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Commentaire sur la fable Le Lion Et Le Moucheron de Jean De La Fontaine

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Par   •  28 Février 2012  •  1 536 Mots (7 Pages)  •  10 241 Vues

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Lecture analytique : « Le Lion et le Moucheron »

Les Fables de Jean de La Fontaine ont été publiées de 1668 à 1693, en deux recueils. Le XVII° siècle est celui du classicisme où la fable est une des formes privilégiée. Le classicisme revendique l'usage d'un style simple et naturel. C’est dans le premier recueil qui contient les six premiers livres que l’on trouve les textes les plus connus du fabuliste. L’inspiration a encore une fois été apportée à La Fontaine par Esope (« Le Cousin et le Lion »). Une version différente sera écrite par Achille Tatios. Cette fable, située en neuvième position dans le Livre II, fait partie des premières fables de La Fontaine, où l’écrivain laissait encore une totale fantaisie à son imagination en teintant d’humour tous ses petits récits. C’est le cas ici dans cette fable qui nous narre le combat burlesque d’un moucheron et d’un lion, dont tous les deux mourront. Il s’agira de voir en quoi cette fable oscille entre réalisme et burlesque.

I) Des animaux humanisés

Convention littéraire de la fable : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes » (La Fontaine). Les animaux sont dotés de la parole et de la pensée humaine, c’est donc une personnification et un élément du registre merveilleux. Le lecteur oscille en permanence dans la fable entre traits d’animalité et traits d’humanité.

1. Portrait physique des personnages

Deux personnages sont présents : le Lion et le Moucheron (personnages éponymes). Deux animaux présentés par quelques caractéristiques physiologiques :

Le Lion : son animalité est rendue par des termes comme « quadrupède » (v.15), « museau » (v.20), « griffe, dent » (v.24)… termes qui soulignent un animal de la terre, un animal doté d’une force physique impressionnante et possédant une violence potentielle.

Le Moucheron : son animalité se dessine dans les termes explicites comme « insecte » (v.1, v.30)… termes qui soulignent la petite taille (moucheron = petite mouche), la faible constitution.

Au XVII° siècle, le mot mouche est un mot général qui désigne n’importe quel insecte volant ; on peut donc songer que le moucheron est un moustique (termes ratifiant cette idée : « pique » (v.20), « harcèle » (v.19), et « invisible » (v.23). Les termes soulignent un animal de l’air, un animal petit et d’apparence peu robuste.

Il y a donc une antithèse entre ces deux animaux.

2. Portrait social des personnages

Le lion est le roi des animaux selon la tradition : « ton titre de roi » (v.5), connotations de puissance et d’autorité.

Le moucheron est plus petit, connotations d’infériorité, de faiblesse et de soumission.

Les majuscules données aux deux substantifs soulignent l’allégorie.

Le Lion = le Roi et le Moucheron = un noble, un courtisan

3. Portrait psychologique et moral des personnages

Le Lion a des traits de caractère décelables dans son comportements et surtout dans ses paroles : mépris pour le Moucheron, fierté, orgueil, vanité (vers utilisé pour lui : alexandrin ; ampleur et régularité de ce vers = indice de la majesté et de l’emphase royale).

Le Moucheron ne fait pas preuve d’humilité, orgueilleux également des le début du texte.

Une théorie médicale de l’Antiquité au service de La Fontaine : théorie du médecin grec Galien, théorie dite des quatre humeurs : quatre humeurs président à l’équilibre du corps humain : sang, flegme, bile, bile noire ; le tempérament de chacun s’explique par le mélange et la proportion de ces différentes humeurs (liquides) dans notre corps. Selon la prédominance de l’un ou l’autre liquide, on a :

Tempérament sanguin (nature gaie, ouverte)

Tempérament flegmatique (nature calme et pondérée)

Tempérament bilieux (nature prompte à la colère)

Tempérament atrabilaire (nature vite irritable, mais aussi liée à la tristesse, à la neurasthénie)

Le Lion a un caractère bilieux ou atrabilaire : il se met en colère des qu’il est importuné par le moucheron et se querelle vivement avec ce dernier (« la bête irritée »)

Le Moucheron a un caractère sanguin (dynamisme, vivacité) mais poussé à l’excès.

Dédain du Lion montré par les caractérisations qu’il accorde au Moucheron : discours rapporté direct : « chétif » qui renvoie à la petitesse, certes mais également à l’insignifiance ; « excrément de la terre » (périphrase très péjorative) insiste sur l’idée du déchet, du rebut.

Le champ lexical dont l’isotopie est la violence est prêtée au Lion : « écume », « étincelle », « rugit » … Ce sont des images concrètes de l’animal qui mettent devant les yeux du lecteur/spectateur l’exaspération grandissante du Lion qui atteint un degrés paroxystique (« fureur extrême » v.28).

Le Moucheron refuse de se soumettre à l’autorité royale et va même se rebeller : Le tutoiement est une marque d'irrespect vis-à-vis de son roi. On a un discours qui souligne sa propre vanité (« à ma fantaisie »). Le Moucheron

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