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Les défaillances de marché

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Par   •  28 Décembre 2017  •  Cours  •  5 688 Mots (23 Pages)  •  600 Vues

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Les défaillances de marché

En créant l'économie publique, Marshall et son élève Pigou théorisent les « market failures », situations où l'équilibre de marché n'est pas spontanément pareto-optimale, c'est-à-dire des effets émergents où il y a hiatus entre rationalité individuelle et collective. Ils retrouvent les 4 fonctions de l'État chez Adam Smith :

  • Établir la concurrence
  • Financer les biens publics
  • Financer l'éducation
  • Assurer la justice, la sécurité, le droit de propriété

Ici, on se fonde sur l'hypothèse du despote bienveillant, fable de Knut Wicksell : l'État est une institution omnisciente et omnipotente, elle connaît l'optimum social, le moyen d'y parvenir et peut agir à la place des individus sans coûts. L'État ne fait que rapprocher de l'optimum.

  1. I – Rendement d'échelle croissant et monopole naturel

Théorisés par Walras (Élements d'économie politique pure, 1874), cf concurrence imparfaite).

  1. II – Les interdépendances entre agents

A) Les externalités

1) Le problème des effets externes

Déf de Marshall (1890) : une externalité est une situation où la décision d'un agent a des conséquences sur le bien-être d'un autre agent, sans transaction entre eux.

→ Une externalité se caractérise par un rendement social > à son rendement privé.

Ex : On observe que plus la population est éduquée, plus il est facile d'éduquer (effet de pairs) ; la vaccination des autres diminue ma probabilité d'être contaminé.

Sur un graphique prix quantité, on peut représenter une demande privée et une demande sociale, qui se situe au-dessus (puisque U(sociale) > U(privée)). La décentralisation de la production entraîne donc une sous-production du bien. Le despote bienveillant déplacerait l'équilibre vers l'optimum social.

Le cas des externalités négatives est symétrique, il y a une offre sociale inférieure à l'offre privée (puisque le Cm social est > au Cm privé). Il faut briser la sur-production. Le meilleur exemple est la pollution, qui selon un rapport du Sénat de 2015 coûte 100Mds € de PIB, liés au coût sanitaire et à la baisse de production agricole. On peut aussi citer les produits addictifs, qui selon Pierre Kopp (« Le coût social des drogues », 2015), coûtent 12 % du PIB à cause des accidents, des maladies, du crime organisé…

→ Pour la pollution, il ne suffit pas d'interdire la pollution : rien n'assure que le coût de dépollution soit < au coût social. Il faut arbitrer entre le coût de non-pollution et le coût social, de façon à atteindre un « niveau de pollution optimal ».

On fait un graphique avec en ordonnée le coût (pour la société et pour le pollueur) et en abcisse le niveau de pollution. On a une droite décroissante pour le coût de dépollution du pollueur et une droite croissante pour le coût social. On somme les 2, le minimum du coût global est le niveau de pollution optimal.

Richard Musgrave, 1959, Théorie des finances publiques

Il théorise les « biens tutélaires », qui produisent de telles externalités que l'État influence les comportements les concernant :

  • Il peut agir par la contrainte administrative (scolarité/vaccins obligatoires).
  • Il peut organiser la production ou la distribution (enseignement public, monopole public sur l'alcool en Scandinavie).
  • Il peut jouer sur les incitations (taxes/subventions).
  • Il peut jouer sur l'information (campagne anti-tabagisme).

2) Contrainte administrative ou taxe ?

Arthur Pigou, 1920, The economics of welfare

Concernant une industrie polluante, l'État peut atteindre l'optimum social par quota, ou par taxe. Pigou montre que les deux solutions ne sont par équivalentes :

  • Avec le quota, le prix du bien augmente, il y a un triangle d'Arberger, l'entreprise polluante est récompensée par un surprofit.
  • Si les entreprises sont hétérogènes (fonctions de coûts et technologies différentes), le coût de dépollution n'est pas identique tandis que le quota les touche toutes de façon identique. Il est socialement meilleur que le coût de dépollution soit d'abord assumé par ceux pour qui ce coût est le plus faible.

→ Il est plus efficace d'internaliser les coûts par la taxe ou par le marché de droits d'émission. Pigou crée le principe du pollueur-payeur et la « taxe pigouvienne ». Elle produit un « double-dividende », la pollution est réduite et l'État obtient des recette fiscales pour gérer le problème. Symétriquement, on peut faire des subventions pigouviennes, comme les subventions à l'éducation. En pratique, sur la croix de Marshall, on fixe la taxe de façon à ce qu'elle soit égale à la différence entre O et D à la quantité optimale, le producteur recevra p(HT) et le consommateur payera p(TTC).

Problème → Comment mettre en place la taxe ? Cela suppose :

  • Que l'État puisse estimer sans coût important les externalités (P. Kopp, il arrive en 2015 à une estimation qui est le triple de sa propre estimation de 2006 → l'estimation est ardue). Pour la pollution, il faut tenir compte du bien-être des générations futures, mais avec quel poids ? Est-on assuré que la série converge ? Elle diverge grossièrement si le coût ne tend pas vers 0...
  • Que l'État soit capable de faire appliquer la loi. Kopp propose dans son article de doubler le prix des cigarettes, ce qui pose le problème de l'acceptabilité sociale, une telle taxe affecterait essentiellement les classes populaires, qui fument davantage. Il y a aussi le risque de création d'un marché noir.
  • Que l'État connaisse les fonctions d'O et de D des entreprises pour déterminer le montant.

3) La solution de Coase

Ronald Coase (PN 1991) forge en 1937 le concept de coût de transaction, c'est-à-dire le coût de la coordination des agents. Dans « Le problème du coût social » (1960), il qualifie la taxe pigouvienne « d'économie de tableau noir » puisqu'elle implique de forts coûts de transaction : coût de la décision (rapports d'experts, risque de mal estimer la taxe et de créer une sous-production) et coût de l'administration chargée de collecter la taxe et de surveiller les fraudes.

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