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Le Parfum : analyse comparée de la couverture de l’édition du Livre de poche et de l’affiche du film de Tom Tykwer

Fiche de lecture : Le Parfum : analyse comparée de la couverture de l’édition du Livre de poche et de l’affiche du film de Tom Tykwer. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  15 Novembre 2014  •  Fiche de lecture  •  5 419 Mots (22 Pages)  •  547 Vues

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Fiche technique du film

Le Parfum, Histoire d’un meurtrier Un film de Tom Tykwer Avec Ben Whishaw, Alan Rickman, Rachel Hurd-Wood et Dustin Hoffman Scénario de Andrew Birkin, Bernd Eichinger, Tom Tykwer D’après le roman de Patrick Süskind Produit par Bernd Eichinger Une coproduction France – Allemagne – Espagne Année : 2006 – Durée : 147 mn Sortie le 4 Octobre 2006

Plan détaillé

Préambule : analyse comparée de la couverture de l’édition du Livre de poche et de l’affiche du film de Tom Tykwer. (Niveau 3°-2nde)

I – Le roman et le film : deux œuvres d’odeurs (Niveau 3°-2nde) 1) Le vocabulaire de l’odorat 2) La puanteur : pistes pour un commentaire de texte 3) Le parfum : pistes pour un commentaire comparé

II – Histoire d’un meurtrier. (Niveau 3°-2nde) 1) Le meurtrier. Dissertation : Grenouille héros ou anti-héros ? 2) Les victimes 3) Du roman au film

III – Une histoire au XVIII° siècle : des Lumières à Sade (Niveau 1ère) 1) Une histoire au temps des Lumières 2) La ville au XVIII° siècle 3) Libertinage et révolution

IV – Documents

I. Deux œuvres d’odeurs : Richesse et variété de la sémantique des odeurs

“Un livre ne sent rien“ dit dans le dossier de presse du Parfum le réalisateur Tom Tykwer pour souligner la prouesse accomplie par Patrick Süskind, qui parvient à retranscrire tout un univers d’odeurs et de parfum. Un film ne sent rien non plus, pourrait-on lui répondre. On verra donc dans cette partie comment l’écriture littéraire et le langage cinématographique parviennent à donner corps à l’insaisissable, en analysant précisément extraits du livre et (autant que faire se peut) du film.

1/ Le vocabulaire de l’odorat Après avoir demandé aux élèves de lire l’œuvre et écouté leurs impressions de lecture, on pourra établir un questionnaire visant à mesurer l’enrichissement du vocabulaire lié à l’odorat, à partir d’une relecture en diagonale du roman en classe.

Quels sont les verbes synonymes de “sentir” ? Appliqué à l’odorat, le verbe “sentir” a deux significations, un sens actif qui désigne la perception et un sens passif qui désigne le fait de dégager une odeur. Dans le roman, le premier sens s’applique généralement à Grenouille, tandis que le second s’applique à son environnement. Pour les occurences du sens actif, on trouve dans le texte les verbes suivants : “aspirer” ; “renifler“ ; “plonger son nez” ; “dilater les narines“ ; “regarder avec ses narines“ ; “boire l’odeur“, “s’imprégner“, “inspirer“, “s’enivrer“, “saisir“, “flairer“, “col- lecter“, “saisir au vol “. Parmi les synonymes du sens passif, on trouve les termes “exhaler”, “dégager”, “émaner de”, “fleurer”. On constate que ces mots appartiennent à un registre soutenu : c’est sans doute un moyen d’exprimer la subtilité des parfums et la perception qu’en a Grenouille. Acontrario, on relève la récurrence du seul et même terme “puer”, péjoratif et familier, pour exprimer le caractère nauséabond de l’époque.

Quels sont les noms synonymes d’ “odeur“ ? Les substantifs synonymes d’odeurs peuvent se classer selon une échelle qui va du plus répugnant au plus enchanteur, de la “puanteur” au “parfum”. Entre ces deux extrêmes prennent place des termes plus ou moins connotés : “relents” (connoté péjorativement), “effluves” (qui se prête à des connotations à la fois péjorative et méliorative) ; “bouffée”, et vapeurs”, désignent, quant à eux, une ivresse sensuelle. On pourra conclure de ce relevé que le roman est marqué par une forte ambivalence des odeurs.

2/ La puanteur Paradoxalement, pour un roman intitulé Le Parfum, les premières pages nous plongent dans un univers pestilentiel. On s’appuiera tout d’abord sur un extrait du roman p. 5-7 (Document 1) pour le confronter à l’adaptation cinématographique qu’en propose Tom Tykwer. A partir de cet extrait, on peut soumettre aux élèves le questionnaire suivant :

A/ Questions sur le livre

Quelle impression d’ensemble produit cet extrait à la lecture ? Le lecteur est submergé par une sensation de nausée mêlée d’ironie.

Par quels moyens le narrateur réussit-il à produire cet effet ? - La répétition du nom “puanteur” et de son dérivé “puer”. - Le champ lexical de la puanteur : “odeur, pestilentielle, répugnant”. - L’énumération de groupes nominaux connotés péjorativement parce qu’ils évoquent les excréments (“fumier, crotte, urine, pots de chambre”), le corps malade (“dents gâtées, tumeurs éruptives“), la saleté (“draps graisseux, courtepointes moites, la sueur, les vêtements non lavés”), la pourriture (“chou pourri, melons pourris, déchets de poissons, cadavres”). - L’usage du superlatif : “la puanteur était la plus grande“, “l’endroit le plus puant de tout le royaume“. - Les comparaisons : “il puait comme un fauve, et la reine comme une vieille chèvre“. - Les métaphores : “les cheminées crachaient une puanteur de souffre“ ; “la chaleur […] projetant dans les ruelles son haleine pestilentielle”. On peut considérer que l’exagération et l’accumulation finissent par créer un effet de su r e n c h è r e qui laisse deviner l’ i r o n i e du narrateur et provoquent le sourire complice du lecteur.

Comment est organisé l’extrait ? L’extrait se compose de trois paragraphes s’enchaînant selon un ordre qui nous conduit du général au particulier. Le pre- mier paragraphe concerne les villes de France au XVIII° siècle et l’ensemble de l’échelle sociale, le second Paris et le cimetière des Innocents, le troisième, le marché de poissons le 17 juillet 1738. On assiste ainsi à un effet de resserrement à la fois géographique et historique qui permet d’introduire le premier personnage : la mère de Grenouille.

Pour quelles raisons le narrateur commence-t-il son roman ainsi ? On peut imaginer plusieurs raisons : - Il s’agit de situer un cadre spatio-temporel historique, la France au XVIIIème siècle. Cet extrait a donc une vocation informative comme l’indique l’intervention du narrateur qui se fait historien : “A l’époque dont nous parlons”, “…car en ce XV I I I è m e siècle…”. - Le narrateur place d’emblée son roman sous le signe de la sensation olfactive et réussit à faire ressentir quasiment physiquement la puanteur au lecteur. - Il y a aussi évidemment l’intention de provoquer celui-ci en heurtant son bon goût par une

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