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Commentaire sur la Lettre à Sophie Volland De Diderot

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Par   •  5 Mai 2012  •  901 Mots (4 Pages)  •  1 128 Vues

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Louise Henriette Volland, dite Sophie, amie et maîtresse du philosophe fut la correspondante privilégiée de Diderot de 1755 à 1769. Les sujets semblent inépuisables sous la plume des deux épistoliers, à en croire les différentes lettres laissées par Diderot - nous n’avons aucune lettre de sa correspondante. Dans cet extrait, la philosophie côtoie l’amour autour d’une réflexion sur la matière et sur la vie et la mort. La lettre que nous étudions obéit à un plan rigoureux, sans être pour autant dénuée de la spontanéité qui caractérise l’échange épistolaire :

Le premier paragraphe est une réflexion philosophique sur la matière vivante ; mais le ton utilisé est celui de la conversation personnelle.

Le second s’ouvre sur l’anecdote d’une soirée et approfondit quelque peu la réflexion commencée au début de la lettre.

Le troisième paragraphe a des accents plus personnels « Ô ma Sophie, il me resterait un espoir de vous toucher, de vous sentir, de vous aimer, de m’unir, de me confondre avec vous, quand nous ne serons plus » : la réflexion s’achève sur une rêverie à la fois philosophique et amoureuse.

Le dernier paragraphe permet à l’épistolier de prendre congé : « Mais il est sept heures, et ce maudit commissionnaire ne paraît pas. » La réalité quotidienne surgit sous la plume de Diderot, la lettre peut finalement s’achever.

Problématiques d’étude :

L’utilisation du genre épistolaire fait ici l’objet d’un traitement particulier : il s’agit bien d’une correspondance privée, mais l’épistolier s’en sert aussi pour élaborer un discours philosophique. Quelle est alors la fonction de la lettre et de son destinataire ? Cette correspondance relève-t-elle de la Littérature ou n’est-elle qu’un échange privé entre deux amants ? Nous étudierons la fonction particulière du genre épistolaire dans ce texte, en montrant que Diderot en fait un genre original.

I/ De la lettre au discours philosophique

La lettre relève d’abord d’un genre personnel. Elle est un document autobiographique et authentique. Elle a pour vocation de transmettre des informations à un correspond éloigné. Mais pour Diderot, ce type de texte est un prétexte supplémentaire pour parler philosophie. Si la lettre est bien un échange, c’est ici un échange de point de vue sur des questions abordés par les philosophes de la « coterie holbachique » , notamment la question de savoir si « ce qui vit a toujours vécu et vivra sans fin ». C’est un sujet que Diderot a déjà abordé dans certaines de ses œuvres, dont le Paradoxe sur le comédien - il y fait allusion dans cette lettre : « Le reste de la soirée s’est passée à me plaisanter sur mon Paradoxe. On m’offrait de belles poires qui vivaient, des raisins qui pensaient. » Il est intéressant de constater ici que la lettre permet une multiplication des registres : certaines phrases relevant du registre didactique, d’autres sont plutôt comiques. Ainsi, Diderot évoque, non sans humour, une soirée avec ses amis philosophes.

Revenons au premier paragraphe de la lettre. Diderot commence par poser un postulat : « Le sentiment et la vie sont éternels ». Il annonce, sous la forme d’une affirmative

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