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La situation énergétique du Timor Oriental

Étude de cas : La situation énergétique du Timor Oriental. Recherche parmi 303 000+ dissertations

Par   •  27 Février 2026  •  Étude de cas  •  2 445 Mots (10 Pages)  •  15 Vues

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Regnier Romain

Lsup1

Année 2024/2025

Bibliographie :

TAGLIONI Francois et REDON Marie (2011), Insularité et développement durable, IRD Éditions, partie 2 environnements et ressources, Timor-Leste, entre développement durable et hydrocarbures : le faux dilemme ?, p. 207-228

Auteur inconnu (2025), Situation économique - TIMOR ORIENTAL, Direction générale du Trésor.  

LENG Shumei (1er août 2024), Young Chinese nuclear constructors bring electricity to Timor-Leste, help locals improve lives, realize dreams, Global Times

CARDOSO Joao da Cruz, (29 novembre 2023), Infrastructure and Economic Diversification in Timor-Leste, Heinrich Böll Foundation

                                                                                                                                   La Géographie des Énergies :[pic 1][pic 2]

Le Timor Leste : un jeune pays aux relations complexes et aux enjeux multiples, entre hydrocarbures et développement durable.

[pic 3][pic 4]

        L’étude de la géographie des énergies du Timor-Leste, également appelé Timor Oriental, peut à première vue paraître anecdotique et marginale. En effet, ce pays n’est qu’une petite île située au milieu de l’Océanie, faisant à peine la moitié de la superficie de la Belgique et ne comptant qu'environ un million deux cent mille habitants. Pourtant, plusieurs particularités en font un cas unique qui, au contraire, mérite toute notre attention. Ces spécificités peuvent être observées à travers le prisme de trois éléments. Premièrement, le fait que ce pays soit non seulement très jeune (il accède à son indépendance le 20 mai 2002 après plus de 450 ans de colonisation portugaise et indonésienne), mais surtout né grâce à une coopération internationale inédite placée sous l’égide de l’ONU. Ainsi, cette origine particulière fait de lui un cas zéro où l’étude, dans un contexte mondial très particulier de (futur) crise énergétique, de l’évolution énergétique, sociale et sociétale (notamment vers une potentielle durabilité) sans interférence liée à un passé, car dépourvue de toutes infrastructures anciennes, le transforme en un véritable exemple mondial quant aux possibilités énergétiques à suivre et à la capacité d’une gestion internationale de ces enjeux liés au caractère mondial de sa naissance. Deuxièmement, le Timor-Leste est imbriqué sur le plan régional mais aussi mondial dans des conflits quant à l’appropriation des ressources, puisque ce pays s’inscrit dans un espace géographique riche en ressources naturelles, notamment en hydrocarbures, avec des sources terrestres et maritimes. Dans le contexte de crise dans laquelle le monde est, ces ressources attirent les convoitises aussi bien des agents étatiques (notamment l’Indonésie et l’Australie entre lesquels il se retrouve coincé et doit subir leurs influences) que privés (particulièrement des différentes compagnies pétrolières). Et troisièmement, il semble important, pour comprendre la situation dans laquelle s’inscrit le Timor-Leste, de réfléchir à comment ce pays peut gérer la transition durable nécessaire afin d’assurer une réponse aux besoins des populations actuelles sans compromettre celle des générations futures. Cette question s’est notamment institutionnalisée par l’existence du groupe des Petits États insulaires en développement relevant de la Division for Sustainable Development de l’ONU. Elle s’avère être en réalité une articulation plutôt délicate, puisque les ressources en hydrocarbures, auxquelles le Timor-Leste dépend vitalement car ce sont les seules ressources exploitables à sa disposition, sont par définition antinomiques à une quelconque possibilité de développement durable, étant destinées à disparaître. D’autant plus que le Timor-Leste doit constamment faire face aux pressions extérieures de puissances bien plus grandes, menaçant la viabilité de tout projet. Ainsi, comment concevoir un modèle énergétique durable, tout en assurant croissance économique, justice sociale et préservation de l’environnement, lorsque l’énergie utilisée repose sur une source fossile ? Pour répondre en détail à cette question, nous structurerons notre réflexion en trois parties. Nous commencerons par examiner les différents enjeux pétroliers, avant d'aborder la question du développement durable. La question du rôle de la gouvernance, tant locale qu’internationale, irriguera l’ensemble de notre réflexion.

Plan :

                I-Les défis pétroliers du Timor oriental : entre indépendance, rivalités économiques et développement durable 

                        a-Enjeu pétrolier et indépendance timoraise

                        b-Les appétits concurrentiels des compagnies pétrolières

                II-Le développement durable, une complexe gestion étatique et internationale des ressources, enjeux diplomatiques et contradictions environnementales

                        a-Des structures de gouvernement pour gérer « durablement » la ressource

                        b-Une inscription dans la communauté des nations « responsables » ?

I-Les défis pétroliers du Timor oriental : entre indépendance, rivalités économiques et développement durable 

                        a-Enjeu pétrolier et indépendance timoraise

        Le conflit autour de la souveraineté du Timor Gap, une zone maritime riche en hydrocarbures représentée dans la cartographie ci-contre par une zone hachurée, est l’un des principaux enjeux pétroliers pour le Timor-Leste. En effet, cet espace est une source importante d'hydrocarbures, une énergie qui monopolise une place importante dans nos sociétés. Le contrôle de cette zone est ainsi stratégiquement important de par les gains qu’il est possible d’en tirer. Le Timor-Leste étant le pays le plus proche du Timor Gap, il semblerait légitime qu’une partie des revenus tirés de l’exploitation de cette région lui revienne. Or, ces revenus reviennent complètement à l’Australie et à l’Indonésie. En 1972 est signé un premier traité entre l’Australie et l’Indonésie quant à l’appropriation de ce territoire. L’Australie en devient alors le principal bénéficiaire puisqu’en s’appuyant sur le principe du plateau continental elle parvient à obtenir le contrôle de 85 % des eaux (le reste revient aux Indonésien). Une première délimitation qui est d’ailleurs très clairement visible sur la carte ci-contre.Ainsi, le Timor-Leste et sa métropole, qui est à cette époque le Portugal, sont exclus du partage. Cette mise à l’écart est renforcée en 1989 avec la signature du traité du Timor Gap, qui met en place la Zone de coopération dans laquelle les richesses tirées de l’exploitation de l’hydrocarbure sont partagées en parts égales entre l’Indonésie et l’Australie. Le traité international de Montego Bay, signé en 1982 et entériné en 1994, n’est appliqué dans cette région qu’en 1997. Mais alors, il est mis en place de telle façon à ne régir que les ressources situées au-dessus du fond de la mer et donc pas l’hydrocarbure, qui lui est toujours soumis aux accords antérieurs. Ainsi, le Timor-Leste se retrouve dans une situation énergétique complexe où l’appropriation géographique de ces sources l’empêche d’accéder à une manne financière importante, qui permettrait d'améliorer sa situation actuellement difficile, le pays étant classé au 155ème rang dans le classement IDH réalisé en 2022 par le Programme des Nations unies pour le développement.[pic 5]

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