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Pourquoi Peut-on Encore Trouver, De Nos Jours, De L'intérêt à L'étude De L'humanisme Et De La Renaissance ?

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Par   •  18 Mars 2013  •  1 975 Mots (8 Pages)  •  1 550 Vues

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Introduction

Le mot « humanisme » connaît de nos jours un regain de popularité, mais il s'est usé car trop souvent repris par les médias pour célébrer telle ou telle personnalité des arts, de la politique ou de la science, lors de sa disparition. Pour redonner du sens à ce mot, l'Éducation nationale a choisi de faire étudier aux élèves de première l'humanisme de la Renaissance. Comment expliquer ce choix ?

Problématique :

En quoi un mouvement remontant à plus de cinq siècles peut-il intéresser l'homme moderne ?

Annonce du plan :

N'est-ce pas parce que notre époque se reconnaît dans le XVIe siècle, tant du point de vue du contexte historique et culturel que de l'état d'esprit qui l'animait, et de celui de la conception moderne de l'homme ? N'est-ce pas aussi que nous repérons dans l'humanisme de la Renaissance nos racines et que nous y rencontrons des figures fortes d'artistes, de penseurs et des démarches intellectuelles encore susceptibles de nous inspirer ?

I. Un état d'esprit : enthousiasme et lucidité

Le contexte du XVIe siècle et celui des XXe et XXIe siècles, même s'ils sont très éloignés, présentent des similitudes qui entraînent des ressemblances dans les mentalités de l'humaniste et de l'homme moderne, tous deux partagés entre optimisme et lucidité raisonnée.

1. Sciences et techniques : siècles d'explosion et d'invention

« Maintenant toutes disciplines sont restituées », « Tout le monde est plein de savants »... Ces affirmations enthousiastes de Rabelais dans Pantagruel pourraient tout aussi bien être celles de l'homme contemporain.

Le XVIe et le XXe siècle sont marqués par des progrès fondamentaux en médecine qui, loin d'être uniquement des découvertes scientifiques, amènent un bouleversement intellectuel et un questionnement de fond : la pratique de la dissection, dont Rabelais, médecin, se fait l'écho dans Pantagruel (par exemple quand Panurge ramène à la vie Épistémon qui a eu la « coupe têtée »), implique à l'époque une réflexion religieuse sur le droit de l'homme à intervenir sur la création divine. De même, le clonage et les manipulations génétiques contemporaines posent des questions d'ordre moral et éthique, car ces avancées ouvrent de grands espoirs mais aussi des inquiétudes. « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme », dit Gargantua. Le philosophe Michel Serres lui fait écho : « La philosophie des sciences ne peut pas faire l'économie de l'éthique des sciences. »

Le XVIe siècle et le monde moderne sont marqués par un même bouleversement dans l'accès à l'information et dans la diffusion du savoir : au XVIe siècle, l'imprimerie permet aux textes et aux idées de voyager dans toute l'Europe ; aujourd'hui, radio, télévision, informatique et Internet mondialisent l'information et la culture, et les adaptations d'œuvres littéraires au cinéma mettent à la portée de tous une culture jusqu'alors réservée aux seuls intellectuels.

2. Un monde qui s'ouvre et donne le vertige

Avec les Grandes Découvertes, le monde connu change brutalement de dimension. Les récits de voyages (Le Nouveau Monde découvert par Cristobal Colon de Lope de Vega, par exemple) suscitent l'émerveillement et ouvrent des perspectives sur le monde. Les premiers pas sur la Lune (1969), les progrès et les découvertes en astronomie élargissent nos perspectives à d'autres galaxies, à l'Univers.

Ces bouleversements entraînent l'engouement pour les voyages, les explorations et leurs bienfaits (connaissance d'autres cultures). Le jeune humaniste va se former en Italie et parcourt l'Europe, les jeunes d'aujourd'hui poursuivent leurs études dans différents pays. Ce que disait Montaigne : « Le voyage me semble un exercice profitable. L'âme y a une continuelle exercitation à remarquer les choses inconnues et nouvelles », est toujours valable de nos jours.

Ces échanges modifient l'attitude face à la langue et aux mœurs : la Pléiade et les humanistes empruntent des mots aux autres nations pour « illustrer » et enrichir la langue française, tout comme le français moderne accueille les mots étrangers. Montaigne, amateur des « tables les plus épaisses d'étrangers », se plaît, comme l'homme moderne, à ne pas « être servi à la française ».

Cependant, parallèlement, ces bouleversements déstabilisent l'homme et sont générateurs de doutes face à des limites qui reculent sans cesse et posent des interrogations angoissantes.

3. Des siècles troublés : vers un réalisme lucide

Historiquement, le XVIe siècle et le XXe siècle sont des périodes tourmentées : la Renaissance européenne, précédée de la guerre de Cent Ans, débute par les guerres d'Italie et se termine par les guerres de Religion. Le XXe siècle est marqué par deux guerres mondiales, les guerres de décolonisation, les conflits en Europe centrale, au Proche et au Moyen-Orient.

Ces violences, qui mettent en jeu les certitudes les plus profondes, viennent tempérer la confiance en l'homme et conduisent à la méfiance (la barbarie est toujours prête à renaître).

La littérature et les arts se font l'écho de cette évolution : Rabelais fait preuve de bonne humeur et de foi dans le progrès et dans la vie, comme les artistes de l'Art nouveau au début du XXe siècle (Apollinaire, Delaunay...), qui s'enthousiasment pour la modernité ; Montaigne, plus sombre, « aime la vie », mais avec une lucidité et un scepticisme qui annoncent les philosophes modernes. Le ton est mêlé : l'humaniste et l'homme moderne prennent souvent le parti d'en rire (comme Érasme dans l'Éloge de la folie, ou Orwell dans La Ferme des animaux), mais la tentation du scepticisme est sensible.

Ces contextes et l'état d'esprit qui en découle amènent à une redéfinition de la place de l'homme et de ses valeurs fondamentales.

II. La conception de l'homme et des valeurs qui le fondent

La conception de l'homme au XVIe siècle et de nos jours ne diffère pas fondamentalement.

1.

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