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Toilette en psychiatrie

Rapport de stage : Toilette en psychiatrie. Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  25 Janvier 2016  •  Rapport de stage  •  2 136 Mots (9 Pages)  •  1 400 Vues

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Les patients hospitalisés au sein d’hôpitaux psychiatriques subissent des perturbations comportementales liées à leur pathologie qui ont une incidence sur la vie quotidienne et l’autonomie. Il peut s’agir d’actions concernant les actes simples de la vie courante, tels que la toilette.

Ainsi, bien que la majorité des patients soient mobiles et capables physiquement d’accomplir seuls leurs soins d’hygiène, la plupart a besoin d’une stimulation répétée pour accepter cet auto-soin fondamental. Les pathologies psychiatriques que j’ai rencontrées lors de ce stage, principalement des psychoses, peuvent entrainer une perte de l’élan vital, un état d’incurie important. Ces patients ont en commun de négliger leur hygiène corporelle. Loin d’être exceptionnel, cet apparent désintérêt est extrêmement fréquent chez les patients atteints de schizophrénie. Il s’agit même d’un des symptômes négatifs de la pathologie. Ces troubles du comportement, bien que pouvant apparaître secondaires dans une première approche, s’avèrent extrêmement difficiles à prendre en charge. Leurs conséquences ne sont pas minces : ils contribuent à favoriser toutes les infections, toutes les parasitoses, à créer des caries donc des troubles digestifs et des difficultés pour s’alimenter. Ils participent puissamment au rejet social de sujets déjà stigmatisés par une décompensation et une hospitalisation en psychiatrie.

Un matin, lors des transmissions, l’équipe de nuit souligne que Mme H. n’a pas fait sa toilette depuis au moins 4 jours et qu’il nous faudra la stimuler afin d’accomplir ses soins d’hygiène. Cette patiente âgée de 69 ans est hospitalisée au sein de l’hôpital depuis le 17 Novembre 2011 en raison d’une interruption de son traitement psychiatrique et somatique secondaire à une activité délirante. La patiente est divorcée, a quatre enfants dont trois sont décédés. Sa première hospitalisation au sein d’un service de psychiatrie remonte à 2004, suite à des troubles du comportement toujours dans un contexte délirant.

Ainsi, lorsque je me présente un matin après le petit déjeuner vers 9h30 dans la chambre de Mme H. pour lui proposer un bain, elle semble heurtée et refuse immédiatement, prétextant s’être douchée la semaine précédente.

Je m’installe alors près d’elle, et lui demande si elle peut se rappeler depuis quand exactement elle n’a pas fait sa toilette. Elle adopte un discours confus et agressif, se met à parler dans une langue étrangère. Je lui explique que de ce fait je ne peux pas la comprendre et lui demande si elle accepte de parler en Français afin que nous puissions discuter correctement. La patiente s’interrompt, puis repars dans un monologue incohérent en Français.

Face à son agitation, je lui demande comment elle se sent depuis son réveil, si elle a passé une bonne nuit. Elle me répond beaucoup plus calmement qu’elle a très mal dormi, qu’elle se sent fatiguée. A ma demande, elle m’explique que de fortes douleurs aux hanches et aux genoux l’empêchent d’avoir un sommeil correct. Je lui signale que le médecin passera en début d’après-midi et lui propose une consultation pour lui parler de ses douleurs, ce qui semble la satisfaire. Cependant son visage est toujours très fermé, Mme H. adopte une position de défense. Au bout de quelques secondes, elle reprend la parole et m’explique que ce sont les sorcières qui lui provoquent ces douleurs et que le médecin ne pourra rien y faire. Elle me dit que la douche et surtout la station debout sont des facteurs favorisants de ces douleurs, et qu’elle refuse donc de se risquer à souffrir plus. Elle se plaint également de la température de l’eau à la salle de bain qu’elle trouve froide. Elle pose sa main sur sa poitrine et une crise de larmes l’envahit ; elle arrive difficilement à exprimer son angoisse. Je m’approche encore un peu plus d’elle en lui disant que j’entends bien son mal être. Je décide alors de tenter une approche différente de la toilette : je lui propose un bain relaxant. Je lui explique que je l’aiderai à s’installer dans le bain, elle sera assise ou allongée et cela lui permettra d’éviter la station debout, et donc de diminuer les douleurs. J’insiste ensuite sur l’intérêt apaisant d’un bain moussant, pour calmer l’anxiété donc elle m’avait fait part.

Mme H. cesse instantanément de pleurer et semble interpelée par cette idée. Elle accepte à condition que je reste présente et que je l’aide à accomplir certains gestes difficiles pour elle. Elle prépare donc son nécessaire de toilette (savon, linge propre), pendant que je vais chercher trois serviettes et deux gants de toilettes dans le local du linge propre. Je dispose le tout dans la salle de bains commune du pavillon et je retourne dans la chambre chercher Mme H.

Une fois arrivées dans la salle de bains, je propose à Mme H. de s’asseoir sur une chaise pendant que le bain coule. Je lui fais toucher l’eau pour adapter la température du bain, elle se plaint à nouveau de trouver l’eau froide. Je passe devant elle le jet sur mon avant-bras, et je lui explique que pour ma part, elle me parait suffisamment chaude pour passer un bain agréable. Elle teste une nouvelle fois, et ce coup ci la trouve d’une température parfaite. L’accord est trouvé ; je prends soin de faire un peu de mousse afin d’apporter un élément de distraction et de plaisir à cette toilette.

J’aide ensuite la patiente à s’installer dans le bain, puis je lui explique que je vais la laisser quelques minutes afin qu’elle se détende tranquillement et en toute intimité. Elle se redresse immédiatement et me retient par le bras en insistant pour que je reste. Je me mets donc en retrait tout en signifiant à Mme H. que je suis là si elle a besoin d’aide. Au bout de quelques minutes, je propose à la patiente de commencer à se laver. Je lui tends un premier gant, elle se lave seule le haut du corps et l’avant des jambes. Je la trouve extrêmement minutieuse dans sa toilette, jusqu'à frotter excessivement sur une même zone du corps. Je remarque qu’elle se frotte si fort que des rougeurs apparaissent ; je décide donc de lui faire remarquer que selon moi, elle peut commencer à nettoyer une autre partie du corps. Elle acquiesce et continue sa toilette, toujours de façon très approfondie. Elle se tourne ensuite vers moi et me demande de l’assister pour le dos et l’arrière des jambes. Je récupère donc son gant, le rince et j’applique à nouveau un peu de savon. Je m’approche de Mme H. et je lui signifie que je vais commencer par l’aider à laver le dos, puis que je continuerai

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