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Compte rendu de lecture

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Par   •  29 Novembre 2017  •  Fiche de lecture  •  1 955 Mots (8 Pages)  •  255 Vues

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Salhi Nina

« Moi, je ne demande pas à rentrer dans une taille 36 »

L’auteur de cet article se nomme Olivier LEPILLER, il détient un Doctorat en sociologie et un Master Professionnel Sciences Sociales Appliquées à l’Alimentation (Université de Toulouse 2 – Le Mirail, CETIA).

Olivier LEPILLER est chercheur post-doctoral en sociologie. Il a étudié différentes thématiques de recherche notamment le jeu entre les critiques de l’alimentation industrielle et les effets qu’elles suscitent, naturel, naturalité ; consommation d’aliments d’origine animale, transition alimentaire, durabilité ; obésité et chirurgie bariatrique ; principe de précaution. Il est aussi enseignant de sociologie et histoire de l’alimentation, sociologie de la santé, sociologie de la critique, sociologie économique.

Dans cet article, le problème posé au départ est le suivant.

La chirurgie de l’obésité connaît un développement rapide depuis quelques années en France. 83% des personnes opérées sont des femmes. Cet article rend compte d’une étude qualitative conduite auprès de femmes, juste avant l’intervention. Afin de comprendre le recours différencié à la chirurgie selon le sexe, l’auteur a analysé les bénéfices attendus en les reliant aux rôles féminins. Les pressions normatives sur le corps et l’alimentation ont également été appréhendées à travers les biographies des enquêtées. Au final, il met en évidence l’importance, dans la décision, d’une norme de maîtrise conjointe de sa corpulence et de son alimentation. Cette norme est couplée à une injonction au care qui prend le relais de l’injonction esthétique, devenue secondaire chez les enquêtées.

« Ces observations soulèvent des questions relatives au genre : pourquoi les femmes sont-elles plus susceptibles que les hommes à se faire opérer ? Quelles aspects normatifs spécifiquement liés aux rôles sociaux féminins permettent d’expliquer ces différences ? »

En effet, il se place ici du point de vue de femmes ayant décidé de recourir à la chirurgie bariatrique. Quels bénéfices espèrent-elles avoir dans le recours à la chirurgie? Dans quelles histoires personnelles s’inscrit leur décision ? Comment les assignations de genre jouent-elles dans celle-ci ?

Plusieurs références sont utilisées dans cet article, l'auteur s'est concentré sur quelques thematiques, notamment des livres sur la chirurgie de l'obésité avec des auteurs commes APFELDORFER et ZERMATI "La restriction cognitive face à l'obésité, histoire des idées, description clinique", BASDEVANT "traité de médecine et chirurgie de l'obésité", puis des livres sur la perception du corps avec les auteurs suivants, DARMON et DETREZ "Corps et société", DETREZ "La construction sociale du corps", des livres aussi sur le genre et sur la vieillesse avec les œuvres "Féminin, masculin" de FERRAND, LOWY "L'emprise du genre", DELANOË "Sexe, croyance et ménopause" mais aussi des livres sur la santé, le care avec "Le travail du care" de MOLINIER... Nois pouvons affirmer que l'auteur s'est appuyé sur nombre de références et à donc essayer de prouver sa théorie au maximum.

Les concepts centraux de cet article sont :

-        Chirurgie de l’obésité dite bariatrique : La chirurgie bariatrique vise à modifier le système digestif pour réduire l'efficacité de la digestion en diminuant l'absorption des aliments. Elle est appliquée dans des cas d'obésité grave, avec des indices de masse corporelle (IMC) dépassant 35 ou 40.

-        Norme de maîtrise : règle a laquelle se réfère tout jugement, domination de soi-même -- -

-        Injonction de la minceur ; ordre, socialisation d’avoir une certaine minceur

-        Injonction au care : ordre, socialisation d’être proche du domaine de la santé, de faire attention à autrui, d’en prendre soin.

-        Corpulence : ampleur du corps

-        Alimentation, femmes

Plusieurs hypothèses sont formulées dans cet article, pour la plupart elles sont explicites. Premièrement nous pouvons avancer que l’alimentation affecte aussi la pensée des individus. L’obnubilation de la nourriture qui tient les femmes est bien soulignée par Solene Carof : le fait que les femmes sont amenées en permanence à penser à la nourriture pour contrôler leur corpulence à travers ce qu’elles vont, ou ne vont pas manger, ou de ce que mangent les autres dans le cadre de la division sexuelle du travail (articles de P. Cardon et d’H. Prévost), fonctionne comme une forme de colonisation et de domination de la pensée par l’alimentation. Comme le dit très bien une informatrice de S. Carof, quand on pense à la nourriture, notamment pour ne pas y succomber, on a du mal à se concentrer sur autre chose.

De plus, l’ordre alimentaire genré rend les femmes tellement obsessionnelles de ce qu’elles ont le droit de manger, ou de ce qu’elles ne doivent pas manger, qu’il leur reste peu de temps pour prendre conscience des tenants et des aboutissants de ces normes et pour essayer de s’en libérer. Même si beaucoup de femmes s’autorestreignent et s’autocontrôlent, et que personne ne leur enlève le pain de la bouche au sens littéral, celles-ci semblent toujours sous le coup d’une instance de jugement alimentaire. Entendre une femme qui s’excuse tout haut devant les autres de manger plus qu’elle ne devrait est la norme en France. Quant à celles qui sortent un tant soit peu du canon attendu (avec de sérieuses différences suivant les classes sociales cependant), les remarques en passant, les conseils alimentaires, ou les interventions nettement désobligeantes en provenance de l’entourage familial (notamment masculin) jalonnent leur vie, comme le rappellent S. Carof et Olivier Lepiller. Il existe donc bien un véritable rappel à l’ordre de la ligne (corporelle) pour les femmes françaises, qui ne consiste pas seulement en des pressions exercées par des images au travers des médias, mais qui relève aussi d’une contrainte et d’une violence psychologique réelle exercée par le cercle familial et professionnel.

Cet article présente des résultats de l’enquête OBVIA (OBésité VIeillissement Alimentation), financée par la Région Midi-Pyrénées, la Commission Recherche de l’Université Toulouse 2 Jean Jaurès et l’ISTHIA, portée par Christophe Serra Mallol et dirigée par Jean-Pierre Poulain et Patrick Ritz.

Des entretiens semi-directifs biographiques d’une durée d’1h00 à 2h15 ont été réalisés avec 28 femmes âgées de 45 à 67 ans (moy. : 52,5 ans), la veille de leur opération, dans une clinique de la région toulousaine. Ces entretiens anonymisés, réalisés début 2014, ont été retranscrits et analysés thématiquement. Le guide d’entretien abordait d’abord l’histoire personnelle des enquêtées en co-construisant avec elles une frise où étaient inscrits les évènements et étapes de leurs vies. Les thèmes abordés touchaient successivement le rapport à l’alimentation, à la santé, au vieillissement, au corps et n’abordaient la décision de se faire opérer qu’en dernière instance.

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