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Les fausses confidences de Marivaux acte II, scène 15

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Par   •  13 Janvier 2021  •  Analyse sectorielle  •  1 650 Mots (7 Pages)  •  6 402 Vues

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LES FAUSSE CONFIDENCES DE MARIVAUX II,15

Marivaux est un écrivain du XVIIIè siecle, il marque son époque par son théâtre qui a la capacité de critiquer l’ordre social de l’Ancien régime tout en amusant. Ses comédies mobilisent le burlesque d’inspiration italienne. Les personnages sont marquants par leur finesse psychologique et les œuvres par leurs intrigues interrogeant une société considérée comme injustement inégalitaire. Ainsi, la pièce de théâtre les fausses confidences est jouée pour la première en 1737 : un petit bourgeois, Dorante, et une grande bourgeoise, Araminte, s’aiment mais doivent braver les obstacles sociaux qui empêchent deux jeunes gens de fortune différente de s’unir. Des stratagèmes ingénieux, inaugurés par le valet Dubois, permettront de faire triompher leur amour. Le projet de Dubois se met en place dans l’acte I des Fausses Confidences. À la fin de l’acte II, le succès semble acquis : confidence après confidence, la parole manipulatrice de Dubois, interprète de l’amour de Dorante, a fait naître l’amour dans le cœur d’Araminte. Ainsi, poussée par son désir d’entendre l’aveu de Dorante, elle entre à son tour dans le jeu de leurre, en lui dictant une lettre adressée au Comte pour accepter le mariage prévu entre eux. Mais Dorante, malgré sa douleur, résiste et se tait. La demande de Marton, venue demander à sa maîtresse de favoriser son mariage avec Dorante, lui offre alors un nouveau prétexte pour inciter ce dernier à lui dévoiler ses sentiments. Alors que plutôt dans l’œuvre un coursier est venu déposer une certaine boîte avec le portrait d’Araminte commander par Dorante.

Nous allons voir comment Araminte utilise ce portrait pour tenter de faire avouer à Dorante ses sentiments.

Nous verrons d’abord l’ultime offensive mis en place Araminte autour du portrait. Puis nous passerons au moment de l’aveu pour enfin finir avec un coup de théâtre : l’arrivée de Marton.

Araminte baisse les yeux et continue -> elle semble essayer de charmer Dorante, peiner

            = elle essaye de lui faire avouer ses sentiments avec un langage corporel

Elle essaie de le faire réagir en montrant qu’il s’y prend mal : « votre conduite blesse la raison »

Araminte essaye de l’enfermer dans ses propres contradictions -> répétitions de l’interogation : « que prétendez-vous ? »

Elle essaye de le faire réagir en lui montrant que cela est « bizarre » d’aimer une personne mais de ne pas lui dire.

Vu cette insistance, il ne peut plus s’enfermer dans le silence.

Dorante répond alors : « Le plaisir de la voir, et quelquefois d’être avec elle est tout ce que je me propose » or logiquement Dorante ne peut se trouver avec elle puisqu’il est chez Araminte à moi que son amour se trouve dans la maison[pic 1]

                       Mais Araminte souligne donc l’invraisemblance de cette réponse : et utilise une nouvelle fois ses propos contre lui en reprenant se mots = montrant une nouvelle contradiction : exclamation « Avec elle ! » suivie d’une interrogation « Oubliez-vous que vous êtes ici ? »  = l’oblige à se corriger[pic 2]

Il mentionne alors le portrait : « Je veux dire avec son portrait, quand je ne la vois point. »

Rappel : au XVIII° siècle, conserver le portrait de celle qu’on aime – ou, pour une femme, accepter que l’on fasse son portrait pour le donner à un amant – est un aveu d’amour.

Répétition du même schéma (parallélisme) avec « Son portrait ! est-ce que vous l’avez fait faire ? »[pic 3]

                                 Utilise une nouvelle fois ses propos contre lui en reprenant se mots = essaye de déstabiliser son adversaire pour lui faire avouer ses sentiments : exclamation « Son portrait ! » suivie d’une interrogation[pic 4]

Une nouvelle fois Dorante est obligé de se corriger et de reformuler ses propos pour pas qu’Araminte sache qui l’aime et que c’est lui qui a demandé de faire peindre son portrait

Mais, Dorante, qui est censé avoir peint ce portrait lui-même, veille à préserver respectueusement sa bien-aimée de toute dénigration : « Je me serais privé de son portrait si je n’avais pu l’avoir que par le secours d’un autre. » 

Cette réponse qui échappe aux question d’Araminte, ne répond donc pas à l’attente de cette dernière. L’aparté, « Il faut le pousser à bout », met en avant ce lexique militaire utilisé depuis le début[pic 5]

                               Araminte est ici passée à l’attaque, en reprenant les mots mêmes de Dorante pour souligner plusieurs contradictions et tenter de lui faire avouer ses sentiments => ad hominem[pic 6]

Araminte qui semble agacée, se montre impatient, sévère, devient presque cruelle et lui ordonne avec l’impératif de lui montrer le portrait : « montrer-moi ce portrait »

Dorante essaie cependant jusqu’au bout de se taire, en se dérobant aux ordres d’Araminte : « Daignez m’en dispenser, madame ; quoique mon amour soit sans espérance, je n’en dois pas moins un secret inviolable à l’objet aimé. »

Araminte accélère les choses et parle enfin du portrait reçu précédemment dans la pièce, elle dissimule que tout ceci est fait pour le pousser à un aveu : « il m’en est tombé un entre les mains ».

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