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Grand oral sur la guerrre de Vendée

Dissertation : Grand oral sur la guerrre de Vendée. Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  24 Juin 2026  •  Dissertation  •  1 099 Mots (5 Pages)  •  9 Vues

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INTRODUCTION

En mars 1793, dans quatre départements de l'ouest de la France, une révolte éclate contre la levée en masse décrétée par la Convention. Ce qui aurait pu n'être qu'un soulèvement parmi d'autres, il y en eut partout en France, va devenir la guerre civile la plus meurtrière de l'histoire française après les guerres de religion. Entre 140 000 et 200 000 morts, soit un quart de la population locale. La Vendée ne retrouvera sa démographie d'avant-guerre qu'en 1824.

Mais l'histoire de la guerre de Vendée ne s'arrête pas en 1796. Elle se prolonge dans les mémoires, dans les débats, dans la politique jusqu'à aujourd'hui. En 1994, certains parlementaires réclament la reconnaissance d'un « génocide vendéen ». Le Puy du Fou attire des millions de visiteurs sur ce territoire meurtri. Et régulièrement, la guerre de Vendée resurgit dans le débat public pour alimenter des polémiques très contemporaines.

Comment la guerre de Vendée, conflit d'une violence exceptionnelle, est-elle devenue une mémoire conflictuelle et instrumentalisée jusqu'à aujourd'hui ?

Pour répondre, nous verrons d'abord la nature exceptionnelle du conflit, puis comment la Vendée s'est construite comme une "région-mémoire", et enfin les enjeux politiques et identitaires de cette mémoire jusqu'à nos jours.

I. Une guerre civile d'une violence exceptionnelle

La guerre de Vendée naît de trois tensions simultanées. D'abord, un déséquilibre social : la Révolution affaiblit la noblesse et le clergé au profit d'une bourgeoisie qui rachète les biens de l'Église. Les paysans, privés de leurs anciens relais face aux élites locales, entrent en résistance, non pas contre la République en tant que telle, mais contre les bourgeois des villes qui la représentent. C'est ce que les historiens appellent « la voie paysanne de la Révolution ».

Ensuite, la Constitution civile du clergé de 1790 divise profondément les prêtres entre assermentés et réfractaires et le pape Pie VI refuse catégoriquement de la valider. Dans les campagnes vendéennes, très catholiques, l'imposition de prêtres assermentés crée une fracture profonde.

Enfin, la levée de 300 000 hommes en mars 1793 est la goutte qui fait déborder le vase. Contrairement aux autres régions où les soulèvements sont rapidement matés comme Clermont-Ferrand, Grenoble ou Le Mans, les paysans vendéens infligent une défaite aux forces républicaines à Pont-Charrault dès le 19 mars 1793. La dynamique s'emballe.

Le bilan humain est catastrophique. Selon l'historien Jacques Hussenet, entre 140 000 et 190 000 morts ; selon Jean-Clément Martin, spécialiste de la période, environ 200 000 — femmes, enfants et vieillards inclus. Certains cantons perdent entre un tiers et la moitié de leur population ; le canton de Cholet jusqu'à 60 %. Les noyades de Nantes, organisées par Carrier entre novembre 1793 et janvier 1794, font entre 1 800 et 4 800 morts supplémentaires.

Ce traumatisme est le socle sur lequel va se construire toute la mémoire vendéenne.

II. La Vendée, une "région-mémoire" construite par la guerre

La « guerre de Vendée » est d'abord une construction politique. C'est la Convention elle-même qui crée ce territoire unifié à cheval sur quatre départements et trois anciennes provinces, pour donner une unité à des révoltes disparates. La Vendée, en tant qu'espace et identité, est en partie une invention administrative née du conflit.

Pourtant, très vite, les Vendéens s'approprient cette identité imposée. Dès le XIXe siècle, la région est perçue, de l'extérieur comme de l'intérieur, comme rurale, profondément catholique, attachée à la monarchie

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