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"Elle était déchaussée", tiré de la collection des Contemplations, écrite en 1856 par Victor Hugo.

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Par   •  7 Mai 2015  •  Fiche de lecture  •  1 578 Mots (7 Pages)  •  556 Vues

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Introduction

Le poème proposé à notre étude, nommé « elle était déchaussée », est extrait du recueil Les Contemplations, écrit en 1856 par Victor Hugo, grand écrivain romantique dont les créations poétiques ont rythmé le XIXème siècle. Cette œuvre se divise en deux parties : autrefois et aujourd'hui, dont la frontière est tracée par la mort de Léopoldine, fille de l’auteur.

Faisant partie de la première partie, ce poème de style très romantique par ses thèmes comme par sa forme décrit le bonheur de la rencontre amoureuse. On peut donc se demander comment l’auteur s’y est-il pris pour renouveler le topos de la traditionnelle rencontre amoureuse en l’adaptant à son courant littéraire à ce moment de sa vie, le romantisme.

Dans un premier axe, nous nous attarderons sur le lyrisme des sentiments et de l'amour. Le deuxième axe montrera l'accord de cette scène avec la nature environnante ; et nous étudierons enfin la forme non conformiste de ce poème très proche de la chanson.

I/ La rencontre amoureuse

1 - Du masculin et du féminin

Le thème du texte est la rencontre entre deux personnages : un "elle" qui représente la féminité et un «je » qui est le poète. Le personnage féminin est assez mystérieux. Il n'est pas nommé, simplement désigné par le pronom personnel.

Elle est à peine décrite : deux traits la caractérisent : la beauté (« comme une fée ») et son aspect négligé (« Elle est déchaussée et pieds nus »). Le poème insiste sur ses pieds nus qui permettent d'érotiser la scène.

Le personnage masculin quant à lui est d'abord évoqué par le pronom personnel "moi". Il s'agit du poète. Il est, comme souvent dans les poèmes de V. Hugo, un passant, un promeneur. Il est surtout celui qui maîtrise le regard et la parole. Il va être le seul à parler dans le texte.

Les rôles sont ainsi nettement délimités : la beauté est féminine, la parole est masculine. Le fait qu’aucun des personnages ne soit idéalisé ni longuement décrit représente la première cassure par rapport au cliché de la rencontre amoureuse.

2 - L'échange des regards et la scène d’amour

L'échange des regards est toujours essentiel dans la scène de rencontre. On constate ici que le regard est réciproque : "je crus voir une fée", "elle me regarda", "elle me regarda pour la seconde fois", "je vis venir». L’insistance sur le regard comme vecteur de la rencontre passe par la répétition du verbe « regarder » et le polyptote sur le verbe « voir », vers 3 et vers 14. (Définition de polyptote : forme de répétition par la reprise du même verbe à des

personnes ou des temps différents, par la reprise du même nom ou adjectif à des genres différents.) L’allitération en "v" unit le verbe voir (c’est à dire le regard), le verbe vouloir (c’est à dire le désir) et le verbe venir (c’est à dire l'accord) et montre la rapidité de la séduction amoureuse.

La rencontre entraîne ainsi l'invitation amoureuse avec le vers "Veux-tu t'en venir dans les champs ?". Celle-ci, très sensuelle et ambiguë, est éclairée par la périphrase : "le mois où l'on aime", l'allusion "les arbres profonds" ou encore le tutoiement amoureux aux vers 4, 7 et 8. Le verbe « triompher » au vers 6 ne laisse aucun doute sur l'issue de la scène.

Le jeu sur les pronoms éclaire le scénario du poème. Dans la première et la deuxième strophe, le "je" et le «elle» se répartissent équitablement les vers avec deux vers pour "je" et deux vers pour "elle". La troisième strophe, qui est un moment de pause et de réflexion féminine, consacre trois vers à la jeune fille qui est sujet. Dans la dernière strophe, le poète est sujet des verbes et la jeune fille est devenue objet de la séduction et du regard. Le jeu sur les pronoms met en scène la réciprocité du sentiment amoureux.

Conclusion 1 : Le Romantisme prône de privilégier l'expression des sentiments et des sensations. Ce poème décrit de manière très sensuelle le plaisir de la rencontre amoureuse dans un univers non codé, loin des contraintes de la société. C’est donc au travers de la vitesse du jeu de séduction, du côté très naturel et sauvage, voir non civilisé de la femme, ainsi que de la sexualisation de cette rencontre que l’auteur rompt dans un premier temps avec les aspects traditionnels de la rencontre amoureuse.

II/ l’hymne à la nature

*transition*

Mais Hugo ne le fait pas sans raison ni objectifs précis. En effet, le poète romantique aime à célébrer la nature et à se faire le traducteur des choses muettes. Ici, la nature est témoin et complice de la scène amoureuse. La nature finit par se transformer, dans sa communion avec le couple, en une sorte de Jardin d'Eden mythologique.

1 - Une scène bucolique

Il s'agit ici d'une scène printanière. Les romantiques préconisaient de simplifier la langue poétique et les métaphores.

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