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La relation éducative, Gaberan

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Par   •  25 Janvier 2026  •  Fiche de lecture  •  3 330 Mots (14 Pages)  •  60 Vues

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LA RELATION ÉDUCATIVE

Un outil professionnel vers un projet humaniste

Éditions ÉRÈS, 2003

Collection «  L’ éducation spécialisée au quotidien »

Présentation de l’ ouvrage :

Phillipe Gaberan, à travers son ouvrage « La relation éducative », cherche à répondre à une question fondamentale pour les éducateurs : « A quoi sert d’ être éducateur ? ».

À partir de son expérience de terrain et en prenant appui sur cinq histoires de vies de jeunes adultes en difficulté d’ insertion sociale, il explore la nature de la relation éducative.

La notion d’ engagement de l’éducateur est vécue comme essentielle. Autant que son savoir-faire professionnel.

Dans son livre, Phillipe Gaberan affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice, mais à les aider à surmonter l’injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie.  

Correspondance avec mon parcours professionnel :

Pour pouvoir prendre la main sur nos métiers, nous devons « autant savoir faire que savoir dire » ce que nous faisons. Partant de ce point, je souhaitais enclencher une réflexion sur le sens du métier d’ éducateur auquel je prétends. Le travail mené sur ce premier ouvrage m’ a permis de cerner les principes et les enjeux de la relation éducative me donnant à réfléchir sur ma propre condition et les valeurs que je souhaite défendre.

L’ auteur :

A 20 ans, Philippe Gaberan découvre le métier d'éducateur en intégrant une équipe d'internat accueillant des personnes adultes déficientes. Il fait ses débuts auprès de jeunes adultes autistes ou psychotiques avant d'aller exercer son métier sur des appartements intégrés en milieu ordinaire. En même temps, qu'il exerce ses fonctions d'éducateur, il poursuit des études de philosophie à l'université Jean Moulin, Lyon 3, et obtient sa maîtrise en 1988. La même année, il obtient son diplôme d'éducateur spécialisé au terme d'une formation en cours d'emploi. Cette année là, encore, fou d'écriture et passionné par son métier, il rejoint l'équipe qui anime le journal Lien Social. En 1997, il soutient sa thèse de docteur en Sciences de l'éducation, sous la direction de Philippe Meirieu. Formateur à plein temps depuis 1999, puis directeur, il a exercé à l'université comme chargé de cours et dans différents centres de formation. Il mène désormais une activité de conseils, formations et soutiens aux équipes éducatives et soignantes.

Auteur de nombreux articles et ouvrages sur les métiers de la relation d’ aide éducative et de soins : « Cents mots pour être éducateur : dictionnaire pratique du quotidien » ; «La relation éducative 2 : oser le verbe aimer en éducation spécialisée » ; « ITEP, repères et défis »…               Il codirige avec Daniel TERRAL, la collection « L’ éducation spécialisée au quotidien », aux Éditions Érès. Sa bibliographie continue d’ inspirer encore aujourd’hui de nombreux professionnels et futurs professionnels du social et médico-social.

Synthèse de l’ ouvrage :

Introduction : De l’ engagement au professionnalisme : une histoire de l’éducation spécialisée

Lorsque, désirant répondre à une question évoquée depuis Platon, l’ éducation spécialisée se demande à son tour ce qu’ est la relation éducative, le sujet passe alors d’ un questionnement sur l’ être et sa place dans le monde (notions de liberté, de progrès, d’ humanisme)  à celui de l’ avoir et du statut de l’ individu dans la société.

Entre 1980 et 2000, faisant écho à cette transformation des idées, le questionnement sur les pratiques professionnelles que vit l’ éducation spécialisé transforme également celle-ci : en la faisant passer de l’ engagement (avec ses valeurs de droits de l’ homme, de philosophie, de curiosité et de prise de risque) au professionnalisme (morcellement des savoirs, de la prise en charge, demande de résultats rapides et définitifs, d’ utilité).

Inspiré par les philosophes Henri Maldiney, Georges Canguilhem, Maurice Merleau-Ponty, et se référant à l’ œuvre d’ Albert Camus, l’ ouvrage tente continuellement de répondre à la question du pourquoi être éducateur ?

Car à contre-sens de la non-pensée unique qui dit que la question du sens est absurde et qu’ elle est une perte de temps, les professionnels d’ aujourd’hui expriment le besoin d’ appartenance à un corps professionnel soudé et porté par un véritable projet social et politique.

Après la seconde guerre mondiale, la prospérité revenant et d’ autres formes d’ exclusion apparaissant, une pérennisation et une professionnalisation des intervenants sociaux est nécessaire. Les systèmes de prise en charge se font de plus en plus complexes à travers les nouvelles politiques d’ action sociale : les institutions grossissent et alors, leur poids prime sur l’ intérêt porté à chaque individu.

Le projet politique initial est oublié: « le droit, pour chaque individu, à l’ intérieur d’ un même espace social, à la liberté de penser et d’ agir en responsabilité, à l’ égalité des chances dans le respect des trajectoires de vie propre à chacun et à la fraternité qui permet la ressemblance des êtres en dépit de leur différences ».

A la fin des années 80, la mentalité des éducateurs est de conserver la confidentialité de leur engagement auprès des personnes accompagnées. Ils disent travailler avec leur « tripes » et n’ avoir de compte à rendre à personne. Une nouvelle vague de professionnels, souhaitant changer cela a commencé à développer une réflexion sur le métier, cherchant à mobiliser des savoirs-faire et des outils spécifiques pour lutter contre le préjugé disant que n’ importe qui peut être éducateur.

Le bilan est pourtant mitigé car le gain de professionnalisme a entraîné une perte de l’ engagement éthique.

L’ Arrêt Perruche, rendu en France le 17 Novembre 2000, va induire que « naître handicapé peut être considéré comme un préjudice » en permettant aux personnes handicapées de poursuivre en justice ceux qui les ont fait naître en connaissance de cause. Celui-ci faisant endosser le poids de son handicap à la seule personne, en dédouanant la collectivité de sa responsabilité à l’ égard des plus faibles et en remettant en cause le droit à l’ éducation. Celui-ci va toutefois être entériné par une loi voté à l’ Assemblée qui précisera que « nul ne peut se prévaloir d’ un préjudice du seul fait d’ être né ».

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