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Commentaire De la tragédie Bérénice de Jean Racine

Mémoire : Commentaire De la tragédie Bérénice de Jean Racine. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  3 Novembre 2011  •  1 168 Mots (5 Pages)  •  10 169 Vues

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=> Plan :

- Dénouement original

- Une issue tragique

- Une héroïne qui force l’admiration.

Introduction :

Racine, poète tragique du XVIIème siècle, est considérée comme l’un des plus grands auteurs de théâtre français de son époque. Ses pièces prennent forme en de longs poèmes en alexandrins, dans lesquels les monologues et les tirades ont une grande place et où l’action y est extrêmement réduite. Après Britannicus et avant Mithridate, Bérénice est l’une des trois tragédies romaines de Racine. Par une coïncidence qui reste mystérieuse, Corneille fit représenter sa tragédie Tite et Bérénice à huit jours d’intervalle avec celle de Racine. Les deux pièces avaient le même sujet : la séparation de l’empereur Titus et de la reine Bérénice, qui sacrifient leur amour à la raison d’Etat, mais celle de Racine remporta le plus de succès. L’extrait que nous allons étudier est la dernière scène de l’œuvre (V, 7). Bérénice dans une tirade dramatique fixe le sort des personnages, c’est pourquoi nous nous demanderons en quoi Bérénice se révèle une issue tragique mais atypique ? Pour cela nous étudierons, tout d’abord dans une première partie le dénouement original de Bérénice, avant de remarquer l’issue tragique de cette fin. Enfin nous nous concentrerons sur Bérénice, une héroïne qui force l’admiration.

I. Un dénouement original

1. L’absence de mort violente

Par tradition, le dénouement d’une tragédie est sanglant. Accidents, assassinats, suicides : le héros meurt victime de la vengeance des dieux, de la haine des hommes ou, chez Racine surtout, des effets d’une passion délétère (Andromaque par exemple). Or dans Bérénice, aucun des trois héros ne meurt. Au contraire, Bérénice affirme, à la fin de la tirade qui s’adresse à Titus : « Je vivrai ». Il est annoncé par le rythme ascendant des deux vers précédents, et détachés au début du vers 25 par une coupe secondaire (marqué par deux virgules), ces deux mots ressemblent à une promesse.

2. Mais un dénouement douloureux

Mais ce n’est pas une fin heureuse. Titus régnera seul, Bérénice regagnera la Palestine et Antiochus continuera à errer à travers l’Orient. Le caractère pathétique de ce dénouement est mis en évidence par le champ lexical de la séparation : « fuis », « quitte » et de la souffrance : « larmes », « malheureuse », « douloureuse », « alarmes »…. De plus, Racine joue sur les phénomènes d’écho grâce à des rimes riches comme « larmes », « alarmes », à des mots de la même famille : « alarmée » / « alarmes », à des répétitions, « malheureux » / « malheureuse », notamment avec le mot « adieu » répété quatre fois aux vers 1494, 1495, 1502 et 1506. Toute la tragédie de la séparation est reflétée à travers ce mot que Bérénice répète avec amertume.

Transition : L’absence de mort à l’issue de son dénouement est l’une des particularités de Bérénice. Cependant, elle ne diminue pas le tragique de l’aboutissement de cette pièce. Le tragique de ce dénouement n’y est pas pour le moins affaibli.

II. Une issue tragique

1. La solitude

C’est d’abord à la solitude que ce dénouement doit sa dimension tragique :

« je l’aime, je le fuis ; Titus m‘aime, il me quitte » (v. 1500).

Par la symétrie parfaite des deux hémistiches, eux-mêmes composés de deux éléments symétriques, par les pauses, par la syntaxe et par le lexique (opposition amour/séparation), ce vers met chacun des deux héros dans une solitude absolue, à laquelle s’ajoute

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