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Commentaire littéraire "Soleil Couchant", Victor Hugo

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Par   •  3 Novembre 2017  •  Commentaire de texte  •  2 377 Mots (10 Pages)  •  6 624 Vues

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Commentaire littéraire « Soleils couchant » de Victor Hugo

Soleils couchants, de Victor Hugo, est le sixième et dernier des poèmes composant les « Soleils couchants » publiés en 1831 dans le recueil Les Feuilles d’automne. Le poète approche alors de la trentaine, âge symbolique de la fin de la jeunesse : il est parvenu à l’automne de sa vie. Dans ce poème il évoque le thème de la fuite du temps, thème cher aux romantiques et déjà maintes fois traité dans la poésie du XIX siècle.                                                                                  En quoi « Soleils Couchants » est-il un poème romantique et lyrique ?                                                                Je traiterai tout d’abord du thème du temps qui passe, puis j’étudierai l’influence de ce dernier sur la nature. Enfin, je mettrai en évidence le point de vue de l’auteur sur la condition humaine.

Pour commencer, on observe, dans ce poème une méditation du temps. Ce temps est omniprésent. Il est d’ailleurs le thème principal du poème. Il est présent dès le titre « Soleils couchant » qui est également repris au premier vers « le soleil s’est couché ». Dans le premier quatrain, le temps apparaît à travers un champ lexical : « soleil », « soir », « orage », « nuit », « aube », « nuits », « jours », « temps », « toujours », « sans cesse », « chaque jour », et « bientôt ». Ici, le temps désigne à la fois le temps qui passe, le temps comme une durée ainsi que le temps climatique « soleil », « orage ». Il est également personnifié dans « des pas du temps qui s’enfuit ». De plus, ce champ lexical du temps prend aussi une valeur mortifère : « morts », « ridés », « chaque jour courbant plus bas ma tête », « je passe », « je m’en irai ». On repère de plus une allitération en [s] (« Le soleil s’est couché se soir » v. 1, « sur la face des mers, sur la face de monts » v.6 , qui est une sonorité douce, comme si le temps nous emmenait vers le sommeil, vers la mort. Ensuite, l’omniprésence du temps se traduit également par la conjugaison des verbes.  En effet, on retrouve de nombreux temps dans le poème : « s’est couché » est conjugué au passé ; « roule », « donne », « manque », « passe », « donne » sont conjugués au présent ; « viendra », « s’iront », « prendra », « passeront », sont conjugués au futur. Ainsi, le mouvement du temps est accentué par le passage des verbes du passé au présent puis au futur.                                                                                                         Ensuite, on observe que l’emploi du futur avec des verbes de mouvement met en valeur l’idée d’une fuite rapide. En effet, le thème de la fuite du temps est typique de la poésie romantique et lyrique. Dès le premier quatrain, Victor Hugo représente le temps dans sa continuité : le couché du soleil laisse place au soir puis à la nuit et pour finir à l’aube. On observe aussi que plusieurs figures de style sont utilisées. Tout d’abord, de nombreuses anaphores crée une accumulation avec la répétition des mots « puis » v.3-4 ; « et » v. 2-3,9-10,14 et « sur » v. 6-7. Ensuite, toutes ces répétitions sont mises en relief par un chiasme : « Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule » ; puis par un parallélisme : « Sur la face des mers, sur la face des monts » qui provoquent un effet d’écho. Pour continuer, un effet d’accélération est provoqué par le poète par le passage du vers du dernier quatrain au pluriel : « Puis les nuits, puis les jours », comme si les nuits et les jours finissaient par se confondre. Le rythme des vers 2 et 4 qui est 6/3/3 puis 3/3/6 montre que le temps progresse et se répète (voir aussi "chaque jour" au vers 13). Tout ceci donnent au lecteur, l’impression que le temps fuit et ainsi échappe au poète.                                                                                                 Enfin, dans « Soleils couchant », le poète multiplie les images liées à l’élément liquide, à l’écoulement : « mers », « roule », « fleuves », « eaux », « flot qu’il donne aux mers ». Cet écoulement est accentué par les allitérations en « I » et en « F », présentent dans les trois premiers quatrains. On remarque aussi l’enjambement d’un vers à l’autre, à la deuxième strophe (v. 5 à 8) et la troisième (v. 9 à 12). Victor Hugo a donc voulu montrer que le temps des hommes est un temps linéaire qui a une durée limitée contrairement au temps cyclique de la nature qui se renouvelle et est infini.

Intéressons-nous aux effets du temps sur la nature. Si le temps prend une valeur mortifère pour le poète, il a l’effet inverse sur la Nature, qui est ici toujours magnifique, en renouvellement. La Nature est omniprésente dans le poème, ce que l’on voit grâce au champ lexical de la Nature : « soleil » (v. 1), « l’orage » (v. 2), « des mers » (v. 6), « des monts » (v. 6), « fleuves d’argent » (v. 7), « forêts » (v. 7),  « des eaux » (v. 9), « des montagnes » (v. 9), « les bois toujours verts » (v. 10), « fleuve des campagnes » (v. 10) ; et la Nature est atemporelle : « toujours » (v. 10), « sans cesse » (v. 12). Au lieu de vieillir, la nature rajeunie : « les bois toujours verts/ S’iront rajeunissant » Elle n’est pas affectée par les ravages du temps. En effet, l’adjectif « ridés » est suivi de « non vieillis » (v. 10), ce qui annule le sens péjoratif de l’adjectif précédent. L’enjambement (v.10-11) « et les bois toujours verts / S’iront rajeunissant » et le contre-rejet (v.11-12) « le fleuve des campagnes / Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers » traduisent bien la continuité de la vie, cette Nature harmonieuse qui dure, puisqu’ils allongent et lient les vers. On a bien ici une célébration de la Nature atemporelle. Cette dernière est symbolisée par le mouvement du Soleil qui se couche le soir pour renaître chaque matin, tandis que l’homme naît pour disparaître, sa durée de vie est limitée comme le souligne l’adverbe « bientôt ». De plus, les adverbes « toujours » et « sans cesse » et l’emploi du présent à valeur d’habitude « roule », « donne » traduisent la permanence.                                                 Ensuite, dans ce poème, la nature est omniprésente. En effet, elle apparaît dans chacune des strophes contrairement à l’homme, qui est évoqué seulement dans le dernier quatrain. Les quatre éléments de la nature sont présents : l’eau « mers », « fleuves », « eaux », « flot » ; la terre « forêts », « bois », « campagnes » ; l’air « nuées », « vapeurs » ; et le feu « soleil ». De plus, on remarque que la mer est personnifiée : « la face des mers » ; « la face des monts », « la face des eaux et le front des montagnes ». Des adjectifs mélioratifs comme « rajeunissant », « joyeux » et « radieux » ainsi que des adjectifs hyperboliques comme « immense » la caractérise. Il y a donc bien ici un lyrisme heureux, qui est associé à la Nature contrasté avec la mélancolie et la disparition progressive du poète.

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