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Le travail rend-il l'homme heureux?

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Par   •  19 Septembre 2018  •  Dissertation  •  1 519 Mots (7 Pages)  •  7 769 Vues

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Le travail rend-il l'homme heureux ?

Il est traditionnel de considérer le travail uniquement de manière dépréciative. Pour la mentalité chrétienne, il est imposé à l'homme comme sanction du péché original et pour a philosophie grecque, il est réservé aux esclaves, qui ne constituent qu'une humanité au rabais. En effet, si l'on prend le temps de s'intéresser à la racine latine du mot travail, on constate que celle-ci vient du terme « labor » qui est assimilé à ce qui est laborieux, difficile. De l'Antiquité romaine au siècle précédent, en passant par les révolutions industrielles, le concept polysémique du travail a beaucoup évolué : d'une part dans ses formes, il peut désigner un emploi mais aussi tout un ensemble d'activités (artistiques ou ménagère par exemple), d'autre part dans sa perception au niveau des aspirations individuelles que l'on projette sur ce concept. Aussi, entre épanouissement et épuisement, le travail a-t-il un sens qui serait synonyme de bonheur ? Le travail rend-il heureux ? Il s'agit de se demander en somme, s'il est possible de rêver d'un monde où « bonheur rimerait avec labeur ». Pour répondre à cette problématique, il convient tout d'abord de définir les mots clés importants et les concepts s'y rattachant à savoir le travail et le bonheur. Nous allons dans un deuxième temps observer comment le travail permet aux individus de réaliser leurs aspirations. Toutefois nous analyserons dans un troisième temps que le travail peut-être une source d'angoisse et pourrait s'opposer au concept du bonheur.

Historiquement, le travail est associé à des représentations négatives qui reprennent ces caractéristiques de contrainte et de pénibilité dans l’étymologie latine du mot travail « tripallium » qui désigne un trépied pour ferrer les chevaux et les bœufs, puis un instrument de torture. Le nom « travailleor » qui donnera travailleur ne signifiait d'ailleurs pas à l'origine ouvrier, mais le tourmenteur ou le tortionnaire, celui qui « travaillait » les membres du condamné. Dans la tradition chrétienne, le travail est considéré comme le châtiment consécutif au péché originel. Adam et Ève ayant désobéi en goutant au fruit de l'arbre de la connaissance, Dieu condamne Ève à enfanter dans la douleur et Adam a devoir travailler pour assurer leur subsistance « tu mangeras ton pain à la sueur de ton front ». Dans l'Antiquité, le travail exprime la misère de l'homme assujetti à la matière. Aussi c'est parce que le travail est par nature dévalorisant qu'il ne peut être confié qu'à des êtres dont la condition est dévalorisée , comme par exemple les esclaves. Par opposition, l'homme « libre » sera celui qui a des loisirs, c'est-à-dire qui ne sera pas contraint de travailler pour subvenir à ses besoins, ses esclaves ou domestiques s'en chargeront, l'homme « libre » soit le maître se retrouve donc dans un état de bonheur dans la mesure où il se décharge de son travail.

Le bonheur est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Il ne suffit pas de ressentir un bref contentement pour être heureux. Une joie intense n'est pas le bonheur. Un plaisir éphémère non plus. Le bonheur est un état global, l'homme heureux est comblé et vit une forme de plénitude. Sa situation est stable, c'est-à-dire qu'elle présente un équilibre et soit un élément extérieur pourrait la modifier, le bonheur est universellement recherché et on le présente souvent comme le but le plus élevé de l'existence, celui que tout homme cherche à atteindre consciemment ou non. Le malheur est l'opposé du bonheur et il représente la situation fuite par chacun, que personne ne recherche volontairement. Le concept du bonheur est intimement lié au désir. Être heureux, ce serait réaliser tous ses désirs ou du moins les désirs importants. L'homme heureux accomplit les objectifs qu'il s'est fixé, ceux qui ont une valeur pour lui-même. Le bonheur est donc ancré dans l'individu, dans ses projets et ses représentations.

Comme le souligne Voltaire dans Candide, « la vie serait d'un grand ennui sans le travail ». Cette affirmation est vérifiable d'une part parce que le travail en s'institutionnalisant a concentré un ensemble d'enjeux et de valeurs positifs pour le travailleurs, et d'autre part parce que des mécanismes de protections ont vu le jour. Le travail participerait activement au bonheur des individus grâce à de nombreuses spécificités. Premièrement, le travail serait une source d'autonomie et d'indépendance des individus de s'émanciper de certains cadres : familiaux, sociaux. Le travail a d'abord une valeur morale, il oblige à l'effort et à la persévérance. Ainsi le travail est une éducation de la volonté et

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