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Commentaire De Texte: Portrait De Mlle De Chartres dans le roman La Princesse De Cléves de Madame de Lafayette

Compte Rendu : Commentaire De Texte: Portrait De Mlle De Chartres dans le roman La Princesse De Cléves de Madame de Lafayette. Recherche parmi 238 000+ dissertations

Par   •  9 Juin 2012  •  2 047 Mots (9 Pages)  •  2 127 Vues

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La Princesse de Clèves - Le portrait de Mlle de Chartres

Introduction :

Le roman de Mme de Lafayette s’ouvre sur un tableau de la cour de France dans les dernières années du règne de Henri II. C’est dans un cortège d’êtres d’exception, décrits de manière superlative et abstraite, que paraît tout à coup l’héroïne, Mlle de Chartres, future princesse de Clèves. Personnage de fiction, elle est encore plus extraordinaire que les plus prestigieuses dames de la cour et sa vraisemblance se trouve garantie par le cadre historique du roman.

Cependant, si ce portrait est, comme les autres, placé sous le signe de l’excellence et de l’abstraction, il s’en distingue sur un point : la place essentielle faite à l’éducation qu’a reçu la jeune fille. C’est le passage central du texte, qui donne à cette présentation une importance décisive pour la suite.

I. L’art du portrait

II. Les conseils d’une mère

III. Une présentation décisive

I. L’art du portrait

C’est avec élégance que Mme de Lafayette introduit la belle héroïne de son roman.

A. L’effet d’attente

Mme de Lafayette ne livre pas d’emblée le nom de l’héroïne. C’est au contraire par une sorte d’énigme que débute le portrait, l’apparition d’une inconnue dans le microcosme de la cour : Il parut alors une beauté à la cour qui attira… marque un effet de rupture dû à l’irruption de la fiction dans la chronologie. Tous les regards se portent vers cette beauté parfaite qui, surpassant toutes les autres, suscite leur admiration.

Le récit marque alors un temps d’arrêt. En revenant sur le passé de la jeune fille mystérieuse, l’auteur donne les éléments de résolution de l’énigme : on apprend qu’elle était de la même maison que le vidame de Chartres, dont il a été question au début du roman, et son nom est révélé par celui de sa mère, Mme de Chartres.

La fin du texte renvoie au début, et l’image, un instant interrompue, de l’entrée de Mlle de Chartres dans ce lieu où les regards jouent un rôle essentiel, revient au premier plan : Lorsqu’elle arriva, le vidame alla au devant d’elle.

B. Une beauté idéalisée

La première désignation de l’héroïne est une métonymie : une beauté, reprise par une beauté parfaite et la grande beauté. Elle est l’incarnation de la beauté.

Sa description physique demeure très vague. On évoque seulement la blancheur de son teint, ses cheveux blonds, la régularité de ses traits. On insiste également sur sa jeunesse dans sa seizième année. Il n’y a donc aucun élément vraiment pittoresque dans la présentation qui est faite de l’héroïne. C’est une description stéréotypée.

Mme de Lafayette, bien loin de tendre vers le réalisme, se plaît au contraire à accumuler les termes abstraits qui favorisent les interprétations les plus subjectives. Elle préfère suggérer ce qui émane de la jeune fille : l’éclat, la grâce, les charmes. Ces concepts malaisés à définir créent un halo de connotations positives qui font rêver le lecteur.

L’absence de description précise va de pair avec une idéalisation du personnage, à travers divers procédés :

• La narratrice suggère d’abord l’intensité de sa beauté par les effets qu’elle provoque sur son entourage : elle attira les yeux de tout le monde, elle donna de l’admiration, le vidame fut surpris de la grande beauté… Le narrateur rapporte l’admiration dont elle fait l’objet : l’on doit croire que c’était une beauté parfaite, puisqu’elle donna de l’admiration dans un lieu où l’on était si accoutumé à voir de belles personnes, grâce à un champ lexical de la vue : parut, yeux, voir.

• Les procédés hyperboliques sont nombreux.Mlle de Chartres est présentée dans une sorte de surenchère, comme surpassant tous les autres membres d’une cour qui, elle-même, est exceptionnelle. Les superlatifs sont nombreux : tout, parfaite, une des plus grandes, extraordinaires, extrême, un des grands partis, extrêmement, la grande beauté, que l’on n’a jamais vu qu’à elle, tous.

Le caractère exceptionnel du personnage concerne aussi son statut social : une des plus grandes héritières de France, un des grands partis qu’il y eut en France. L’idéalisation touche également sa mère, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires.

Sa singularité vient enfin de l’éducation qu’elle a reçue.

• Mme de Lafayette n’insiste pas sur la formation intellectuelle de son héroïne. Tout est dit en une formule qui met sur le même plan les facultés mentales et les dispositions physiques : sa mère travailla […] à cultiver son esprit et sa beauté.

Ainsi, cette description présente à la fois les traits précieux, par son aspect hyperbolique, et classiques, par son abstraction et son art de la suggestion (métonymie, usage de l’impersonnel : il parut, on dut croire).

II. Les conseils d’une mère

Dans ce portrait, l’éducation reçue par l’héroïne occupe une place importante. La narratrice glisse du portrait à une réflexion de moraliste sur les dangers de l’amour.

A. Le portrait, prétexte à un discours moraliste

Mme de Lafayette donne la parole à Mme de Chartres. Ainsi, son programme éducatif est présenté d’abord sous forme de discours narrativisé puis indirect.

Le discours narrativisé débute à elle faisait souvent à sa fille des peintures de l’amour jusqu’à où plongent les engagements, introduit par la proposition indépendante Mme de Chartres avait une opinion opposée. (Soit 2 propositions indépendantes + 3 propositions principales) Le discours indirect commence avec elle lui faisait voir + PS1 quelle tranquillité… + PS2 combien la vertu ; puis une autre principale mais elle lui faisait voir aussi + PS1 combien il était difficile (+ 2 PS relatives).

On passe donc insensiblement du discours narrativisé au discours indirect, ce qui donne à ce développement le caractère vivant d’une conversation sans cesse reprise, ce que confirme d’ailleurs l’utilisation des imparfaits d’habitude : elle faisait, elle lui montrait, elle lui faisait voir aussi. Mme de Chartres, qui fonde son éducation sur la parole, sait qu’il n’y a pas d’éducation sans imprégnation.

Mme

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