Commentaire de texte Ansoud de Maule
Commentaire de texte : Commentaire de texte Ansoud de Maule. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar jbgrnlx • 21 Mars 2026 • Commentaire de texte • 5 485 Mots (22 Pages) • 12 Vues
Commentaire de Texte : Un chevalier modèle, Ansoud de Maule, au début du XIIème siècle Histoire ecclésiastique Orderic Vital
L’époque des premiers Capétiens a rencontré plusieurs difficultés. De facto, la nouvelle lignée royale d’Hugues Capet dans l’optique d’imposer son autorité sur le royaume de Francie occidentale, doit d’abord l’imposer sur son propre domaine. Mais ce dernier est mal délimité.
En effet, il comprend des portions de territoire éparpillées de la Commune d’Orléans à Senlis. De plus, leurs organisations administratives ne se limitent qu’à quelques officiers palatins. Alors, le pouvoir se trouve plus dans les mains des seigneurs locaux que dans celles du pouvoir royal.
Mais la vraie difficulté que traverse le royaume de Francie occidentale se joue à l’échelle locale. En effet, la chute de la dynastie carolingienne créa un « chaos » dans les domaines francs. Les guerres violentes entre les différents seigneurs font rage. Mais face aux pillages et violences commises par les laïques, l’Église mettra en place la « Paix de Dieu » au Concile de Charroux en 989 ayant pour objectif d’apaiser ces violences. En créant un « serrement collectif[1]» entre tous les seigneurs sous peine d’anathème en cas de non-respect. Le clergé espérait retrouver un ordre dans le royaume de Francie. De plus, c’était une occasion pour étendre l’influence de l’Église au sein du Royaume. Cette « Paix de Dieu », avait donc pour objectif de réguler les conflits entre seigneurs. C’est dans ce contexte que se place cet extrait de l’ouvrage Histoire ecclésiastique d’Orderic Vital. Ce dernier est un moine anglo-normand. Il fait partie des historiens les plus important du Moyen-Âge central. Toute sa vie il a écrit l’histoire de son temps au monastère de Saint-Évroult en Normandie. Ce texte est un extrait biographique du livre 5 chapitre 19 de son œuvre principale : Historia ecclesiastica (Histoire ecclésiastique) écrite en latin puis traduite en français par A. le Prévost en 1840. Cet ouvrage relate le fonctionnement de la société féodale, les traditions monastiques ainsi que l’histoire de la Normandie ducale et l’Angleterre Normande. Il écrit cette référence des historiens du bas Moyen-Âge occidental de 1114 à 1141. Les moines avaient pour objectif à travers ces ouvrages, de préserver les connaissances de l’époque pour les futures générations, ainsi que répandre la bonne parole ecclésiastique. Elles se destinent donc aux lettrés, faible tranche de la population au Moyen-Âge. Dans cet extrait d’Histoire ecclésiastique, le moine trace le portrait d’Ansoud de Maule. Ansoud de Maule est un chevalier du XIème-XIIème siècle issu d’une famille noble. Il est décrit comme un chevalier exemplaire aux nombreuses vertus théologales et chevaleresques. Ainsi qu’une fidélité absolue aux normes et devoirs cléricaux du XIème–XIIème siècle. L’auteur retrace toute sa vie, de sa formation de chevalier, en citant ses exploits de guerres, son implication dans la vie religieuse, jusqu’à sa mort en tant que moine. Toutefois, les écrits des moines sur des figures religieuses sont à prendre avec du recul. En effet, les scriptoria ecclésiastiques ont tendance à mystifier et à créer des modèles pour répandre les bonnes mœurs de l’Église notamment à cette période du mouvement de la « Paix de Dieu ».
De plus, l’édition et la traduction de ce passage en 1840 est publiée dans un contexte où le catholicisme en France est en baisse. En ajoutant qu’Auguste Le Prévot était un orléaniste, donc un libéral fervent d’un État catholique. Cela peut donc être une tentative de remettre au goût du jour la chevalerie catholique. Toutefois, cet extrait est une source précieuse, car c’est un des rares récits de la vie du chevalier normand.
Ce texte nous invite alors nous poser la question : Dans quelles mesures, Orderic Vital à travers Ansoud de Maule trace le portrait d’un chevalier suivant à la lettre les dogmes catholiques du XIème – XIIème siècle en France afin de diffuser ces derniers ? Ainsi, Ansoud de Maule correspond parfaitement aux mœurs de la famille chrétienne. Ce chevalier se distingue aussi par ses qualités chevaleresques et une carrière militaire dorée. Enfin, voyons comment Orderic Vital trace le portrait d’un chevalier ecclésiastique jusqu’à l’adieu au visage.
Nous allons donc voir dans un premier temps, en quoi Ansoud de Maule correspond aux mœurs de la famille chrétienne.
En effet, cette description est celle d’une famille aux bonnes mœurs.
Commençons par celle de ses parents. À la ligne 1, Orderic Vital évoque rapidement le père du chevalier. Son père était Pierre de Maule, Baron de Maule, né vers 1025 et mort en 1101. Dans ce passage, le moine ne fait pas un éloge de ce dernier. Au contraire il va « dénigrer » le père de notre chevalier pour valoriser ce dernier : ligne 1 « Ansoud fut assez peu semblable à son père […] plus grand par sa valeur.» Ainsi, Ansoud de Maule est alors décrit comme plus valeureux, plus proche des mœurs de l’Église que son père. À l’inverse, la mère du chevalier est décrite de manière élogieuse dès qu’elle est abordée. Cette dernière se nomme Guindesmoth de Troyes. Ce texte fait un vrai hommage à la mère d’Ansoud. En effet, elle est décrite comme une femme pieuse, respectant les normes ecclésiastiques du XIème-XIIème siècle : ligne 10 « sa pieuse mère ».
En effet, en tant que femme pieuse, son rôle était d’enseigner à son fils les bonnes mœurs chrétiennes. Ainsi, on connaît bien le lien important qu’il y a entre la mère et l’enfant dans son éducation. Car il est important pour la mère de porter vigilance à l’éducation de son enfant.
Ainsi, Didier Lette explique que l’éducation de la mère vise « l’accoutumer dès l’enfance à bien faire »[2]. Laure Verdon ajoute que le rôle de la mère est majoritaire dans l’éducation des enfants, car c’est elle qui a le rôle de transmettre des valeurs[3]. À l’heure de sa mort Ansoud de Maule finira l’enseignement religieux qu’elle lui a appris. En effet, de la ligne 14 à 15, Orderic Vital explique le « rituel » à suivre pour l’enterrement de la mère. Il doit emmener cette dernière dans la nef de l’église. En effet, il était courant pour les familles nobles, d’enterrer les morts au plus proche de la maison de Dieu, c’est-à-dire dans une église. De plus, c’est le deuxième et dernier passage évoquant le père du chevalier ligne 15. « Puis son doux fils fit amener avec respect à son tombeau et enterra son corps […] près de celui qui avait partagé sa couche ». Ainsi, Orderic Vital à travers Guindesmoth de Troyes, illustre le « bon comportement » que doit avoir la mère pour l’éducation de son enfant, cette dernière qui doit se faire suivant les enseignements de Dieu. Mais dans cet extrait, la mère n’est pas le seul parent auquel notre héros appliquera ses devoirs de seigneur. Ainsi, il est expliqué à la ligne 56 : « Après le décès de son père, notre héros dirigea pendant dix-huit ans le domaine légitime de ses ancêtres ». En effet, il était nécessaire pour un seigneur d’honorer le domaine de ses ancêtres en s’en occupant. Ce devoir est issu de ce qu’on appelle le « culte des morts »[4]. Ainsi, dans la vie de seigneur et dans les enseignements ecclésiastiques, entretenir le domaine de ses ancêtres était essentiel. Cela vient du fait que lorsque ces terres étaient cédées, l’héritier obtenait aussi le droit de ban, il y avait donc une attente de faire honneur à ses ancêtres en prenant soin du domaine légué.
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