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Extrait du livre d' Alain Finkielkraut « La Sagesse de l'amour »

Cours : Extrait du livre d' Alain Finkielkraut « La Sagesse de l'amour ». Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  18 Février 2013  •  Cours  •  815 Mots (4 Pages)  •  609 Vues

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INSTITUT DE STATISTIQUE

DE l’UNIVERSITÉ de PARIS

CONCOURS D'ENTREE JUIN 2006

EPREUVE DE FRANCAIS

2 heures

Résumez en 200 mots cet extrait du livre d' Alain Finkielkraut « La Sagesse de l'amour », Gallimard, 1984.

Une marge de dix pour cent est admise pour Ie compte des mots. On appelle "mot" toute unité typographique : un article élidé, par exemple, compte pour un mot; c'est-a-dire compte pour quatre mots.

II est rappelé que Ie résumé consiste à dégager l’essentiel de la pensée de I'auteur, et, sans chercher à en copier Ie style, a la traduire avec clarté et objectivité dans une rédaction plus condensée.

LA SOUFFRANCE

On ne dira jamais assez les dégâts qu'a provoques I'invasion du vocabulaire psychanalytique dans Ie langage courant. Freud voulait donner a I'humanité une notion plus claire d'elle-même; ce sont désormais les cliches freudiens qui obscurcissent notre connaissance de I'homme. Ainsi Ie mot de masochisme, applique à la souffrance amoureuse. Si ta passion fait de toi la proie consentante de I'insomnie, si, malgré toutes tes précautions, malgré Ie charme que tu déploies, les commentaires dont tu l’inondes et les confidents dont tu I'entoures, I'Autre te dépasse et que tu acceptes celte humiliation de ton entendement, c'est, dira la nouvelle sagesse des nations, que tu y trouves ton compte. La douleur apparente cache une secrète délectation. La plainte est ton euphorie, et la privation la forme que prend pour toi la plénitude. Tu te satisfais, en douce, et peut-être à ton insu, de ce qui semble Ie faire du mal. C'est dans l'affliction que tu réalises ton désir. Le terme de masochisme qui reconnaît la place centrale de la souffrance dans la passion, la convertit en volupté. Ce qui fait de l'amour un besoin parmi d'autres, et du désarroi une modalité paradoxale (certains diraient : pathologique) de son assouvissement.

Mais la souffrance de l'amour n'est pas une manière sournoise d'être heureux. Et y acquiescer ne veut pas dire s'y complaire, mais soustraire la vie amoureuse au modèle de la satisfaction. Si, tout en aspirant à la tranquillité, I'amant valorise sa souffrance, ce n'est pas en raison des jouissances subreptices qu'il en tire, c'est parce que son désir n'est pas une faim qui puisse être rassasiée, mais une approche dont l'objet se dérobe toujours. II sait, malgré ses plaintes, que la proximité de l'Autre est meilleure que l'union pleine et totale avec lui. Meilleure ne signifie pas ici plus agréable. L'amoureux n'est ni comble, ni pour autant insatisfait : la passion hasarde son désir hors de la sphère du besoin, c'est-à-dire de I'alternance entre frustration et contentement. Même disponible même à portée de caresse, Ie visage aimé manque, et ce manque est la merveille de I'altérité.

Présent, l'Autre reste toujours prochain (toujours à venir, tel un rendez-vous sans cesse ajourné): et c'est cela qui plonge l'amant dans I'inquiétude. Par l'accueil des souffrances

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