pas La Puissance De Sa Beauté. Elle S'en Sert Pour Se défendre Et Pour Protéger So

Mémoires Gratuits : « Tout Ce Qu'il Y A De dévouement Dans L'épouse, De Tendresse Dans La mère, Racine En A Doué Andromaque. Mais Il A Voulu En même Temps Qu'elle N'ignorât Pas La Puissance De Sa Beauté. Elle S'en Sert Pour Se défendre Et Pour Protéger So. Recherche parmi 237 000+ dissertations

Par   •  2 Novembre 2013  •  1 498 Mots (6 Pages)  •  581 Vues

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ANDROMAQUE : DISSERTATION

« Tout ce qu’il y a de dévouement dans l’épouse, de tendresse dans la mère, Racine en a doué Andromaque. Mais il a voulu en même temps qu’elle n’ignorât pas la puissance de sa beauté. Elle s’en sert pour se défendre et pour protéger son fils. »

Désiré Nisard

Le 21 novembre 1667, Andromaque est jouée pour la première fois. Après deux tragédies peu mémorables, celle-ci est un véritable triomphe et propulse Jean Racine vers une gloire immédiate. Aucune pièce depuis Le Cid de Corneille, trois décennies auparavant, n’a provoqué une telle émotion chez le public. Racine a repris des personnages de la fin de l’Iliade et utilisé tous les ingrédients des tragédies grecques : la beauté, la maternité, l’amour, la jalousie, la guerre et l’assassinat. Il les utilise afin d’imaginer une suite à l’histoire. Le succès de cette œuvre tient principalement au fait que chaque action est commandée par l’amour, jamais réciproque. Oreste aime Hermione, qui est amoureuse de Pyrrhus, qui brûle pour Andromaque, elle-même fidèle à son défunt mari. La princesse troyenne est d’ailleurs le seul personnage à être décrit de façon purement favorable. C’est cela qui pousse Désiré Nisard à affirmer qu’Andromaque possède toutes les qualités qui font une bonne mère et épouse. Elle est tendre et dévouée mais connaît le pouvoir de sa beauté, véritable arme dont elle use pour se défendre elle et son fils. Mais les questions suivantes se posent : Quelle est donc l’influence de sa beauté ? Son dévouement pour son fils a-t-il une limite ? Quelle image d’Andromaque tout cela donne-t-il ?

« Sa beauté la rassure (v.659) » dit Pyrrhus. Andromaque sait parfaitement que son physique la protège. Le fils d’Achille l’aime tant qu’il va regretter ses actes pendant la guerre : « Mais que vos yeux sur moi se sont exercés ! De combien de remords m’ont-ils rendu la proie ! Je souffre tous les maux que j’ai fait devant Troie (v.315-318) ». Mais la véritable preuve de son amour vient dans un vers célèbre qui suit cette tirade. Pyrrhus est « brûlé de plus de feux [qu’il] n’en allumait (v.320) ». Il est consumé par son amour et hésite donc quant au sort d’Astyanax. Dans un premier temps il veut bien le protéger du courroux des Grecs: « Mais, dussent-ils encore […] Demander votre fils avec mille vaisseaux, […] Je défendrais sa vie au péril de mes jours. (v.283-289) ». Il prend donc des risques considérables pour les beaux yeux d’Andromaque, et espère que cela lui fera changer d’avis à son propos : « En combattant pour vous, me sera-t-il permis De ne vous point compter parmi mes ennemis ? (v.295-296) ». Malheureusement pour lui, il essuie un refus catégorique de la part de son aimée. Il va donc se servir d’Astyanax pour arriver à ses fins : « Le fils me répondra des mépris de la mère (v.370)». Ceci va le conduire à un dilemme : « Faut-il livrer son fils ? (v.706) ». S’il le livre, il perd à jamais toute chance de plaire à Andromaque et s’il le garde, comment fera-t-il pression pour épouser la mère ? Finalement il énoncera son ultimatum : « Songez-y : je vous laisse, et je viendrais vous prendre Pour vous mener au temple où ce fils doit m’attendre, Et là vous me verrez […] Vous couronner, Madame, ou le perdre à vos yeux. (v.973-976) ». C’est ici que nous voyons que la beauté d’Andromaque est à double tranchant : elle lui a permis, jusqu’à cet ultimatum, de protéger son fils des Grecs car Pyrrhus était prêt à prendre tous les risques pour lui plaire. Mais à partir de ce moment elle redevient une victime de son physique : toute cette histoire ne se produirait pas si ses charmes n’étaient pas « tout-puissants (v.351) » parce que le fils d’Achille ne se serait pas épris d’elle. La beauté d’Andromaque est donc le déclencheur de l’histoire.

À partir de là on peut supposer que la veuve d’Hector, victime de sa splendeur, se soumettra à la volonté de Pyrrhus pour protéger « le seul bien [qui lui] reste et d’Hector et de Troie (v.320) ». Son fils est tout ce qu’elle a dans la vie et elle est prête à tout pour le défendre. Avant l’ultimatum, à la fin du premier acte, elle n’est pas tout à fait disposée à se battre pour Astyanax. « Il n’a pour sa défense Que les pleurs de sa mère (v.373-374) » dit-elle. On voit là une femme défaitiste qui pense

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