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Notes de Cours - Rimbaud

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Par   •  20 Janvier 2017  •  Cours  •  3 303 Mots (14 Pages)  •  353 Vues

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Arthur Rimbaud (1854-1891)

L’œuvre rimbaldienne est dense, dans tous les sens du terme : elle est peu importante sur le plan quantitatif (puisque l’auteur n’écrit que de 16 à 21 ans) et semble souvent complexe (allusions potaches, jeux dialogiques, …) et hermétique à la période. Il y a des enjeux à la rédaction de chacun de ses poèmes (« ça ne veut pas rien dire »).

Elle se compose essentiellement de 3 recueils :

  • Les Poésies (1971-1972) : œuvres qu’on pourrait dire « de jeunesse » si l’expression n’était pas forcément pléonastique
  • Une saison en enfer : seule œuvre publiée du temps de la trajectoire littéraire du poète, en 1873.
  • Les Illuminations 

 

Son enfance

Naissance à Charleville, le 20 octobre 1854. Fils de Vitalie Cuif et de Frédéric Rimbaud, capitaine : ce dernier délaisse le foyer familial et, après 1860 (naissance d’Isabelle, dernière des sœurs d’Arthur), ne verra plus jamais ses enfants.  

Éduqué à la dure, Rimbaud est un élève brillant, qui multiplie les prix dans plusieurs disciplines (bien qu’il a du mal avec les règlements). En 1869, des poèmes en latin sont publiés dans le Bulletin officiel de l’Académie de Douai et il remporte le premier prix de composition en vers latins au Concours académique destiné aux classes de seconde.

Rmq : le vers, le pastiche, le latin sont des disciplines scolaires.

Rencontre avec Izambard

En janvier 1870, un nouveau professeur de lettres hérite de la classe de rhétorique de Rimbaud : Georges Izambard. Celui-ci va prêter des ouvrages à son élève (ce qui irritera la mère de Rimbaud), échanger avec lui à propos de poésie, l’encadrer, le conseiller…

Il est le premier lecteur des poèmes de jeunesse de Rimbaud, qui cherchera rapidement à diffuser plus largement ses textes.

Il comprend alors rapidement que pour devenir poète il faut être lu par Paris. Ainsi, en mai 1870, Rimbaud envoie le texte « Credo in unam » à Théodore de Banville (poète parnassien) en espérant une publication :

Charleville (Ardennes), le 24 mai 1870.
À Monsieur Théodore de Banville.

Cher Maître,  
[…] …Vous me rendriez fou de joie et d’espérance, si vous vouliez, cher Maître, faire faire à la pièce Credo in unam une petite place entre les Parnassiens

… Je viendrais à la dernière série du Parnasse : cela ferait le Credo des poètes ! … - Ambition ! ô Folle !                                                                          

 Arthur Rimbaud.

  • Rimbaud ne recevra pas de Banville le « coup de pouce » qu’il espérait.

Dès juillet 1870, la France est embarquée dans une guerre contre la Prusse. Rimbaud est pris de velléités patriotes et se sent abandonné par son professeur, parti en vacances. Le 29 août 1870, il fugue et prend le train pour Paris, sans payer son billet. Il est arrêté à la Gare du Nord, et est écroué à la prison de Mazas le 31 août.

Paris, le 5 septembre 1870.

Cher Monsieur,

Ce que vous me conseilliez de ne pas faire, je l’ai fait : je suis allé à Paris, quittant la maison maternelle ! J’ai fait ce tour le 29 août. Arrêté en descendant de wagon pour n’avoir pas un sou et devoir treize francs de chemin de fer, je fus conduit à la préfecture, et, aujourd’hui, j’attends mon jugement à Mazas ! oh ! — J’espère en vous comme en ma mère ; vous m’avez toujours été comme un frère : je vous demande instamment cette aide que vous m’offrîtes. J’ai écrit à ma mère, au procureur impérial, au commissaire de police de Charleville ; si vous ne recevez de moi aucune nouvelle mercredi, avant le train qui conduit de Douai à Paris, prenez ce train, venez ici me réclamer par lettre, ou en vous présentant au procureur, en priant, en répondant de moi, en payant ma dette ! Faites tout ce que vous pourrez, et, quand vous recevrez cette lettre, écrivez, vous aussi, je vous l’ordonne, oui, écrivez à ma pauvre mère (Quai de la Madeleine, 5, Charlev) pour la consoler. Écrivez-moi aussi ; faites tout ! Je vous aime comme un frère, je vous aimerai comme un père.

        Je vous serre la main.

                        Votre pauvre Arthur Rimbaud À Mazas

(et si vous parvenez à me libérer, vous m’emmènerez à Douai avec [vous].)

Libéré par Izambard – qui se rend à Paris et paie la caution, Rimbaud séjournera durant le mois de septembre à Douai, dans la famille de son professeur. Il en profite pour recopier les poèmes qu’il a composés pendant l’année et les confie au poète et éditeur Paul Demeny, dans l’espoir d’être publié. Le « recueil de Douai » - qu’il complètera en envoyant d’autres textes à Demeny - comprend les textes que l’on rassemble généralement sous le titre de Poésies : il ne sera publié qu’une quinzaine d’années plus tard. Parmi ces textes figurent, entre autres, « Les Effarés », « Ophélie », « Le Mal », « À la musique », « Ma Bohême », « Vénus Anadyomène » et « Le Dormeur du val ».  

Fin septembre 1870, il retourne à Charleville, où sa mère l’accueille sévèrement. Rimbaud supporte mal ce qu’il considère comme une condition d’« exil » et multiplie les tentatives de fugue.

Fin février-début mars 1871, il est de cette façon de passage à Paris, d’où il se fait mettre à la porte par les artistes qu’il rencontre (dont le caricaturiste André Gill), qui lui conseillent de retourner à Charleville.

 18 mars 1871 – 28 mai 1871 : Commune de Paris. 

Le 18 mars, Adolphe Thiers décide, après des mois de siège prussien, d’entériner la capitulation française en désarmant la butte Montmartre. Le peuple parisien refuse de céder : il descend dans la rue et lutte contre l’armée de Thiers. C’est le début d’une véritable guerre civile.   

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