Les Caprices de Marianne (II,6), Musset
Commentaire de texte : Les Caprices de Marianne (II,6), Musset. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar zaccharie • 15 Avril 2026 • Commentaire de texte • 1 603 Mots (7 Pages) • 4 Vues
Commentaire Les Caprices de Marianne (II,6)
Alfred de Musset (1810-1857) est l’une des figures majeures du romantisme français, qui privilégie l’expression des sentiments, la passion et les dilemmes intérieurs. Il rédigea les caprices de Marianne, pièce de théâtre en deux actes en 1833.Cette œuvre fait partie des spectacles dans un fauteuils et a été écrite pour être lue et non représentée ce qui explique qu’elle ne sera jouée qu’en 1851 à la comédie française. L’épilogue (acte II scène 6) de ce drame romantique met en scène les tentatives de Coelio pour conquérir le cœur de Marianne. Faisant appel à son ami Octave comme entremetteur, il crée un trio amoureux où divers quiproquos conduiront à la mort inéluctable de Coelio. En effet, Coelio tombe dans un piège tendu par Claudio, le mari de Marianne, il se sent trahi par Octave qui avait organisé l’entrevue entre Coelio et Marianne. Cette dernière scène qui se déroule dans un cimetière, quelques jours après la mort de Coelio, est donc l’ultime rencontre entre Octave, terrassé par la mort de son ami et Marianne tombée amoureuse d’Octave. On assiste dans cette scène courte, à un dialogue inégal aux allures de soliloque où la mort et la fatalité sont omniprésentes, ce qui nous amène à nous interroger sur la tonalité tragique de cet épilogue. En quoi ce dialogue est tragique ? Pour y répondre nous analyserons d’abord la communication impossible entre deux personnages très contrastés puis nous étudierons la forte présence d’une mort réelle et symbolique à la fois.
Cette scène qui réunit Octave et Marianne devant la tombe de Coelio va sceller la fin tragique du trio amoureux en révélant les oppositions qui séparent Marianne et Octave.
On assiste en effet, à un dialogue très inégal qui ressemble presque à un monologue d’Octave avec de longues répliques (l.1 à l.8 ; l.10 à l.18 puis l.21 à l. 27), entrecoupé d’interventions très brèves de Marianne (l.9 ; l.19 à 20 et l.28). Cet épilogue est marqué par le décalage entre les deux personnages aussi bien dans sa structure très déséquilibrée que dans la teneur des propos. Marianne tente, malgré le peu de mots qu’elle prononce de se rapprocher d’Octave comme le montre l’usage des pronoms personnels ; dans sa première réplique elle tutoie Octave « la femme qui t’aimerait » (l.9), puis devant l’indifférence d’Octave elle le vouvoie à nouveau « votre vie[…] rien craindre de vous »(l.20) ; enfin dans sa dernière réplique elle avoue ouvertement son amour à Octave en le tutoyant à nouveau « pourquoi dis-tu »(l. 28) pour se faire repousser brutalement par le vouvoiement d’Octave « Je ne vous aime pas, Marianne ; c’était Cœlio qui vous aimait ! ». Elle lui avoue ses sentiments dans des répliques où l’on retrouve le champ lexical de l’amour. Elle parle de ses sentiments de manière cachée dans un premier temps avec une périphrase la désignant «la femme qui t’aimerait » (l .9) puis plus ouvertement en associant le terme du champs lexical amoureux à la première personne du singulier « pas dans mon cœur » et « amour »(l.28). Elle tente d’interpeller Octave, le faire sortir de sa bulle où seul Coelio n’a sa place, en utilisant des questions rhétoriques qui ont pour but l’aveu progressif de ses sentiments à Octave et l’éveil des sentiments d’Octave. Elle commence avec une question où l’on retrouve la forme interro-négative « ne serait-elle point heureuse » et le conditionnel « t’aimerait ? » pour atténuer la déclaration qu’elle lui fait. Puis lui montre son inquiétude face aux risques pour sa vie « comment aurait-elle pu l’être, à moins de risquer votre vie » (l.19). Dans sa dernière réplique elle marque son opposition face aux propos d’Octave qui réfute tout amour possible, avec la conjonction de coordination « mais » et l’adverbe de négation « non » (l.28) avant de dévoiler clairement ses propres sentiments, expliquant qu’Octave a bien une place « dans [son] cœur » et de demander à Octave de s’ouvrir et de lui avoue son amour « pourquoi dis-tu : « adieu l’amour » ? » . Leur décalage se retrouve également dans l’intérêt qu’il porte au défunt Coelio. Alors qu’Octave semble complètement obnubilé par la mort de son ami, Marianne semble complétement indifférente à cette mort et ramène continuellement les propos vers celui qu’elle aime, « Octave »(l.9) s’inquiétant de sa sécurité « votre vie »(l.19).
Mais Octave semble ne pas prêter attention aux courtes répliques faites par Marianne pour qu’il se recentre sur leur relation : les répliques de Marianne semblent ne pas être entendues par Octave qui continue sur ses pensées .Il reprend en début de réplique suivante les
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