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Les droites nationalistes et la campagne électorale, 1919-1924

Mémoire : Les droites nationalistes et la campagne électorale, 1919-1924. Recherche parmi 283 000+ dissertations

Par   •  2 Décembre 2022  •  Mémoire  •  3 156 Mots (13 Pages)  •  47 Vues

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Dissertation : Les droites nationalistes et la campagne électorale, 1919-1924

        Au nom de l’effort consenti par la nation toute entière durant la Grande Guerre, Maurras insiste sur l’impérieuse nécessité de récompenser la « part du sang » versée pour défendre la patrie. Cette expression révèle dès lors les problématiques politiques de l’Action française et des droites nationalistes axées sur la nation et le souvenir des combattants au lendemain de la guerre.

        Les droites nationalistes désignent une partie de la droite s’opposant aux droites modérées en donnant la priorité aux intérêts nationaux. En effet, le nationalisme en France est apparu au cours du XVIIIe siècle dans la petite bourgeoisie, sous la plume des philosophes des Lumières. Le nationalisme signifiait pour eux, à cette époque, que le peuple incarne le pays, par opposition à la vision de l’ancien régime pour lequel le pays est incarné par le Roi de France. Au XIXe siècle, le nationalisme devient une opposition aux autres nations, voire aux autres peuples, cette idée prenant forme dans les mouvements politiques de la Troisième République. L’utilisation, dans le sujet, de l’expression « des droites » au pluriel est intéressante car vise à mettre en avant la pluralité des courants politiques nationalistes tels que l’Action française ou la Fédération républicaine. Il conviendra alors de préserver l’exposé des nuances existantes entre droites modérées et droites nationalistes tout au long de la démonstration à suivre. En complément, la campagne électorale désigne la période précédant une élection, durant laquelle les candidats et leurs partis font leur promotion par divers moyens dans le but de récolter le plus grand nombre de voix possible. La campagne électorale est généralement basée sur un programme politique mis en avant pas les candidats. Ainsi, de 1919 à 1924, les partis se font face au cours de deux élections : les élections législatives de 1919 et celles de 1924 dont les résultats, nous le verrons seront drastiquement différents. Dès lors, il sera intéressant de voir les enjeux des élections de 1924 pour les droites alors en position de majorité durant la législature 19-24. Sur la période couverte par la dissertation donnée à l’étude, la nature des grands problèmes deviennent sociaux, démographiques, économiques et financiers au sortir de la guerre alors que la classe politique n’est pas marquée par un renouveau. Entre alliances pour atteindre la majorité et changements fréquents de gouvernement, le Parti Radical constitue un groupe charnier à cette époque permettant de dégager une majorité. Le parti balance alors entre alliance avec la droite et alliance avec la gauche malgré une opposition marquée avec les droites nationalistes et l’Action française. Par l’intermédiaire de Léon Daudet, le parti de l’Action française se trouve d’ailleurs au sommet de sa campagne quand, en 1917, ce dernier plaide avec succès le ralliement de Clémenceau au parti. Du fait de la grande guerre, tout un courant de l’opinion nationale se rapproche du mouvement d’idées maurrassien et adopte ses vues en politique extérieure notamment au sujet des réparations allemande. Dès lors, les droites nationalistes semblent ressortir renforcées de cette période de Grande guerre : elles ont assumé leur rôle au service de l’Union sacrée et l’opinion patriote lui est reconnaissante.

        Ainsi, à l’époque qui nous intéresse, tous les partis semblent manifester des idées nationalistes et anti-allemandes, la France venant de gagner une guerre et croulant sous le poids des réparations et des concessions économiques faites durant la guerre. Les mouvements nationalistes d’extrême droite vont effectivement s’unir davantage autour de ces mêmes thèmes politiques. On peut alors se demander dans quelle mesure la campagne des droites nationalistes majoritaires au sein de l’Assemblée nationale font-elles apparaître des divergences préjudiciables à leur maintien au pouvoir ?

        Pour répondre à cette question nous étudierons dans un premier temps la constitution d’une alliance des droites au sortir de la guerre autour d’une dominante nationaliste (I), puis nous aborderons les méthodes de ralliement utilisées pendant la campagne électorale de 1924 (II), enfin nous analyserons l’échec de la mobilisation autour des droites et la victoire du Cartel des Gauches aux élections de 1924 (III).

        Dans cette première grande partie, nous allons étudier l’alliance des droites au sortir de la guerre autour de l’idéologie nationaliste, en abordant dans un premier temps, une recentralisation du bloc national autour du nationalisme, puis en analysant l’apogée de l’Action française au sortir de la campagne de 1919.

        En 1914, même si elle permet d’abord l’entrée au gouvernement de ministres socialistes, l’Union sacrée a favorisé la réintégration de la droite dans la vie politique nationale.

        En effet, aux yeux d’une fraction croissante de la gauche républicaine, la droite n’est plus assimilée aux volontés monarchistes et anti-républicaines qu’elle pouvait clairement afficher durant les premières années de la IIIe République. De plus, contrairement aux gauches qui manifestent des faiblesses face à l’effort de guerre, la droite soutenant fermement le gouvernement Clemenceau ayant mené la France à la victoire semble être la couleur politique gagnante de la guerre. En effet, la « culture de guerre » destinée à soutenir le moral des français de l’arrière et souder la nation fait davantage appel aux valeurs nationalistes défendues par la droite. De la sorte, les élections de 1919 permettent l’obtention par une droite coalisée au sein d’un « Bloc national » d’une majorité parlementaire dans l’hémicycle. A l’intérieur de cette coalition se trouve aussi bien des radicaux indépendants, des progressistes, des modérés, des conservateurs et des nationalistes. Cette alliance a été rendue possible par Millerand dont le poste de ministre de la Guerre lui a permis de se rapprocher des milieux nationalistes. Effectivement, dès la fin de la guerre, ce dernier a entrepris le lancement d’une campagne pour la réforme des institutions, susceptible de séduire aussi bien les droites nationalistes que les organisations militant en faveur de la démocratie. Au sein de cette coalition, il est dès lors intéressant de noter que les candidats nationalistes en sont la composante principale. Les candidats viennent alors de partis différents comme la Fédération républicaine ou l’Alliance démocratique avec des objectifs communs et une ligne politique tracée. Désormais donc, le nationalisme ne semble plus se situer à l’extrême droite mais paraît se recentrer au cœur du débat public ; et cela est notamment visible à travers la figure de Maurice Barrès. Incarnant une certaine capacité fédératrice du nationalisme, sa double élection à l’Académie française et à la Chambre des députés témoigne dès 1906 de sa respectabilité et finit d’effacer les réticences que certains hommes politiques pouvaient encore éprouver à son égard.

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